En ce jour de la fête du Travail, le chef du PQ, Jean-François Lisée (en compagnie des candidats Mégane Perry-Melancon et Pascal Bérubé), fait aussi part de son intention de créer une assurance collective pour les travailleurs autonomes.

Le PQ, plus proche des travailleurs qu'avec PKP, dit Lisée

MATANE, Qc — Le Parti québécois (PQ) est le parti des travailleurs, soutient le chef Jean-François Lisée, bien que cela soit probablement plus facile à voir maintenant que sous le leader précédent, Pierre Karl Péladeau.

Le chef péquiste a ainsi pris ses distances envers son prédécesseur, pour dissiper tout doute dans l’esprit des gens sur les positions pro-travailleurs du PQ.

M. Lisée a ainsi répondu de cette façon à une question posée lundi, en la fête du Travail, jour qu’il a choisi pour annoncer les changements que son parti apporterait afin de mieux protéger les travailleurs québécois.

Car M. Péladeau était aux rênes d’une entreprise qui a généré - entre autres - deux des plus longs conflits de travail de l’histoire du Québec, soit celui au Journal de Montréal et celui au Journal de Québec. Il a été chef du PQ de mai 2015 à mai 2016, lorsqu’il a quitté la politique pour des raisons familiales.

Se faisant demander si l’amère défaite électorale de 2014 a fait en sorte que le PQ retourne à ses racines, M. Lisée a répondu que cette préoccupation envers les conditions des travailleurs n’a jamais quitté le parti.

«Elle a peut-être été plus difficile à lire, avec le dernier chef, mais le parti lui-même, les militants eux-mêmes, notre proximité envers ceux qui travaillent dur a toujours été là et peut-être que cela paraît plus maintenant.»

«Je suis le chef du Parti, avait-il commencé. J’ai beaucoup d’empathie pour ceux qui font partie du mouvement ouvrier et ceux qui ne sont pas syndiqués. Je parle pour moi-même (...) Cela me tient à coeur.»

«D’autres ont d’autres histoires. Ceci est mon histoire.»

Propositions pour les travailleurs

S’il obtient la faveur des électeurs le 1er octobre, le PQ promet d’augmenter le salaire minimum à 15 $ l’heure, de façon progressive, à l’intérieur d’un premier mandat.

Un fonds de soutien sera aussi créé, s’il s’avère nécessaire, a ajouté la formation politique lundi, pour certains types d’entreprises pour lesquelles l’augmentation pourrait faire le plus mal. L’aide pourrait prendre la forme de crédits d’impôt, bien que d’autres options ne soient pas exclues.

L’État financerait-il donc en partie le salaire minimum? s’est fait demander le chef. «Nous allons soutenir les zones à risque durant la transition», a-t-il répondu, à Matane, en Gaspésie.

Le PQ avait déjà indiqué son soutien à une telle augmentation, qui gagne de plus en plus d’appuis. Le salaire minimum est à 12 $ l’heure depuis le 1er mai.

Mais le taux horaire ne peut pas passer à 15 $ l’heure d’un seul bond: «Ben non. Ça va créer du chômage», et ce sera «un choc économique trop dur pour les PME, les agriculteurs, les organisations communautaires», juge le chef.

Québec solidaire (QS) a aussi annoncé lundi son intention de faire passer le salaire minimum de 12 à 15 $, mais d’un seul coup, dès le 1er mai 2019. Avec sa promesse d’augmentation graduelle, le chef du PQ «ne fait que répéter les vieux dogmes des entreprises qui veulent maintenir les profits», a déclaré lundi la porte-parole de QS, Manon Massé.

Elle souligne que l’Ontario a connu une telle augmentation, et qu’elle n’a pas eu cet effet négatif sur le chômage.

Quant au Parti libéral, il ne voit pas les choses du même oeil: «Nous, on suit la recommandation des économistes. On va continuer à viser un salaire minimum à 50 pour cent du salaire horaire moyen», a réitéré lundi le chef Philippe Couillard.

En ce jour de la fête du Travail, le PQ a aussi fait part de son intention de faciliter la mise en place d’une assurance collective pour les travailleurs autonomes - ils sont un demi-million au Québec. Le gouvernement péquiste «accompagnerait» ceux qui se regroupent en association pour se négocier une assurance collective pour les soins de santé complémentaires et les médicaments, à laquelle ils n’ont pas accès actuellement.

M. Lisée a aussi dit qu’il allait mettre fin au «vol permanent» des employés par leurs employeurs qui ne paient pas leurs heures supplémentaires ni les jours fériés. Environ 350 millions $ leur seraient ainsi «escroqués» chaque année, dit-il.

Pour cela, le PQ promet de déployer les inspecteurs existants en leur disant de prioriser la découverte de ces abus. D’autres seront ajoutés, si nécessaire.

Tour de la Gaspésie

Le chef a fait l’annonce de lundi dans la circonscription de Matane-Matapédia, qui est détenue par le député péquiste bien en vue Pascal Bérubé depuis 2012, et depuis 2007 dans l’ancienne circonscription de Matane. Il a remporté les deux dernières élections avec de solides majorités.

Il affrontera cette fois-ci la candidate libérale Annie Fournier, qui est la directrice de la Société d’aide au développement des collectivités (SADC) de la région de Matane depuis 18 ans. La CAQ présente Mathieu Quenum, un agronome de formation, qui travaille comme chercheur, surtout en agriculture et en environnement.

L’autobus multicolore des péquistes s’est ensuite rendu lundi à Sainte-Anne-des-Monts pour finir la journée à Carleton-sur-Mer, en Gaspésie.