Le chef de la CAQ, François Legault, discute avec la propriétaire de Planchers Mercier, Marielle Mercier, lors d’une visite de l’entreprise de Montmagny, mercredi.

Legault présente son «escouade économique» sans Le Bouyonnec et Chassin

SAINT-GEORGES-DE-BEAUCE — Les absents de l’«escouade économique» de la CAQ dévoilée mercredi dans une certaine confusion par François Legault ont retenu l’attention : l’équipe de choc ne comptait (évidemment) pas dans ses rangs le démissionnaire Stéphane Le Bouyonnec, mais elle ne mettait pas non plus en évidence l’économiste de droite Youri Chassin.

Devant un parterre de quelques dizaines d’entrepreneurs réunis à l’École d’entrepreneurship de Beauce, il a présenté les candidats de cette escouade formée de trois hommes (Éric Girard, Gilles Bélanger et Pierre Fitzgibbon) et trois femmes (Nadine Girault, Joëlle Boutin et MarieChantal Chassé).

Le chef les a présentés un par un et martelé que les Québécois, s’ils élisent un gouvernement caquiste le 1er octobre prochain, n’auront «jamais vu une équipe» comptant autant d’entrepreneurs. Il s’est ensuite présenté en point de presse flanqué des six membres de l’escouade et a cherché à minimiser le fait que son candidat dans Saint-Jérôme, M. Chassin, n’avait pas été repêché.

Il a égrené un chapelet de 35 candidats au profil économique qui se présentent sous la bannière caquiste. Si l’économiste campé à droite et le porte-parole du parti en matière de finances, François Bonnardel, n’étaient pas à cette annonce du jour 7, ce n’est «pas du tout» parce qu’ils sont considérés de moindre calibre, a-t-il tranché.

Et il s’est bien défendu d’avoir voulu cacher le candidat Chassin, qui a affiché dans le passé son opposition au système de gestion de l’offre, un enjeu important dans cette région d’agriculteurs. «Sur la gestion de l’offre, il a révisé sa position», a soutenu le leader de la CAQ.

Sur un éventail de dossiers économiques, il s’est «bien assuré» que l’ancien de l’Institut économique de Montréal, qui préconisait notamment une plus grande place pour le privé en santé et un moins grand rôle de l’État dans diverses sphères de la société, était «exactement sur la même longueur d’onde» que lui.

Il a nié qu’une confusion planait autour de son «escouade économique» de deux trios - la réponse caquiste de 2018 au «trio économique» que le chef libéral Philippe Couillard avait mis de l’avant lors de la dernière campagne, en 2014, composée de Carlos Leitão, Martin Coiteux et du regretté Jacques Daoust.

Et ce, même si le communiqué distribué avant l’annonce présentait seulement six candidats et des éléments biographiques à leur sujet. «Je ne pédale pas pantoute. Je suis debout, et j’ai les jambes immobiles. Je suis très fier des six qui sont là, mais je suis très fier des 35 qui sont dans l’équipe. C’est une question de logistique», a-t-il lancé.

Un peu plus tard, il a publié sur son compte Twitter une photo mettant en valeur... 36 candidats de l’«escouade économique».

Une fois le compte final enfin établi, François Legault n’a pas voulu identifier les recrues de l’équipe qui seraient ministrables. «Mais Éric Girard, là, tous les partis voudraient l’avoir! Pierre Fitzgibbon, là, tous les partis voudraient l’avoir. Nadine Girault, là tous les partis voudraient l’avoir», a-t-il fait valoir en mêlée de presse à Montmagny, vers la fin de la journée.

L’«escouade» (initiale) de la CAQ

L’équipe économique mise en valeur mercredi par François Legault est composée de ces six aspirants députés:

- Nadine Girault: candidate dans la circonscription de Bertrand (Laurentides), elle a occupé plusieurs postes de direction, notamment au Fonds de solidarité FTQ, à la Banque Royale, chez BMO Groupe financier, et chez Desjardins Sécurité financière, à Toronto.

- Éric Girard: candidat dans la circonscription de Groulx (Laurentides), il était jusqu’à tout récemment le premier vice-président et trésorier de la Banque Nationale. Il s’était présenté sous la bannière du Parti conservateur du Canada aux élections d’octobre 2015.

- Joëlle Boutin: candidate dans la circonscription de Jean-Talon (Québec), elle est entrepreneure et spécialiste du monde numérique au cabinet de relations publiques National. La CAQ la décrit comme une «leader de l’entrepreneuriat au féminin».

- Gilles Bélanger: candidat dans la circonscription d’Orford (Estrie), il est un homme d’affaires qui a notamment occupé le poste de président-directeur général de la station de ski Owl’s Head.

- MarieChantal Chassé: candidate dans la circonscription de Châteauguay (Montérégie), elle est ingénieure de formation et dirige l’entreprise JMJ Aéronautique, dont elle est la fondatrice.

- Pierre Fitzgibbon: candidat dans Terrebonne (Lanaudière), associé directeur de Partenaires Walter Capital depuis novembre 2015, il a auparavant dirigé Atrium Innovations et œuvré au groupe financier Banque Nationale.