Philippe Couillard a fait l'annonce de ce nouveau programme de soutien aux familles vendredi matin, dans un parc de Trois-Rivières, au jour 2 de la campagne électorale.

Le PLQ veut donner de 150 $ à 300 $ par enfant aux familles

TROIS-RIVIÈRES — Le Parti libéral (PLQ) s'engage à accorder un montant annuel de 150 $ à 300 $ par enfant pour chaque famille s'il est reporté au pouvoir et n'écarte pas d'autres baisses d'impôt.

Philippe Couillard a fait l'annonce de ce nouveau programme de soutien aux familles vendredi matin dans un parc de Trois-Rivières, au jour 2 de la campagne électorale. Cette mesure coûterait environ 380 millions $ au Trésor public.

Le chef libéral a aussi fait miroiter d'autres allégements du fardeau fiscal, mais seulement si les services publics le permettent.

«Bien sûr qu'on aime baisser les impôts, mais attention, après que les services publics soient bien assis, après que le financement de l'éducation, de la santé et des services sociaux soit bien confirmé. S'il y a des marges de manœuvre supplémentaires, bien sûr, on va permettre aux Québécois d'avoir plus d'argent dans leurs poches.»

Le montant de 300 $ sera accordé «le plus rapidement possible» après le scrutin par un éventuel gouvernement libéral aux familles gagnant 75 000 $ et moins par an, tandis que celles qui ont un revenu entre 75 000 $ et 110 000 $ obtiendront entre 150 $ et 300 $; les foyers gagnant plus 110 000 $ obtiendront 150 $ par enfant.

Le chef libéral a défendu le choix de verser ce montant directement aux parents, plutôt que de leur accorder un crédit d'impôt, comme pour celui modulé des services de garde.

«C'est compliqué, un crédit d'impôt pour une famille, il faut remplir des papiers, comprendre comment ça marche, il faut s'assurer qu'on n'a pas fait d'erreur dans la déclaration (d'impôt). C'est pas mal plus simple recevoir un chèque par la poste.»

Ce sont pourtant les libéraux qui ont mis en place la modulation des tarifs des services de garde et le crédit d'impôt afférent.

Le PLQ promet également de créer 2 000 nouvelles places en services de garde subventionnés dans les milieux de travail, ainsi que les cégeps et universités, dans une proportion de 85 pour cent des places dans les Centres de la petite enfance (CPE) et 15 pour cent dans les garderies privées.

Les libéraux s'engagent enfin à ressusciter la bonification du Régime québécois d'assurance parentale (RQAP), un projet de loi mort au feuilleton au terme de la législature.

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LOCK-OUT À BÉCANCOUR: LE CONFLIT NE PEUT PAS CONTINUER, DIT COUILLARD

TROIS-RIVIÈRES — Le chef du Parti libéral, Philippe Couillard, a promis de faire «les téléphones, même pendant la campagne», pouvant aider à régler le lock-out qui perdure depuis sept mois entre la direction de l'aluminerie de Bécancour et ses travailleurs.

Dans une entrevue accordée à la station de radio 106,9 FM, à Trois-Rivières, en Mauricie, le premier ministre sortant a reconnu avoir des «leviers limités», puisqu'il s'agit d'un conflit privé. Il a cependant ajouté que «le conflit ne peut pas continuer plus longtemps» considérant les récents tarifs douaniers imposés par les États-Unis sur les exportations canadiennes d'acier et d'aluminium.

Jeudi soir, M. Couillard a rencontré des travailleurs de l'aluminerie de Bécacour qui l'attendaient lors de son premier rassemblement de la campagne. Les manifestants réclamaient un geste du premier ministre sortant pour mettre fin au conflit.

Par ailleurs, Philippe Couillard n'a pas voulu commenter les démarches de Gertrude Bourdon, grande patronne du Centre hospitalier de Québec-Université Laval. Mme Bourdon aurait convoité le Parti québécois, puis la CAQ, pour ensuite se lancer avec le Parti libéral.

M. Couillard annoncera d'ailleurs la candidature de Mme Bourdon, en après-midi, dans la circonscription de Jean-Lesage, à Québec.

Le chef de la Coalition avenir Québec, François Legault, a quant à lui une alternative et présentera vendredi une candidate pressentie pour occuper le poste de ministre de la Santé au sein d'un éventuel gouvernement caquiste.

Danielle McCann défendra les couleurs de la CAQ dans la circonscription de Sanguinet.

Enfin, le chef libéral demeurera en Mauricie en matinée pour faire une annonce visant les parents et les familles. La Presse canadienne

Actualités

La projection du «Bat-Signal» à Montréal annulée par les policiers

Montréal n'aura eu des airs de Gotham City que pendant quelques minutes samedi soir. La projection du «Bat-Signal» au centre-ville, qui devait avoir lieu à compter de 20h pour souligner le 80e anniversaire du héros Batman de l'univers de DC Comics, a été annulée à la demande des policiers.

Le «Bat-Signal», ce symbole utilisé par les policiers pour convoquer le ténébreux justicier, devait illuminer la Place Dupuis de 20h à minuit. Il n'a finalement été projeté que pendant une très courte période.

Le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) a confirmé à La Presse canadienne avoir demandé aux organisateurs — ce ne sont pas eux, ont-ils précisé — de reporter, voire d'annuler, la projection afin de ne pas nuire à une opération dans un parc à proximité de l'édifice.

Un homme souffrant de problèmes de santé mentale se trouvait depuis 17h35 «dans une structure» située dans le parc Émilie-Gamelin, qui est adjacent au lieu de la projection.

Il est finalement descendu à 21h50 au terme de négociations avec les policiers et a été arrêté pour méfait public, a précisé l'agent Jean-Pierre Brabant, un porte-parole du SPVM. Le parc a été entièrement fermé durant l'opération.

Montréal est le seul endroit au Canada qui devait prendre part à l'événement, qui réunit 12 autres villes à travers le monde.

Symbole international

Le troisième samedi du mois de septembre marque l'anniversaire du personnage, créé par le dessinateur Bob Kane et le scénariste Bill Finger en 1939.

Le symbole de chauve-souris a d'abord brillé sur le Fed Square de Melbourne, en Australie et, selon le site Web de DC Comics, il devait également faire son apparition à Tokyo, à Berlin, à Barcelone et à Londres.

Le «Bat-Signal» a également éclairé le ciel new-yorkais, avant d'être projeté une dernière fois sur l'hôtel de ville de Los Angeles.

«Le ''Bat-Signal'' est l'une des images les plus facilement identifiables dans toute l'iconographie des superhéros et il sera remarquable de le voir transcender les frontières, les langues et les cultures pour nous unir à travers une seule expérience», a déclaré Pam Lifford, du studio Warner Bros, dans un communiqué plus tôt cette semaine.

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Saison de la chasse: la SQ rappelle l'importance de quelques précautions de base

MONTRÉAL — La Sûreté du Québec (SQ) profite de la saison de la chasse pour rappeler à ceux et celles qui pratiquent cette activité de ne pas oublier de prendre certaines mesures de précaution de base.

La SQ lance cet appel puisque chaque année, les policiers de la Sûreté du Québec doivent intervenir à la suite d'un signalement pour une personne portée disparue en forêt durant la période de la chasse.

Dans les prochains jours, les chasseurs seront de plus en plus nombreux à s'adonner à leur activité favorite dans les milieux isolés.

À la SQ, la sergente Marie-Michèle Moore a rappelé samedi à quel point il est important de fournir l'itinéraire prévu aux proches, ainsi que la date et l'heure du retour.

Même si les conditions météo peuvent sembler favorables, il faut aussi prévoir une trousse de survie contenant notamment des articles de premiers soins de base et des allumettes, puis être en mesure de s'alimenter si un chasseur devait passer plus de temps que prévu en forêt. Des vêtements pour être en mesure de faire face à la pluie ou au froid peuvent aussi s'avérer pratiques.

