Le chef péquiste Jean-François Lisée s'est adressé vendredi à des centaines de maires et mairesses réunis à Québec pour le Sommet municipal 2018 de l'Union des municipalités du Québec.

Le PQ déménagerait des milliers de fonctionnaires en régions

Si le Parti québécois (PQ) l'emporte le 1er octobre, des milliers de fonctionnaires devront faire leurs boîtes et réserver un camion : la formation politique a l'intention de déménager jusqu'à cinq ministères en régions.

Il s'agit des ministères des Pêches, de la Faune, des Mines, des Forêts et de l'Agriculture, a énuméré le chef péquiste Jean-François Lisée, vendredi, devant des centaines de maires et mairesses réunis à Québec pour le Sommet municipal 2018 de l'Union des municipalités du Québec (UMQ).

Ce qui signifie que cinq ministères pourraient se retrouver dans divers coins du Québec. Actuellement, les forêts et la faune sont toutefois regroupées dans un seul ministère et c'est le cas aussi de l'agriculture et des pêcheries.

Le chef péquiste avait déjà évoqué l'idée dans le passé, mais a insisté sur cette promesse vendredi devant un public sûr d'être séduit par la proposition.

Car le plan, si réalisé, va transférer de nombreux emplois dans les régions.

M. Lisée ne pouvait confirmer le coût de ce projet ni exactement combien de fonctionnaires seraient visés. Il a parlé de «milliers».

Questionné à ce sujet par l'animateur des tribunes des chefs lors de la réunion à l'UMQ, M. Lisée a jugé l'idée tout à fait réalisable, mais a souligné qu'elle «prendra de la volonté politique».

«Ça va être une grosse affaire, a-t-il convenu. On déménage du monde.»

L'ancien premier ministre péquiste René Lévesque avait déjà tenté de le faire, «mais c'était avant l'Internet».

Et comment convaincre tous ces fonctionnaires de déménager leurs pénates, eux qui ont des conjoints avec des emplois, et des enfants?

«On n'a pas dit que c'est facile, mais c'est moins compliqué que de faire l'indépendance. Et on veut la faire!» a lancé le chef.

Il croit toutefois que les bonnes conditions sont actuellement réunies : l'Internet facilite les choses et il y a «plein emploi» à Québec — là où se trouvent les ministères. Il y aura des programmes avec des incitatifs, et puis, dans l'avenir, les gens iront où se trouvent les emplois, juge-t-il.

«Ça va aider la vitalité des régions et les ministères vont être en contact avec une réalité régionale qui a un lien avec leurs travaux», a-t-il fait valoir.

Le chef du PQ ne s'est pas engagé à réaliser cette promesse en quatre ans, lors d'un premier mandat, mais plutôt à commencer à l'implanter durant cette période.

Le chef libéral Philippe Couillard a fait une proposition similaire, visant les mêmes ministères. Il a annoncé plus tôt lors de la campagne qu'il déménagerait des directions complètes de ministères en régions, et a déjà choisi celles qui les accueilleraient, ce que le chef Lisée refuse de faire.