Le président du syndicat de l’Aluminerie de Bécancour, Clément Masse, s’est entretenu avec les porte-parole de Québec solidaire, Gabriel Nadeau-Dubois et Manon Massé, lors de leur visite sur la ligne de piquetage.

Les chefs vont à la rencontre des syndiqués de l’ABI

BÉCANCOUR — Alors que les syndiqués de l’Aluminerie de Bécancour ont dû s’inviter afin de s’entretenir avec le premier ministre et chef libéral, Philippe Couillard, et ce, à deux reprises depuis le début de la campagne électorale, les leaders du Parti québécois et de Québec solidaire sont quant à eux allés à leur rencontre au cours de la journée de mercredi.

Les deux porte-parole de Québec solidaire, Gabriel Nadeau-Dubois et Manon Massé se sont notamment rendus directement sur la ligne de piquetage en face de l’usine du parc industriel et portuaire de Bécancour pour rencontrer les travailleurs en lock-out depuis le mois de janvier dernier.

«On trouvait fondamental d’arrêter ici à l’ABI à Bécancour car ça ne marche pas. Ça ne marche pas [que le gouvernement] accepte qu’une entreprise qui reçoit de l’aide de l’État par l’entremise d’Hydro-Québec soit en lock-out alors que les conditions de travail des travailleurs méritent d’être maintenues et d’être améliorées. Nous sommes du côté des travailleurs et des travailleuses et nous ne le sommes pas seulement aujourd’hui, mais depuis le 31 janvier», a déclaré Manon Massé en faisant référence à la visite de Gabriel Nadeau-Dubois l’hiver dernier.

«On ne vous lâchera pas. On n’a pas attendu trois mois avant de venir vous visiter. On n’était pas venu pour les ‘‘kodaks’’, car il n’y en avait pas à l’époque. On est venu pour exprimer notre solidarité. [...] Notre position est simple et claire. Nous sommes derrière vous car on sait que vous ne vous battez pas seulement pour vos conditions de travail, mais également pour votre région et les conditions de travail des générations futures. Et ça, ça mérite le respect», a lancé Gabriel Nadeau-Dubois avant d’être chaudement applaudi par les travailleurs présents.

Le chef du Parti québécois, Jean-François Lisée, avait invité le président du syndicat, Clément Masse, dans son autobus de campagne afin de discuter quelques instants.

Pour sa part, le chef du Parti québécois, Jean-François Lisée, a invité le président du syndicat, Clément Masse, dans son autobus de campagne afin de discuter quelques instants.

À la suite de cette rencontre, le leader syndical va suggérer à ses membres de voter pour tout parti susceptible d’aider les travailleurs en lock-out depuis bientôt huit mois. «C’est sûr que le Parti québécois est l’un de ces partis-là qui va aider les travailleurs. Mais on ne peut pas forcer nos gens à voter pour qui on veut», a-t-il précisé.

En entrevue éditoriale au Nouvelliste, M. Lisée a parlé d’un déséquilibre entre les parties qui est causé par ce fameux cas de force majeure.

En temps normal, l’ABI devrait payer pour l’ensemble du bloc d’énergie qui lui est réservé. Cependant, le contrat qui reconnaît un lock-out comme un cas de force majeure permet à Alcoa et Rio Tinto de ne pas payer pour l’ensemble du bloc d’énergie.

«Il faut rétablir le rapport de force pour que l’incitation à régler soit plus grande pour l’employeur», a confié le chef du PQ. D’ailleurs, le président syndical était heureux de rapporter que «s’il était élu premier ministre, M. Lisée nous a assurés qu’il s’attaquerait directement à l’interprétation de cette clause de cas de force majeure alors que c’est une décision unilatérale de notre employeur de créer un lock-out.»

Le Syndicat demande donc au futur gouvernement de se positionner par rapport à cette fameuse clause. «J’ai rencontré M. Couillard la semaine dernière. Je lui ai demandé aussi d’intervenir. Il nous a promis qu’il va tout faire en son possible pour intervenir. Par contre, jusqu’à maintenant, c’est le premier ministre qui est en place. Ça fait quand même huit mois qu’on est en conflit et les actions que le premier ministre a faites pour l’instant n’ont pas eu de résultats», fait remarquer M. Masse. «Nous, on va interpeller tous les chefs de parti. On veut rencontrer M. Legault aussi. On va profiter de la campagne électorale pour se faire voir, parler de notre conflit, car on ne veut pas se faire oublier», a-t-il conclu.