Évidemment, les cartes et les boussoles sont des outils très utiles pour les chasseurs, mais les moyens de communication comme un téléphone cellulaire et un GPS peuvent s'avérer indispensables.

Ceux qui possèdent un téléphone satellite devraient aussi connaître le numéro de téléphone des services d'urgence de la région où ils se trouveront, rappelle la SQ.

Actualités

Google prétend avoir atteint la «suprématie quantique»

NEW YORK — Le géant informatique américain Google prétend avoir franchi une étape importante désignée sous le nom de "suprématie quantique" en fabriquant une machine aux capacités bien supérieures à celles des ordinateurs classiques les plus puissants, selon le «Financial Times» vendredi.

Ces calculateurs d'un nouveau type sont capables, pour certaines tâches, de les réaliser bien plus rapidement que les machines actuelles car ils peuvent utiliser des propriétés étonnantes des particules permettant d'échapper aux règles de la physique classique.

Une étude des chercheurs de Google décrivant cette innovation, vue par des journalistes du quotidien économique, a été brièvement publiée sur le site de la Nasa cette semaine avant d'en être retirée.

Les chercheurs y affirmeraient que leur processeur est capable de mener une opération en trois minutes et vingt secondes là où il faudrait 10 000 ans au plus avancé des ordinateurs actuels.

Ils auraient atteint ainsi la «suprématie quantique», en démontrant clairement qu'un ordinateur quantique bat en performance un ordinateur classique.

Une étape «essentielle»

Alphabet, la maison mère de Google, n'avait pas dans l'immédiat répondu aux sollicitations de l'AFP.

Selon les chercheurs de l'entreprise californienne, la machine ne peut résoudre qu'un seul calcul à la fois et l'utilisation des machines quantiques pour de réelles applications industrielles ne se fera pas avant plusieurs années.

Mais c'est «une étape essentielle vers l'informatique quantique à grande échelle», écrivent-ils dans l'étude selon le Financial Times.

S'il existe déjà des prototypes d'ordinateurs quantiques, ces derniers ne peuvent actuellement que réaliser des tâches similaires à celles effectuées par un ordinateur normal, mais plus rapidement.

Des ordinateurs quantiques aboutis pourraient changer la donne dans des domaines tels que la cryptographie, la chimie ou l'intelligence artificielle.

L'entrepreneur de la tech Andrew Yang, en lice pour la primaire démocrate, a salué cette avancée.

«Que Google mette en œuvre l'informatique quantique est une étape importante. Cela signifie, entre autres choses, qu'aucun code n'est indéchiffrable», a-t-il écrit sur Twitter.

Élections 2019

Le coût de la vie est le principal enjeu de la campagne, selon un sondage

OTTAWA — Les données d'un nouveau sondage dressent le portrait d'une population canadienne rongée par l'anxiété et le pessimisme économiques, des résultats qui pourraient expliquer pourquoi l'enjeu du coût de la vie se démarque comme le principal thème de la campagne électorale fédérale.

Toutefois, s'il faut tirer un constat du plus récent coup de sonde mené par Léger, c'est que les électeurs ne savent toujours pas quel parti est le plus susceptible d'apaiser leurs inquiétudes.

Dans son enquête, Léger a demandé aux gens de choisir quelle affirmation correspondait le mieux à leur situation financière personnelle.

Plus d'une personne sur quatre, soit 26 % des répondants, a indiqué que son revenu était adéquat, mais qu'elle avait tout de même de la difficulté à joindre les deux bouts et qu'elle ne s'en sortait pas.

Pour 13 % des répondants, leur revenu est tout simplement trop bas et ils s'enfoncent dans l'endettement.

Chez les 35-54 ans, ce sont 36 % des répondants qui admettent joindre difficilement les deux bouts, même avec un revenu décent, alors que 15 % d'entre eux s'endettent. Il s'agit du taux le plus élevé parmi tous les groupes d'âge interrogés.

Ne cherchez plus pourquoi les libéraux, les conservateurs et les néo-démocrates ont tous passé la première semaine de campagne à courtiser les familles, affirme le vice-président de Léger, Christian Bourque.

«Ils ont probablement des données similaires en main qui leur indiquent qu'il y a là une masse de gens pour qui la vie semble plus difficile», explique-t-il.

Le sondage a été mené du 13 au 17 septembre auprès de 1598 électeurs sélectionnés au sein du panel en ligne de Léger. Comme il ne s'agit pas d'un échantillon probabiliste, il est impossible de définir une marge d'erreur.

Élections 2019

Le «blackface» éclipse une annonce du Parti vert sur la décriminalisation des drogues

Même en l'absence du chef libéral Justin Trudeau qui a pris une journée de repos — tout comme le chef conservateur Andrew Scheer, le «blackface» a rattrapé les autres partis et leurs annonces, sauf au Québec.

Le néo-démocrate Jagmeet Singh, à Toronto, et la chef du Parti vert Elizabeth May, à Winnipeg, ont dû composer avec la controverse entourant la parution de photographies du visage grimé de noir de Justin Trudeau. Le Québec a échappé à la tourmente.

Le chef bloquiste a tenté de profiter de la fenêtre médiatique qu'il disposait pour marteler de nouveau sur le clou de l'environnement.

De l'ombrage aux verts

La controverse a porté ombrage à une importante annonce électorale des verts.

De passage à Winnipeg, Elizabeth May a annoncé que son parti voulait décriminaliser la possession de toutes les drogues actuellement illégales afin de résoudre la crise des opioïdes. Selon elle, il faut que cet enjeu ne soit plus traité «comme un problème criminel», mais comme «un problème de santé».

Mais l'annonce est presque passée inaperçue puisque la chef de la formation a dû passer plus de temps à commenter les photographies de Trudeau que de parler de l'engagement de son parti.

Mme May semblait être plus encline à absoudre M. Trudeau. Un de ses propres candidats vedettes à Terre-Neuve-et-Labrador a reconnu lui-même avoir coloré sa peau dans le passé.

Greg Malone, qui se présente dans la circonscription d'Avalon, a raconté qu'il avait teint sa peau pour interpréter Mahatma Gandhi dans un sketch diffusé pendant un épisode de la série CODCO, une émission humoristique de la CBC dans les années 1980 et 1990. M. Malone en en parlé dans un article publié sur le site internet de la société d'État. Il y soutient que les Blancs doivent faire un plus grand effort pour se placer dans les souliers des minorités visibles.

Actualités

S’élever au-dessus de la maladie... en hydravion!

Hugo Desrochers a combattu une leucémie en 2010. En rémission, il souhaitait s’impliquer auprès d’autres personnes atteintes d’une maladie. Puis il a décidé d’unir ses deux passions, l’aviation et le désir d’aider les enfants, pour créer la fondation Vol d’un survivant à l’autre.

Hugo et son équipe offrent la chance aux enfants malades et à leur famille de faire un tour d’hydravion au-dessus du Lac Saint-Augustin, tout à fait gratuitement. Cette année marque la huitième édition de l’événement.

«C’est comme un petit Rêves d’enfants. La première édition, il y a eu un vol. Après on a grandi, et grandi. L’année passée, il y en a eu 13 et cette année, on est rendu à 34, avec quatre avions pour réaliser les vols.»

En plus de tenir une journée d’activités, où les enfants et leurs familles s’amusent pour ensuite sauter dans un hydravion pour voler au-dessus de la ville, la fondation de M. Desrochers amasse des sous. La somme entière est remise à la Fondation Charles-Bruneau, qui partager leurs valeurs et objectifs.

«Je suis fier de dire que cette journée, c’est notre équipe qui crée l’activité, avec tout plein de bénévoles et de commanditaires. Ça prend quelqu’un du milieu, sinon ce genre d’activité n’existerait pas. La Fondation Charles-Bruneau nous offre un soutien et une notoriété.»

Un cadeau

Samedi en début d’après-midi, M. Desrochers revenait tout juste de compléter un vol avec une famille. Le petit garçon débarquait de l’avion tout heureux, les yeux brillants.

