La candidate du PQ dans Taschereau, Diane Lavallée, entourée d’autres candidats de son parti, a pris notamment l’engagement d’assurer le financement adéquat de la coopérative SABSA.

Le PQ s’engage à financer SABSA à la hauteur de ses besoins

Le Parti québécois (PQ) s’est fermement engagé mercredi à financer de façon récurrente et pérenne la coopérative sans médecin SABSA à la hauteur de ses besoins, qui s’élèvent à environ 250 000$ annuellement.

«Nous on pense que dans un réseau de santé qui a des milliards $, on doit être capable de trouver 250 000$ pour maintenir une clinique qui répond aux besoins d’une clientèle [vulnérable et marginalisée] qui ne va pas dans le réseau traditionnel et après laquelle les GMF [groupes de médecine familiale] ne courent pas. Ces gens-là ont autant droit à des services de santé que n’importe qui d’autre dans la population», a dit en conférence de presse la candidate du PQ dans Taschereau, Diane Lavallée. 

La veille, son adversaire libéral, Florent Tanlet, s’était engagé à apporter son «soutien indéfectible» à SABSA dans la bonification de son entente avec le gouvernement du Québec. Un engagement jugé «timide» par la coordonnatrice de la coopérative du quartier Saint-Roch, Amélie Bédard, qui rappelait dans nos pages que «ce dont on a besoin, c’est 250 000 $ par année».

La clinique SABSA compte quelque 2600 patients et offre environ 3600 consultations par année. Les trois quarts de ses patients ont une situation et un état de santé précaire: hépatite C, VIH, toxicomanie, problèmes de santé mentale, souvent pas de carte d’assurance maladie, sans médecin de famille dans 64% des cas... 

À l’heure actuelle, l’entente entre le gouvernement du Québec et la coopérative ne prévoit que le paiement des fournitures médicales et du salaire de l’infirmière praticienne spécialisée Isabelle Têtu. Une travailleuse sociale est également «prêtée» par le CIUSSS de la Capitale-Nationale à la clinique trois jours par semaine. Le reste, notamment les frais d’opération, doit être assumé par la coopérative, qui doit organiser des campagnes de financement chaque année pour assurer sa survie.

«Grand Décloisonnement des pratiques»

Diane Lavallée est par ailleurs revenue mercredi sur l’engagement du PQ de procéder au «Grand Décloisonnement» des pratiques en santé, qui permettrait à 200 000 professionnels de la santé de fournir un plus grand nombre de soins «qu’ils ne peuvent actuellement prodiguer sans devoir obtenir l’assentiment préalable du médecin». 

«On veut travailler de bonne foi avec le Collège des médecins. [...] Comme gouvernement, si on n’arrive pas à avoir une délégation suffisante d’actes [de la part du Collège], il y aura la possiblité de légiférer. Mais on ne veut pas en arriver à ça», a dit Mme Lavallée.

Présent à la conférence de presse avec les autres candidats péquistes de la région de Québec, l’ambulancier Alexandre Huot, qui se présente dans Montmorency, a plaidé pour «mettre les compétences des paramédics à profit». 

Un gouvernement péquiste soutiendrait ainsi, dans la Capitale-Nationale, un projet-pilote de paramédics communautaires qui feraient de la prévention et de l’éducation auprès des clientèles vulnérables, souvent des personnes âgées, a expliqué M. Huot.

«Ces paramédics pourraient aller chez les patients qui appellent les services ambulanciers à répétition pour leur apprendre à reconnaître les situations dans lesquelles ils doivent faire appel à nos services», a précisé le candidat péquiste dans Montmorency, ajoutant que le paramédic communautaire pourrait aussi enseigner aux malades chroniques comment faire les premiers soins.

Selon lui, non seulement cela permettrait de briser la solitude de ces patients vulnérables et de les orienter au bon endroit, mais on éviterait aussi les transports ambulanciers inutiles et coûteux, en plus de désengorger les urgences. 

Ce service de paramédics communautaires existe notamment en Nouvelle Écosse, en Alberta et en Ontario. «Selon une étude récente, il a permis de diminuer de moitié le nombre d’appels inutiles, et le nombre de transports vers l’hôpital a été réduit de 65% dans les endroits où on offre ce service», a souligné Alexandre Huot. 

Une urgence plutôt qu’une superclinique à l’Hôtel-Dieu

À propos de l’avenir de l’Hôtel-Dieu de Québec, le PQ est d’avis qu’il faut y maintenir des services de première ligne de type «mini-urgence». «Ce qu’on souhaite, c’est surtout pas une superclinique privée. On veut une urgence qui serait en mesure de recevoir des gens et de permettre des hospitalisations de courte durée [...] C’est sûr qu’il n’y aurait pas de services de deuxième et de troisième ligne, mais on pense que les services d’un petit hôpital de proximité doivent être maintenus» pour répondre aux besoins des touristes et de la population du secteur, a dit Diane Lavallée.

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