Gabriel Nadeau-Dubois a interpellé Régis Labeaume en disant que Québec solidaire est le seul parti à vouloir vraiment soutenir le projet de réseau structurant à Québec.

Le troisième lien s'invite déjà dans la campagne

Québec solidaire mettra fin aux études de faisabilité et au bureau de projet du troisième lien en cas de victoire le 1er octobre. Le député libéral sortant de Jean-Talon, Sébastien Proulx, n’a pas tardé à répliquer à cette annonce, ainsi que la candidate du Parti québécois dans Taschereau, Diane Lavallée.

Accompagné des candidats de Jean-Lesage, Sol Zanetti, et de Taschereau, Catherine Dorion, le porte-parole de Québec solidaire, Gabriel Nadeau-Dubois, en a fait l’annonce, samedi matin, devant le local de campagne du parti sur la rue Saint-Joseph. 

«La science nous dit que de créer plus d’autoroutes, ça ne fonctionne pas, a mentionné Gabriel Nadeau-Dubois. Le projet du troisième lien est un projet du 20e siècle, le projet du transport en commun est un projet du 21e siècle.»

Le candidat de Jean-Lesage a renchéri en donnant des exemples à l’étranger. «Il y a eu en 2011, au Texas, la construction d’une autoroute à 26 voies et six ans après sa construction, les automobilistes passaient 51 % plus de temps sur les routes.»

Selon Catherine Dorion, un troisième lien entraînerait une plus forte congestion et une perte de la qualité de vie dans Taschereau. «Il y a déjà de gros problèmes de congestion dans Taschereau. […] On va se retrouver avec plus de pollution atmosphérique, plus de maladies respiratoires, plus de bruit, plus de stress. En gros, c’est toute la qualité de vie des gens du centre-ville de Québec qui va s’en trouver diminuée», a-t-elle plaidé.

Tout sur le transport en commun

À la place, Québec solidaire mettra de l'avant le transport en commun pour lutter contre la congestion en promettant entre autres de couper de 50 % les tarifs du transport en commun.

Gabriel Nadeau-Dubois a également interpellé le maire de Québec, Régis Labeaume, en disant que Québec solidaire est le seul parti à vouloir vraiment soutenir le projet de réseau structurant dans la capitale et relier les deux rives grâce au transport en commun.

«Il faut s’assurer d’avoir à l’Assemblée nationale des alliés de monsieur Labeaume, qui vont parler fort pour les gens de Québec et qui croient au transport collectif», a-t-il lancé. «Il faut s’assurer aussi de relier ce réseau de transport à la ville de Lévis. On investirait massivement dans le transport collectif pour que ce soit possible», a-t-il poursuivi.

Québec solidaire promet donc plus de tramway, de voies réservées, de pistes cyclables, et d’améliorer la desserte pour les ponts.

«Sur les ponts, il y a une capacité de 30 000 autos par jour et en ce moment il y en a seulement 18 000 qui passent. Ce n’est pas sur les ponts qu’il y a un problème, c’est ailleurs et il faut agir avec le transport en commun pour relier Québec et Lévis», a martelé le candidat de Jean-Lesage, Sol Zanetti. 

Québec solidaire souhaite suivre les traces de villes comme Portland (USA) et Copenhague (Danemark) qui ont choisi le transport collectif pour régler la congestion routière.

Taschereau et Jean-Lesage prenables

Québec solidaire espère percer la forteresse de Québec en mettant la main sur deux circonscriptions centrales de la ville.

«On est très confiant de faire une percée ici dans la région de Québec et de convaincre les gens avec nos propositions», a affirmé Gabriel Nadeau-Dubois.

Le parti proposera dans les prochaines semaines un plan pour bonifier le transport qui va répondre aux besoins régionaux de Québec. Québec solidaire promet aussi une assurance dentaire pour tout le monde, une augmentation du salaire minimum à 15 $ de l’heure et quatre semaines de congés payés.

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Transport en commun et troisième lien : des incontournables pour Sébastien Proulx

Le député libéral sortant de Jean-Talon, Sébastien Proulx, s’est dit surpris de la position de Québec solidaire. Pour lui, le troisième lien et le transport en commun sont indispensables à la poursuite du développement de la région de Québec. 

«La région de la Capitale-Nationale vit un moment de développement extraordinaire, mais il y a des éléments qui peuvent devenir des freins. La main-d’oeuvre et la mobilité. Lorsqu’on ralentit l’échange des marchandises ou le déplacement des gens, on affecte la productivité, la mobilité et la qualité de vie», a-t-il commenté en marge de la Coupe des maires au Stade Canac.

M. Proulx a rappelé qu’il a travaillé, comme ministre responsable de la région de la Capitale-Nationale, pour le projet du réseau de transport structurant à Québec. «Un transport structurant c’est important. Je crois à la mobilité, au développement durable des communautés», a-t-il fait valoir.

Cependant, le transport collectif intéressera les gens si on leur laisse la possibilité de choisir leur moyen de transport et qu’on n’oublie pas le transport des marchandises. «Je crois qu’on peut réussir le troisième lien et en faire un troisième lien intelligent. C’est-à-dire d’y avoir une composante de transport collectif qui va venir arrimer l’ensemble des déplacements des personnes, a-t-il assuré. Mais le troisième lien, c’est aussi des déplacements de marchandises qui soient différents à l’avenir. On n’a pas à se retrouver avec des transports routiers lourds en plein milieu du centre-ville. Il faut les amener en périphérie, leur trouver des voies rapides», a-t-il poursuivi. 

En ce qui concerne le lien entre Québec et Lévis, M. Proulx a répliqué que Lévis a des travaux et une réflexion à faire sur son transport collectif. «Il y a des sommes qui sont mises de l’avant pour leur permettre de travailler sur les échangeurs près des ponts pour assurer une plus grande fluidité. Bien sûr qu’on veut connecter ces services-là ensemble, et là, on aura une offre qui sera régionale», a-t-il conclu.

Irresponsable pour le Parti québécois

Jointe en fin de journée par Le Soleil, la candidate péquiste dans Taschereau, Diane Lavallée, juge la décision de Québec solidaire «irresponsable» et populiste. 

«On a un préjugé favorable pour le transport en commun et on est sceptique sur le troisième lien, mais c'est nécessaire d'attendre la fin des études du bureau de projet pour décider de la suite, a-t-elle réagi. Des experts doivent aussi se prononcer sur le pont de l'île d'Orléans.»