«Les parents disaient qu’il était en traitement de chimiothérapie toute la semaine. Il pensait à son tour d’avion et ça a été sa motivation. Entendre ça, c’est ma paie pour l’année. C’est trippant de voir l’émotion des gens quand on les entre dans l’avion, quand on revient. On sort de l’avion et on est émerveillés.»

L’objectif de cette journée de vol est d’offrir un moment de répit aux familles, de les aider à passer au travers de moments difficiles. Après huit ans, le fondateur et pilote réalise moins de vols qu’avant, il est bien occupé avec l’organisation de la journée, les jeux gonflables ou l’alimentation.

«Au début, je faisais tous les vols, je me suis distancé pour organiser la journée, mais c’est important pour moi de continuer à faire quelques vols pour rester connecté avec ce que j’ai bâti. C’est le plus important.»

Vol d’un survivant à l’autre aura amassé plus de 20 000 $ en dons cette année.

Politique

La CAQ est un gouvernement de climato-sceptiques selon Dominic Champagne

Bien campé chez les climatosceptiques, le gouvernement Legault ne répondra pas à l'appel des Nations unies (ONU) qui demande d'arriver à New York la semaine prochaine avec des solutions en vue de combattre les changements climatiques.

C'est la conviction du porte-parole du Pacte pour la transition écologique, le metteur en scène Dominic Champagne, scandalisé par l'inaction du gouvernement caquiste après bientôt une année au pouvoir.

Il avait pourtant rencontré M. Legault dans la foulée du lancement du Pacte l'an dernier et même adhéré à la Coalition avenir Québec (CAQ) en signe de bonne foi. Mais au cours d'une entrevue avec La Presse canadienne publiée samedi, il a exprimé sa déception, mais aussi son espoir que la mobilisation force le gouvernement à agir.

Le ministre de l'Environnement, Benoit Charette, et son collègue à l'Énergie, Jonatan Julien, débarqueront à New York la semaine prochaine pour le Climate Week, un grand sommet annuel coordonné par l'ONU, mais Dominic Champagne est persuadé qu'ils ne présenteront aucun plan concret.

Depuis Jean Charest, la tradition voulait que le premier ministre aille en personne au Climate Week, puisque le Québec joue en rôle important en diplomatie climatique chez les États fédérés, mais François Legault y envoie plutôt ses ministres.

«ll n'est pas dans sa zone de confort, il n'est pas prêt, il ne débarquera pas là sans avoir l'ombre d'une solution», a déploré M. Champagne.

Un appel de l'ONU

Pourtant l'an dernier le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, avait lancé un appel à la société civile, ainsi qu'un cri du coeur aux dirigeants du monde entier, comme quoi «il n'y a plus de temps à perdre» devant l'urgence climatique: il exigeait des solutions pour cette année et non plus des discours.

«Le gouvernement Legault demeure dans le camp des climatosceptiques [ceux qui réfutent le consensus scientifique sur les bouleversements climatiques]», a poursuivi M. Champagne.

«C'est légitime de demander [si les caquistes] sont climato-sceptiques, parce que pour l'instant ils agissent et gouvernent comme des climato-sceptiques. Quels gestes ont-ils posés depuis un an? À peu près le néant. [...] Quelle réponse les ministres donnent-ils à l'appel de l'ONU? Quel plan concret? Le gouvernement est dépassé, déphasé par rapport à l'urgence.»

Il reconnait que la CAQ a mis en place des mesures, par exemple pour encourager l'achat d'autos électriques. Cependant, «ces gestes ne sont pas à la hauteur du défi», et «le préjugé favorable» envers des projets comme l'usine de liquéfaction de gaz naturel à Saguenay «vient annuler toute velléité d'effort du gouvernement».

Le Plan d'action du Québec sur les changements climatiques de 2020-2030 se fait encore attendre, tandis que pour le plan 2013-2020, le Québec est en voie de rater sa cible de réduction de 20 pour cent des émissions de gaz à effet de serre (GES) par rapport au seuil de 1990.

«Le gouvernement n'a encore rien à nous soumettre et ce qu'il va nous soumettre, je suis persuadé que ce ne sera pas à la hauteur de la situation, a déclaré M. Champagne. Après ils vont se défendre en disant qu'ils sont pragmatiques et qu'on aura encore besoin du pétrole longtemps.»

Garder espoir

Néanmoins il garde espoir et compte sur la mobilisation populaire pour finir par infléchir le gouvernement, «amadoué par une industrie toute puissante qui a “runné la business” depuis plus d'un siècle». Car au-delà des gestes individuels, il faut des politiques publiques pour répondre à la crise actuelle et se «désintoxiquer du pétrole», estime-t-il.

Le Québec a la chance de compter sur une «potion magique», selon ses mots: l'hydro-électricité. M. Champagne appelle le gouvernement à miser une fois pour toutes sur l'inventivité, les ressources et le génie québécois, pour entreprendre un véritable virage vert.

«On a décidé de devenir “maitres chez nous” et fonder notre modernité sur deux valeurs fondamentales: énergie propre et partage de la richesse liée à l'exploitation de cette énergie. Mais aujourd'hui, les projets qui chatouillent le coeur de notre gouvernement sont basés sur une énergie sale au profit d'intérêts privés, c'est tout le contraire de ce que nous sommes.»

Élections 2019

Un bébé en campagne avec les conservateurs

TORONTO — La petite Georgia Hubick n'a que neuf semaines, mais elle accumule déjà des milliers de kilomètres au compteur.

Georgia suit la campagne électorale des conservateurs avec sa mère, Kenzie Potter, conseillère politique principale du chef Andrew Scheer. En sept jours à peine, la petite a visité près d'une quinzaine de villes et villages dans sept provinces canadiennes, alors que sa mère continue d'exercer ses fonctions.

«Beaucoup de gens la voient descendre de l'autocar et ils sont plutôt surpris, ou bien ils demandent: "tu amènes un bébé en campagne?"», a déclaré Mme Potter, dans une entrevue accordée à La Presse canadienne lors d'une rare pause électorale, cette semaine à Toronto. «Je ne sais pas trop s'ils trouvent ça exagéré ou sympathique.»

Andrew Scheer et sa femme Jill, eux, trouvent ça éminemment sympathique. «Je ne pourrais plus imaginer la campagne sans elle», dit le chef conservateur.

Entrainer un bébé dans la tourmente d'une campagne électorale est assez inhabituel pour un membre du personnel politique; mais pour M. Scheer et sa femme, qui sont très «famille», ce choix était tout naturel. Les Scheer ont cinq enfants — Thomas, Grace, Madeline, Henry et Mary, âgés de 14, 12, 10, 8 et 3 ans - et le chef conservateur aime bien rappeler en rigolant que pendant toutes ses campagnes électorales depuis 2004, sa femme était soit enceinte, soit nouvelle maman. «C'est Kenzie qui l'a fait cette fois-ci pour perpétuer la tradition», plaisante M. Scheer.

Il reste que Mme Potter, âgée de 37 ans, ne voulait pas dire à son chef qu'elle était enceinte — et qu'elle allait accoucher environ deux mois avant le déclenchement des élections fédérales. «C'est tout ce dont on pouvait rêver : c'est la coupe Stanley pour nous», déclare Mme Potter, la petite Georgia dans les bras, assise sur un canapé dans un hôtel d'aéroport entre M. et Mme Scheer.

Le moment, par contre, était un peu mal choisi: la conseillère avait l'impression de laisser tomber un ami au moment précis où il avait le plus besoin d'elle. Mais elle soutient que M. Scheer l'a immédiatement rassurée en lui rappelant que pour lui, les enfants sont ce qu'il y a de mieux dans la vie, et il l'a aussitôt invitée à emmener Georgia dans l'avion. «Affaire classée.»

Élections 2019

«Blackface»: Singh ne veut pas devenir un instrument de relations publiques

TORONTO — La campagne du chef néo-démocrate Jagmeet Singh n'a pas fait relâche samedi, pendant que ses adversaires libéral et conservateur s'accordaient une journée de repos.

