Selon son chef Jean-François Lisée, un gouvernement du Parti québécois instaurerait, «au besoin», un fonds de soutien pour les entreprises chez qui la hausse du salaire minimum engendrerait des difficultés.

Le PQ et QS se disputent les bas salariés

Élimination de toutes les clauses de disparité de traitement existant dans les régimes de retraite et les assurances collectives, et modernisation du Code du travail pour interdire le recours aux «briseurs de grève» provenant de l’extérieur d’un «établissement» en conflit.

Un gouvernement péquiste donnera suite à ces deux mesures, assure-t-on au Parti québécois, même si le chef Jean-François Lisée ne les a pas spécifiquement mentionnées, lundi, à Matane, alors qu’il présentait des engagements en faveur des travailleurs — en ce jour de la fête du Travail.

En mai, les délégués péquistes réunis à Drummondville avaient fait ajouter ces deux éléments à la plateforme électorale de leur parti. La proposition que la direction leur avait d’abord soumise ne les contenait pas.

La loi que le gouvernement sortant a fait voter à la fin de la législature prévoit que les clauses de disparité de traitement qui existaient avant cette adoption sont maintenues, mais qu’aucune autre distinction entre anciens et nouveaux salariés ne peut désormais être faite.

C’est l’attaché de presse de M. Lisée, Bruno-Pierre Cyr, qui a précisé au Soleil que cette mesure et celle visant à interdire le recours aux services et produits du travail provenant de l’extérieur d’un établissement en grève ou en lock-out seraient bel et bien mises de l’avant sous un gouvernement du Parti québécois.

La formation reprend à son compte un engagement qu’elle avait en 2010, alors qu’un lock-out au Journal de Montréal perdurait depuis près de deux ans. Elle l’avait mise de côté par la suite; et ce, même avant que le patron de Québecor, Pierre Karl Péladeau, joigne le Parti québécois.

Sans parler de ce dossier spécifique, Jean-François Lisée a laissé tomber, lundi, que la préoccupation de son parti pour les travailleurs «a peut-être été plus difficile à lire avec le dernier chef», Pierre Karl Péladeau, mais qu’elle a toujours été là.

Progressivement ou d’un coup?

Le Parti québécois et Québec solidaire étaient tous deux sur le thème des travailleurs en ce lundi de la fête du Travail. Ils ont fourni des précisions sur leur engagement respectif de faire grimper le salaire minimum, qui est actuellement de 12$, à 15$ l’heure; dès le 1er mai prochain pour QS et d’ici la fin du prochain mandat, d’ici 2022, donc, pour le PQ.

Un gouvernement du Parti québécois instaurerait, «au besoin», un fonds de soutien pour les organisations chez qui cette mesure engendrerait des difficultés. «Que ce soit au sein du secteur touristique, dans le domaine agricole, pour les PME ou les organismes communautaires, personne ne doit percevoir la hausse du salaire minimum comme un fardeau», a déclaré Jean-François Lisée.

Puisqu’il augmenterait le salaire minimum à 15 $ d’un seul coup, Québec solidaire s’est pour sa part engagé à investir 100 millions $ par année sur cinq ans pour aider les employeurs à s’adapter — s’il était porté au pouvoir. C’est la première fois que le parti précise qu’il agirait dès le 1er mai 2019 et qu’il soutiendrait les entreprises et organisations touchées.

QS fait valoir que l’augmentation de la masse salariale générerait de 2,2 à 3,4 milliards $ en retombées économiques dans toutes les régions du Québec et représenterait plus de 830 millions $ en revenus fiscaux additionnels annuels pour l’État québécois.

Selon Manon Massé, le libéral Philippe Couillard et le caquiste François Legault misent sur le «cheap labor».

Le gouvernement sortant a établi que le salaire minimum doit correspondre à 50 % du salaire horaire moyen au Québec à partir de 2020-2021.