En après-midi, le chef du Nouveau Parti démocratique est revenu une fois de plus sur la controverse dans laquelle s'est embourbé Justin Trudeau au cours des derniers jours, en raison des vieilles images le montrant avec un maquillage auparavant employé pour dénigrer les personnes noires.

L'équipe libérale avait rapidement contacté les néo-démocrates pour organiser un entretien avec Jagmeet Singh, la seule personne racisée à diriger l'un des principaux partis fédéraux.

M. Singh a précisé samedi que la rencontre n'avait pas encore eu lieu. Il a dit avoir accepté l'invitation, mais à condition que leurs échanges demeurent privés.

«Je ne veux pas être instrumentalisé pour exonérer M. Trudeau, a-t-il fait valoir. Je ne veux pas être impliqué dans un exercice de relations publiques.»

M. Singh a expliqué sa position en point de presse à Toronto, à l'issue d'une table-ronde avec de jeunes leaders communautaires racisés. «Je veux utiliser ma tribune pour amplifier vos voix», leur a-t-il lancé.

Des participants ont relevé que cette saga de blackface ne devrait pas être analysée comme un cas isolé de racisme au sein du Parti libéral du Canada, évoquant notamment les relents colonialistes de leur politique étrangère.

M. Singh a saisi l'occasion pour présenter les engagements du NPD en matière de lutte au racisme systémique. Il propose notamment d'interdire les pratiques policières discriminatoires au sein de la Gendarmerie royale du Canada, comme les contrôles d'identité de routine.

Il s'engage aussi à tenir les réseaux sociaux responsables d'éliminer les contenus haineux et extrémistes sur leurs plateformes.

Le NPD veut également s'attaquer aux disparités salariales liées à l'origine ethnique, de même qu'à la surreprésentation chronique des personnes noires et autochtones dans la population carcérale fédérale par le biais d'une approche collaborative avec les communautés concernées.

Actualités

Près de 500 employés de la Sépaq en grève, perturbant les activités de chasse

MONTRÉAL — Près de 500 employés de la Société des établissements de plein air du Québec (Sépaq) sont en grève depuis minuit samedi, perturbant ainsi les activités de chasse.

Toutes les 13 réserves fauniques et l'Auberge Port-Menier sont touchées par ce débrayage. Ces endroits demeurent ouverts au public, mais certains services pourraient être affectés. Par exemple, les chasseurs ont accès au territoire et à leur zone de chasse, mais ils pourraient être affectés dans les services de restauration, de ménage ou de guide. Dans ces cas, des remboursements ont été prévus, a expliqué le porte-parole de la Sépaq, Simon Boivin.

Mais avant même d'amorcer le débrayage, le Syndicat de la fonction publique et parapublique du Québec (SFPQ), qui représente les employés de la Sépaq en grève, a toutefois accusé l'employeur d'avoir planifié le recours à des «briseurs de grève potentiels». Une mise en demeure a donc été envoyée à la Sépaq, vendredi à midi, a indiqué le président général du SFPQ, Christian Daigle, en entrevue à La Presse canadienne samedi matin. Le ministre des Forêts, de la Faune et des Parcs, Pierre Dufour, a été mis en copie sur le document.

«On a des informations comme quoi des gens auraient été embauchés comme guides de chasse, qui n'ont pas l'accréditation et qui ne sont pas du personnel d'encadrement, raconte M. Daigle. On sait qu'il y a des gens qui sont arrivés de l'île d'Anticosti, qui ne sont pas des gens de la Sépaq [...] pour accomplir les tâches de nos membres. Il y a également des agents de conservation de la faune qui se sont fait demander de patrouiller sur le territoire de la Sépaq alors que ce n'est pas leur mandat principal.»

Du côté de l'employeur, on conteste la perception du syndicat. Joint au téléphone samedi, le porte-parole de la Sépaq, Simon Boivin, a assuré qu'aucun briseur de grève ne se trouve aux endroits touchés par la grève.

«Il n'y a que des employés-cadres, reconnus comme tels au sens du Code du travail, qui font du travail d'employés syndiqués qui sont en grève présentement», a affirmé M. Boivin.

«Le plan de contingence qui a été mis en place par la Sépaq pour s'assurer de garder l'accès au territoire respecte le Code du travail», selon le porte-parole de la Sépaq, ce que met en doute le syndicat.

«Présentement, tout cadre à la Sépaq ne peut pas accomplir les tâches dans les réserves fauniques parce que ça prend quelqu'un qui a les accréditations, qui fait déjà partie de l'équipe de la réserve faunique, rétorque M. Daigle. Un cadre dans un parc national n'a pas le droit d'aller dans une réserve faunique pour faire le travail, tout comme un cadre embauché après le 1er janvier 2019, donc après le début des négociations.»

Le débrayage amorcé par les syndiqués des réserves fauniques va se poursuivre jusqu'à jeudi matin, à moins d'une entente. D'autres moyens de pression ne sont pas exclus non plus de la part des 2000 autres employés syndiqués de la Sépaq, selon M. Daigle.

Les négociations entourant le renouvellement de la convention collective des employés de la Sépaq sont interrompues depuis mercredi soir, les positions des parties semblant irréconciliables.

Des demandes jugées «déraisonnables»

Plus tôt cet été, les deux parties semblaient pourtant près de s'entendre. En fait, une entente de principe avait même été conclue dans les heures précédant les vacances de la construction, mais celle-ci a été rejetée par les syndiqués qui estiment que leurs conditions salariales ne reflètent pas le coût de la vie. L'entente de principe rejetée prévoyait des augmentations d'un peu plus de 5 % sur cinq ans.

«Les nouvelles demandes viennent augmenter de 50 % le coût de ce qui avait été convenu à l'entente de principe qui était intervenue en juillet, déplore M. Boivin. Ces demandes ont été jugées irréalistes et déraisonnables par la partie patronale.»

C'est ce qui explique, selon lui, que les négociations soient rompues et qu'il n'y ait pas de date de retour prévue à la table de négociation présentement, même si un conciliateur est toujours impliqué dans le dossier.

Du côté syndical, Christian Daigle reconnaît que c'est le volet salarial qui est au coeur du litige. Il ne comprend pas que l'employeur n'a pas modifié son offre depuis le rejet de l'entente de principe, d'autant plus qu'il estime que cela va à l'encontre de ce que souhaite le premier ministre François Legault, lui-même.

«C'est pourtant ce que le premier ministre Legault disait lorsqu'il a dit que les syndiqués devraient s'attendre à avoir le coût de la vie et pas nécessairement plus», en référence à la prochaine ronde de négociations dans le secteur public.

«Si M. Legault offre le coût de la vie pour les employés de l'État, et bien nos membres en font partie», martèle le président du SFPQ qui souligne que la moyenne salariale se situe entre 16$ et 17$ de l'heure pour les employés de la Sépaq.

«Eux qualifient ça de déraisonnable! À travers les dernières conventions collectives, les membres se sont appauvris parce qu'il y a eu l'austérité libérale, la crise économique. Aujourd'hui, le gouvernement du Québec nage dans les surplus budgétaires», ajoute-t-il.

Il a justement été question des surplus budgétaires dans les couloirs de l'Assemblée nationale, jeudi, mais le ministre des Forêts, de la Faune et des Parcs, Pierre Dufour, répétait qu'il souhaitait toujours une entente qui respecte la capacité à payer des contribuables québécois.

«Il faut faire attention avec les surplus. Vous savez, il y a d'autres négociations qui s'en viennent, soulignait le ministre en mêlée de presse. On a des gens dans les zecs ou dans d'autres milieux qui nous demandent de respecter leur capacité de payer et si on vient déstabiliser tout le système, à un moment donné ça ne marchera plus.»

La Sépaq compte environ 3000 employés, dont quelque 2500 travailleurs syndiqués avec le SFPQ, et plusieurs employés saisonniers. Tous ces travailleurs sont encadrés par neuf conventions collectives qui font l'objet des négociations actuelles.

Actualités

Le Mont Wright victime de sa popularité

Le Mont Wright est victime de sa popularité. La municipalité de Stoneham-et-Tewkesbury a décidé de limiter l’accès au site afin de préserver la végétation et les sentiers, en plus de réduire le nombre de voitures stationnées dans le secteur.

À l’avenir, seulement 225 randonneurs pourront s’aventurer dans les pistes à la fois. 

«Pour appliquer cette nouvelle politique, un réaménagement de l’aire de stationnement a été déployé à la mi-août et il a été entendu qu’une fois le stationnement complet, la capacité maximale du parc sera atteinte», peut-on lire dans le communiqué diffusé par la municipalité. 

Le stationnement peut accueillir jusqu’à 125 véhicules. Des employés assureront la surveillance du site lors des heures d’ouverture. Ils aviseront les visiteurs lorsque le nombre maximal sera atteint. Ceux-ci devront attendre quelques minutes ou revenir à un autre moment.

La nouvelle a été partagée sur Facebook. Bien que plusieurs internautes se sont montrés déçus, ayant peur de devoir rebrousser chemin à leur arrivée, d’autres ont salué l’idée. 

«Il était temps qu’on fasse des interventions. Je suis soulagée de cette mesure et je trouve vraiment que c’est bien aussi pour la conservation du parc. Les gens vont peut-être être fâchés les premiers temps, mais le message va se faire assez vite», a commenté une résidente du quartier voisin à la montagne, qui déplorait les difficultés de circuler dans le secteur avec toutes les voitures. 

«C’est rendu une autoroute ce sentier... On est loin du temps où on pouvait espérer croiser trois ou quatre personnes sur la montagne dans toute la journée et aller faire de l’escalade sans attendre une heure qu’une voie se libère», a aussi indiqué un adepte de la montagne.

Élections 2019

Le Bloc québécois n'a pas l'intention de finir deuxième au Québec

REPENTIGNY — Contrairement à ses adversaires libéral et conservateur, le chef du Bloc québécois n'a pas pris congé de campagne, samedi. Yves-François Blanchet était en tournée dans Lanaudière pour parler d'économie d'énergie et d'agriculture, mais aussi pour convaincre davantage d'électeurs parce qu'il n'a pas l'intention de finir deuxième.

Selon les plus récentes données sur les intentions de vote des électeurs, le Bloc québécois se trouvait en deuxième place au Québec, à bonne distance des libéraux en tête, mais au coude à coude avec le Parti conservateur.

Ces chiffres semblent motiver le chef bloquiste.

«Notre début de campagne est bon. Mais je vous dirais que pour le bien des Québécois, il se pourrait que la seconde place ne suffise pas», a déclaré M. Blanchet en conférence de presse au parc Lajoie, samedi matin à Repentigny. Nous avons encore un mois, jour pour jour, pour arriver à convaincre, un par un, les Québécois des vertus de notre programme pour représenter et porter leur voix [...] à Ottawa.»

Selon lui, la priorité des électeurs du Québec est la lutte aux changements climatiques et c'est le principal thème sur lequel se déroule la campagne du Bloc.

«Pas l'environnement en tant que reproches, mais en tant que création de plus de richesse pour le Québec», a tenu à préciser celui qui en est à sa première campagne à titre de chef de parti.

Au cours des dix premiers jours de campagne, le Bloc Québécois a demandé un programme pour l'électrification de la flotte d'autobus scolaires, une aide pour rendre accessibles les véhicules électriques ou hybrides aux familles avec des revenus modestes, en plus d'exiger l'arrêt des subventions aux pétrolières pour rediriger les fonds vers les énergies renouvelables.

Élections 2019

Médicaments: Singh réitère son engagement pour une assurance universelle

ESSEX — Tous les Canadiens devraient avoir accès aux médicaments dont ils ont besoin, a réitéré vendredi le chef du Nouveau Parti démocratique, Jagmeet Singh.

Les néo-démocrates proposent de dépenser annuellement 10 milliards $ pour assurer la gratuité des médicaments et des appareils médicaux à partir de 2020.

«Nous savons que les gens sont aux prises avec le coût des médicaments», a déclaré M. Singh lors de son passage dans la région de Windsor, en Ontario. Il en a profité pour répéter l’une de ses maximes favorites : «Si on a besoin de médicaments, on doit utiliser sa carte d’assurance-maladie, pas sa carte de crédit».

Un gouvernement dirigé par M. Singh s’appuierait sur ce que les provinces dépensent déjà pour des médicaments et y ajouterait de l’argent. Le programme serait mis en œuvre par les provinces, a dit le chef néo-démocrate. Le NPD étudierait ce qui se fait ailleurs dans le monde et choisirait la formule qui permettrait de couvrir le plus grand nombre possible de personnes.

Le programme néo-démocrate en matière d’assurance-médicaments entrerait en vigueur avant l’échéancier recommandé plus tôt cette année par un groupe d’experts. Celui-ci proposait l’établissement, d’ici le 1er janvier 2022, d’une liste nationale de médicaments essentiels couvrant la plupart des principales maladies et représentant environ la moitié de toutes les ordonnances. Cette liste nationale complète des médicaments assurés devrait être prête au plus tard le 1er janvier 2027.

Selon ce Conseil consultatif sur la mise en œuvre d’un régime national d’assurance-médicaments, ce plan permettrait d’économiser environ 5 milliards $ par année d’ici 2027. Les Canadiens ont dépensé 34 milliards $ pour des médicaments d’ordonnance en 2018.

Élections 2019

Le Bloc veut que l’accès au REER et au RAP soit ouvert aux sinistrés

MONTRÉAL — Le Bloc québécois demandera au gouvernement fédéral de permettre aux sinistrés d’inondations imputables aux changements climatiques de puiser dans leur REER pour les travaux de réparation, de restauration ou de rénovation de leurs résidences endommagées, et ce, sans pénalité fiscale et sous réserve d’un remboursement dans les 15 ans.

De passage à Sainte-Marthe-sur-le-Lac, vendredi, le chef bloquiste Yves-François Blanchet a aussi proposé que ceux dont les maisons sont condamnées à la suite de tels sinistres puissent avoir droit au Régime d’accès à la propriété selon les mêmes paramètres.

«Il s’agit d’une démarche qui est à la fois empreinte d’une grande compassion, dont nous avons grand besoin dans ce genre de circonstances et aussi d’un sens des responsabilités dont nous sommes convaincus qu’il saura interpeller tous les partis à la Chambre des communes afin que de telles mesures puissent être mises en œuvre rapidement», a-t-il dit après avoir rencontré des citoyens durement affectés par les inondations du printemps dernier dans cette municipalité.

Le Bloc demande également à ce que ces deux mesures soient rétroactives au 6 mai 2017 pour couvrir également les victimes des inondations d’il y a deux ans.

Sinistres et changements climatiques

La démarche amène toutefois la formation souverainiste fédérale sur un terrain glissant, c’est-à-dire que les sinistrés devront établir «de façon raisonnablement démontrable» que les dommages qu’ils ont subis sont liés aux changements climatiques.

Le chef bloquiste n’a pas cherché à éviter l’écueil. «On anticipe très bien les entourloupettes réglementaires qui pourraient apparaître. Il n’y a de besoin que d’une démonstration raisonnable et non d’une certitude scientifique qui n’existe pas à ce stade-ci», a-t-il tempéré.

Il souhaite aussi aller plus loin dans la lutte contre ces changements climatiques, évoquant la «certitude d’une probabilité élevée qu’il y a une augmentation dans l’intensité et la fréquence des événements [climatiques] extrêmes».

Loi sur les cibles de GES

Il propose donc une loi obligeant Ottawa à respecter ses propres cibles en matière de réduction des gaz à effet de serre.

Pourquoi? Parce que les gouvernements ont la promesse plus facile que la réalisation en telle matière, dit-il.

«Ça fait 30 ans que le Canada se fixe des cibles et qu’il ne passe même pas proche de les rencontrer. Alors à un moment donné il faut faire quelque chose.»

Le chef bloquiste espère ainsi piéger le prochain gouvernement et les oppositions avec leurs promesses. «Je vois mal comment des partis à la Chambre des communes pourraient être contre l’inscription dans une loi d’objectifs qu’ils se sont eux-mêmes fixés», a-t-il fait valoir.

Cette loi contiendrait une prescription pour qu’elle soit reconduite avec de nouveaux objectifs à tous les quatre ans «pour avoir des conversations à chaque campagne sur ce que fait ou ne fait pas le gouvernement canadien en matière de lutte aux changements climatiques».

Justice et faits divers

L’avocat de la présumée taupe à la GRC attend encore les détails des allégations

OTTAWA — L’avocat de l’employé de la Gendarmerie royale du Canada (GRC) accusé d’avoir tenté de divulguer des informations secrètes «à une entité étrangère ou à un groupe terroriste» affirme qu’il attend toujours les détails des allégations de la Couronne.

Ian Carter a déclaré en Cour de l’Ontario, vendredi matin à Ottawa, qu’il ne disposait que du «synopsis initial» du dossier contre Cameron Jay Ortis. Me Carter a indiqué au tribunal qu’une fois qu’il obtiendra des informations plus complètes de la Couronne, il sera en mesure de fixer l’audience de remise en liberté sous caution de son client.

Cameron Jay Ortis, âgé de 47 ans, était directeur général du Centre national de coordination du renseignement de la GRC lorsqu’il a été arrêté le 12 septembre. Il est accusé d’avoir violé trois articles de la Loi sur la protection des informations ainsi que deux dispositions du Code criminel, dont celle d’abus de confiance.

La Couronne soutient qu’il a tenté de divulguer des informations secrètes à une entité étrangère ou à un groupe terroriste non précisé. L’acte d’accusation énumère sept chefs distincts contre M. Ortis, pour des incidents qui remonteraient au 1er janvier 2015 et qui se seraient déroulés jusqu’à son arrestation la semaine dernière.

M. Ortis, portant la combinaison orange de la prison, a comparu par liaison vidéo lors de l’audience de vendredi.

En arrivant au palais de justice, Me Carter a déclaré que lui et son collègue de la défense avaient demandé à la Couronne «une divulgation complète dans cette affaire».

«Nous ne l’avons pas encore reçue. Nous nous attendons à recevoir une partie de cette divulgation au début de la semaine prochaine», a-t-il dit. M. Ortis doit revenir devant le tribunal vendredi prochain.

La commissaire de la GRC, Brenda Lucki, admettait cette semaine que les allégations, si elles étaient avérées, étaient «extrêmement perturbantes» étant donné que M. Ortis avait accès aux renseignements fournis par des alliés nationaux et internationaux. En conférence de presse, lundi, Mme Lucki n’a pas voulu commenter les possibles motivations de M. Ortis ni l’«entité étrangère» qui serait impliquée dans cette présumée affaire d’espionnage.

Elle a ajouté que les soupçons des enquêteurs s’étaient tournés vers M. Ortis à l’issue d’une enquête menée conjointement avec la police fédérale américaine (FBI), qui aurait révélé l’existence d’une taupe à la GRC.

La dirigeante de la police fédérale canadienne n’a pas voulu commenter les reportages de certains médias qui lient l’arrestation de M. Ortis au démantèlement d’une entreprise canadienne, Phantom Secure, qui vendait des téléphones permettant une communication indétectable.

Le FBI et ses partenaires internationaux, y compris la GRC, déclaraient en mars 2018 que le crime organisé et les cartels de la drogue avaient été durement touchés par l’élimination du service de communications cryptées.

La Capitale

Les guichets de retour dans le Vieux-Québec

Après un moment d’absence le temps d’un remplacement par des distributeurs nouvelle génération, les guichets automatiques sont de retour dans le Vieux-Québec.

Il y a une dizaine de jours, Le Soleil avait fait état de cette fermeture temporaire qui avait inquiété des utilisateurs des guichets restés après la fermeture en janvier de la caisse populaire située près de l’hôtel de ville. 

Les nouvelles machines étaient prévues pour le 20 septembre, voilà qu’elles sont apparues vendredi.

Élections 2019

Trudeau s’attaque aux armes d’assaut

TORONTO — S’il est réélu le 21 octobre, le chef libéral promet d’interdire toutes les armes d’assaut de style militaire et de restreindre l’accès aux armes de poing.

M. Trudeau a fait cette promesse à Toronto, vendredi matin, alors qu’il tentait de recadrer sa campagne après l’affaire des blackfaces. Toronto, théâtre de nombreuses fusillades meurtrières, est l’une des villes qui réclament l’interdiction des armes de poing, à l’instar de Montréal.

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Les armes de Bissonnette deviendraient interdites

L’annonce de vendredi a d’ailleurs été faite dans le quartier Greektown, où un forcené avait tiré dans la foule en juillet 2018, faisant deux morts et 13 blessés. Le contrôle des armes à feu est un enjeu important dans la métropole canadienne, une région par ailleurs cruciale pour les libéraux lors de ce scrutin.

L’ancien chef de police de Toronto Bill Blair, nommé après la tuerie de Greektown au nouveau portefeuille de la Sécurité frontalière et de la Réduction du crime organisé, avait reçu le mandat du premier ministre de se pencher notamment «sur la possibilité d’interdire complètement les armes de poing et les armes d’assaut au Canada, sans entraver l’utilisation légitime d’armes à feu par les Canadiens».

M. Blair a depuis mené diverses consultations à ce sujet, mais il a déclaré en juin dernier que s’il fallait en faire plus pour lutter contre la violence armée, toute initiative supplémentaire en matière de contrôle des armes à feu devrait faire partie de la prochaine plateforme électorale libérale. Un mois plus tard, Nathalie Provost, survivante de la tuerie de Polytechnique en 1989, claquait la porte du Comité consultatif canadien sur les armes à feu, se disant fortement déçue de l’incapacité du gouvernement Trudeau à s’attaquer aux fusils d’assaut.

M. Trudeau a annoncé vendredi qu’un prochain gouvernement libéral interdirait toutes les armes d’assaut de style militaire et qu’il mettrait sur pied un programme de rachat de ces armes. Le chef libéral a déclaré que la promesse d’interdire les fusils d’assaut incluait l’interdiction du AR-15 semi-automatique, l’arme utilisée lors de nombreuses fusillades de masse aux États-Unis.

«Nous savons bien que pour abattre un chevreuil, vous n’avez pas besoin d’une arme d’assaut de type militaire conçue pour tuer le plus grand nombre de gens possible dans le plus court délai possible», a déclaré M. Trudeau vendredi.

Des efforts insuffisants

Le chef libéral a affirmé que la violence armée au Canada avait fait 2500 victimes de plus en 2017 qu’en 2013, «et plusieurs de ces incidents impliquaient des conjoints». M. Trudeau a également reconnu que les efforts de son gouvernement pour remédier à ce problème étaient insuffisants.

Un gouvernement libéral travaillerait maintenant «de concert avec les maires et les premiers ministres de tout le pays pour leur donner la capacité de restreindre davantage — et même d’interdire — les armes de poing». Les Villes de Toronto et Montréal demandent de pouvoir interdire ces armes sur leur territoire.

Un gouvernement libéral adopterait aussi une loi pour suspendre temporairement les permis des propriétaires d’armes à feu qui représentent un danger pour eux-mêmes ou pour leurs proches. M. Trudeau a toutefois promis de protéger les droits des chasseurs respectueux de la loi et il s’est engagé à ne pas rétablir le registre des armes d’épaule, qui avait été supprimé par le gouvernement conservateur précédent.

Ces promesses libérales ont été plutôt bien accueillies par l’organisme PolySeSouvient, «même si l’on aurait pu s’attendre à ce qu’un gouvernement majoritaire élu il y a quatre ans sur la base de “débarrasser nos rues des armes de poing et des armes d’assaut” ait déjà adopté une telle interdiction».

L’organisme regroupant les étudiants et diplômés de Polytechnique pour le contrôle des armes estime toutefois qu’«en ce qui concerne les armes de poing, l’intention de transférer la responsabilité pour des restrictions supplémentaires aux municipalités est décevante».

«Comme nous l’avons répété à plusieurs reprises, l’interdiction de ces armes dans seulement certaines municipalités serait non seulement inadéquate, compte tenu des risques, mais également inefficace.» L’organisme doute par ailleurs qu’il y ait «beaucoup d’appétit au niveau municipal pour confronter le lobby des armes alors que le gouvernement fédéral préfère clairement éviter cette avenue, du moins en ce qui a trait aux armes de poing».


La Capitale

L'Ancienne-Lorette: un nouveau point de service et des milliers d'artefacts [VIDÉO]

Le nouveau point de service aux citoyens de L’Ancienne-Lorette est officiellement ouvert. Au terme de la construction, plus de 110 000 artéfacts ont été trouvés, ce qui permettra d’écrire quelques pages d’histoire de la communauté huronne-wendat, qui est à l’origine du développement de ces terres.

Le nouvel espace réunit l’ancien presbytère et un nouveau bâtiment moderne. Le projet représente un investissement global de 7,3 millions $, un dépassement de cout de seulement 6 % a été mentionné. 

En plus de la construction, une fouille archéologique a été réalisée avec l’implication des membres de la communauté huronne-wendat.

«On a sorti plusieurs artéfacts qui vont permettre de mieux cerner, de mieux connaitre ce qu’a été notre vie à cette époque-là. On a eu une vie collective. Tout ça s’est fait dans l’harmonie, a indiqué le maire de L’Ancienne-Lorette, Émile Loranger. S’il n’y avait pas eu la nouvelle Lorette, il n’y aurait pas eu l’ancienne. Je pense qu’on a tout avantage à mousser cette collaboration de deux nations fondatrices du Québec.»

Les découvertes seront rapatriées à Wendake pour y être étudiées.

«On a besoin de ça, pour valoriser notre culture, nos valeurs et notre identité. C’est une grosse page d’histoire, c’est la page d’histoire qu’on a attendue depuis longtemps. Travailler ensemble, mais aussi avoir cette générosité-là de la part du conseil de ville de M. Loranger», a commenté le Grand Chef de la communauté, Konrad Sioui. 

Élections 2019

Contrôle des armes à feu: les deux armes de Bissonnette deviendraient interdites

Les libéraux interdiraient les armes d’assaut comme celle que transportait Alexandre Bissonnette avant d’entrer dans la Grande Mosquée de Québec, au soir du 29 janvier 2017. Le parti de Justin Trudeau promet aussi de légiférer pour permettre aux municipalités d’empêcher l’utilisation du pistolet avec lequel Bissonnette a fait six morts et six blessés graves.

«C’est sans aucun doute l’épisode le plus marquant de mon premier mandat», concède Joël Lightbound, qui était alors député fédéral de Louis-Hébert depuis à peine 15 mois. La tuerie s’est déroulée à Sainte-Foy, dans sa circonscription. Mais aussi la ville où il a grandi entouré d’amis de toutes origines ethniques.

«Dans ma vie professionnelle, j’étais au cœur de la tourmente, mais aussi dans ma vie personnelle, alors que les parents de certains amis fréquentent la Mosquée et étaient là, ce soir-là», poursuit M. Lightbound, qui sollicitera un deuxième mandat le 21 octobre.

Pour que «ça ne se reproduise jamais», le député dit militer depuis deux ans et demi pour la promesse livrée par le Parti libéral, vendredi. La carabine semi-automatique de style militaire VZ-58 que voulait utiliser Bissonnette s’est enrayée avant qu’il ne puisse s’en servir sur les fidèles musulmans. D’aucuns, dont M. Lightbound, sont d’avis qu’il «aurait fait encore plus de victimes avec ce genre d’arme».

Les libéraux annoncent donc que s’ils sont réélus, ils vont bannir ces «armes d’assaut faites et utilisées pour tuer des gens». «Des tragédies auraient pu être évitées», dit le député sortant.

L’assassin, qui purge une peine de prison à perpétuité sans possibilité de libération conditionnelle avant 40 ans, a laissé tomber son arme longue de calibre .223 dans la neige. Pour s’en remettre à son pistolet Glock d’où, une fois à l’intérieur du bâtiment, sont sorties 48 balles en moins de deux minutes.

Dans cette promesse, les libéraux disent vouloir «collaborer avec les provinces et les territoires pour donner aux municipalités la capacité de restreindre ou d’interdire les armes de poing», car le contrôle de ces armes se retrouverait sous une compétence différente.

«Plein de groupes»

Pourquoi ne pas avoir agi avant, alors que le Parti libéral du Canada en parlait déjà dans sa plate-forme électorale de 2015? «Dans le contrôle des armes à feu, il y a plein de groupes. Et il est important de ne pas nuire aux chasseurs utilisant des armes d’épaule. D’ailleurs, il est important de préciser qu’on ne rouvre pas le registre des armes d’épaule», explique M. Lightbound.

Question de bien marquer l’écart de position avec ses adversaires conservateurs, le représentant libéral a rappelé que le député sortant et candidat conservateur dans la circonscription de Charlesbourg-Haute-Saint-Charles, Pierre Paul-Hus, est allé cet été tirer de la mitraillette AR-15 en compagnie d’une représentante de la Coalition canadienne pour le droit aux armes à feu, un groupe de pression proarmes. «Un grave manque de sensibilité», selon M. Lightbound. Ancien militaire, M. Paul-Hus était porte-parole de l’opposition en matière de sécurité publique.

Justice et faits divers

L’ado atteint par balles accusé

L’adolescent en crise atteint par balles par un policier de Lévis a été accusé vendredi en chambre de la Jeunesse de voies de fait armées, menaces de mort, méfait et port d’arme dans un dessein dangereux.

Le 12 septembre, le jeune homme de 16 ans a quitté le centre jeunesse où il était placé dans le secteur Saint-Romuald. Il aurait menacé des intervenants sociaux et crevé un pneu avec un couteau. Les policiers de Lévis l’ont rejoint sur le boulevard Guillaume-Couture. L’adolescent, toujours armé de son couteau, aurait foncé sur un policier. 

L’agent lui a tiré deux balles à l’abdomen, sous les yeux de plusieurs témoins. Un passant a d’ailleurs filmé la scène. L’adolescent a été transporté à l’hôpital où il est resté près d’une semaine. Le procureur de la Couronne Me Hugo Breton s’est opposé à la remise en liberté du jeune accusé. 

Si aucune entente ne se conclut avec l’avocat de défense Me Mathieu Camirand, l’enquête sous remise en liberté se tiendra lundi.

La Capitale

Centrale de police: l'opposition critique l'improvisation du maire

Le report au printemps de la fermeture des postes de police de Charlesbourg et de La Haute-Saint-Charles donne des munitions à l’opposition à l’hôtel de ville. Elle y voit une énième preuve de l’improvisation qui règne dans le projet de la réorganisation policière.

«On est en train de répéter le même fiasco qui a mené à l’achat d’un nouveau terrain.» Le conseiller de Démocratie Québec, Jean Rousseau, réagissait à la nouvelle de Radio-Canada selon laquelle la direction du service de police préférait le printemps prochain à cet automne pour rapatrier dans ses bureaux de Sainte-Foy et à la Centrale du parc Victoria les patrouilleurs des postes de La Haute-Saint-Charles et de Charlesbourg.

«On ferme les centrales locales, mais on n’a aucune idée des nouveaux services», renchérit le conseiller. En effet, la Ville de Québec n’a pas encore tenu son plénier sur l’évolution du projet de construction d’une nouvelle centrale qui connait des ratés depuis son annonce en 2016.

Le cout du projet qui était de 40 millions $ a grimpé à 72 millions $ à cause d’une mauvaise évaluation des couts. Ensuite, on apprenait que le premier terrain acquis était trop petit pour les besoins du service. Un imbroglio qui a mené à la démission du conseiller Jonatan Julien. Le maire de Québec a tenu son bras droit publiquement responsable de la situation. Depuis, Régis Labeaume a repris le dossier et un second terrain a été acheté près du boulevard Louis-XIV.

Explications exigées

«C’est ça les grands talents de gestionnaire de Régis Labeaume, a questionné le chef de l’opposition, Jean-François Gosselin. Depuis qu’il a repris le dossier, il y a plus de confusion et d’improvisation dans le dossier.»

Le représentant de Québec 21 se questionne sur l’urgence de déménager les policiers dans une centrale déjà vétuste alors qu’il faudra les déménager une autre fois lorsque le nouveau quartier général sera construit en 2022. «Il doit sortir publiquement pour expliquer ce qui se passe», a-t-il martelé.

Aucun élu ne s’est présenté, mais le directeur adjoint du service de police, Jocelyn Bélanger, a rencontré la presse. Il a réaffirmé l’intention du service de mettre en place le plan de réorganisation. Il a aussi insisté sur le fait que le report au printemps pour déménager les patrouilleurs s’est fait d’un commun accord avec le syndicat.

Élections 2019

Christiane Gagnon: ma vie comme au cinéma

Un père policier blessé à la guerre, mais qui ne lui en parle jamais. Une mère gérante de magasin et présidente des Filles d’Isabelle de Chicoutimi. Mémère qui fume sans inhaler, coiffée d’un chapeau de paille. Il y a tante Albertine, organisatrice politique du quartier Saint-Roch, à Québec, et mononcle Johnny, joueur du Canadien de Montréal. Sans oublier Toinette et Germaine, les tantes qu’elle va visiter à Montréal seule en autobus dès l’âge de 12 ans.

Roman de Michel Tremblay? Plutôt l’histoire vécue de Christiane Gagnon. «J’ai grandi dans Les belles-sœurs!» s’esclaffe la politicienne, après avoir planté le décor de sa jeunesse pour le journaliste. «J’aurais aimé ça aller chez les Ursulines et grandir dans un couvent. Mais ce n’était pas ça. J’ai eu une vie de terrain.»

La candidate du Bloc québécois dans la circonscription de Québec aux présentes élections avait convié Le Soleil au Buffet de l'Antiquaire. Resto de la rue Saint-Paul, dans le Petit Champlain, quartier des galeries d’art où elle aime venir flâner pour décompresser.

C’est aussi là qu’il y a près de 40 ans, l’équipe de production du film Les Plouffe, sur lequel Mme Gagnon a travaillé et même été figurante, tenait ses quartiers. Mais le Buffet est fermé, vendredi matin, à cause d’un bris de hotte. Comme rien n’arrive pour rien, l’entrevue s’est déplacée à cinq portes de là, aux Cafés du Soleil. C’était prédestiné.

«J’ai eu une vie atypique. Je n’ai jamais eu de plan de carrière. Je me suis toujours adaptée à ce qui se passait. La vie m’a toujours amené des... défis, mais je peux dire que je suis heureuse», affirme la femme de 71 ans, qui effectue un retour après sept ans d’éclipse politique, elle qui a été députée fédérale du comté pendant 18 ans, de 1993 à 2011, toujours pour le Bloc.

Serrée dans un coin du café où se côtoient touristes et nouvelles mamans, Mme Gagnon est bien avec le monde. Un monsieur d’un âge certain vient la saluer et lui souhaiter bonne chance pour la campagne. Un collectionneur de vieilles voitures et sculpteur qu’elle a croisé au Week-end Vintage, tenu dans le même secteur, deux semaines plus tôt. Événement où elle s’est présentée en tenue des années 1920, style Charleston, robe et bandeau mince à l’avenant.

Vêtements pigés dans sa garde-robe personnelle, remplie d’ensembles de toutes sortes. Mais ne lui parlez pas de déguisements ou de costumes! Pas en ce lendemain de l’affaire Aladdin pour Justin Trudeau. Vêtue d’une veste de jeans décontractée, elle se demande à l’arrivée du photographe si elle n’aurait pas été mieux en tailleur, pour montrer son côté sérieux. «Je suis les deux!» constate-t-elle.

Digne d’un film

Tous ces habits rappellent son penchant pour le théâtre et le cinéma. Elle a déjà voulu être actrice. Puis, quand elle a enfin décidé de s’inscrire au Conservatoire d’art dramatique de Québec, il était trop tard. Fin vingtaine, elle était tout juste un an trop vieille, selon les règles de l’école. Dans la foulée des Plouffe, elle travaillera quand même dans le domaine du cinéma durant trois ans, à Ciné-Forum, avec les cinéastes Iolande Rossignol et Fernand Dansereau.

N’empêche que sa propre vie est digne d’un film. Dès son plus jeune âge, les personnages qui l’entourent s’avèrent plus intéressants les uns que les autres. Et les samedis soirs, ils se réunissent tous autour de la grosse télé que ses parents ont été parmi les premiers à avoir dans le quartier. Dans le salon de la maison érigée à l’ombre de l’église Christ-Roi de Chicoutimi, le groupe composé de membres de la famille, de voisins et d’amis compte en plus deux curés. Tous veulent voir à l’œuvre leur Canadien, avec qui l’oncle Johnny Gagnon, dit le Chat noir, a gagné la Coupe Stanley en 1931.

La petite Christiane danse au milieu du tableau, entre sa grande sœur et son petit frère d’origine autochtone adopté, qu’elle a «catiné en masse». Les deux sont aujourd’hui décédés.

Mais la petite Christiane n’aimait pas trop le hockey. La plupart du temps partie au coin de la rue en train d’apprendre des «danses carrées», ou folkloriques dirait-on aujourd’hui. Elle a toujours aimé la danse; vous pouvez encore la rencontrer aux soirées de danse des Salons d’Edgar, dans Saint-Roch. À l’époque, elle avait même participé à quatre émissions de télé aux côtés d’Ovila Légaré et de Robert Charlebois.

Toujours été attirée par les feux de la rampe. À la fois pour s’exprimer et écouter les gens. La politique nourrit encore ses deux besoins.

Élections 2019

Subventions aux entreprises pétrolières: Scheer fait volte-face

SAINT-JEAN, N.-B. — À peine quelques heures après avoir déclaré qu'il ne toucherait pas aux subventions fédérales versées aux entreprises pétrolières et gazières, le chef conservateur Andrew Scheer a fait volte-face à ce sujet.

Ces aides financières pourraient faire l'objet d'un examen et passer sous le bistouri afin de réduire d'au moins 1,5 milliard $ la somme réservée aux subventions fédérales et aux programmes fiscaux des entreprises.

Plus tôt, il avait indiqué qu'il refuserait de le faire, soi-disant parce que le monde entier a besoin du pétrole et du gaz naturel canadien.

«Aussi longtemps qu'il existera une demande internationale pour le pétrole et le gaz naturel, le Canada devra être un fournisseur, a déclaré M. Scheer lors de son passage à Saint-Jean, au Nouveau-Brunswick. Selon les prévisions, la consommation future du pétrole et du gaz naturel ne fera qu'augmenter. Il vaut mieux pour le monde et pour notre environnement que cette énergie soit fournie par le Canada.»

Mais en après-midi, il modifiait légèrement le cap.

Il a publié une déclaration dans laquelle il affirmait que les subventions aux entreprises du secteur des hydrocarbures seraient également évaluées.

«Un gouvernement conservateur va mener un examen de tous les programmes de subventions aux entreprises et éliminera ceux qui ne profitent pas aux Canadiens - y compris ceux existant dans le secteur pétrolier et gazier, a-t-il dit en reprenant des éléments du communiqué déjà publié mercredi. Nous allons mettre un terme aux subventions aux riches dirigeants d'entreprises, aux actionnaires et aux entreprises étrangères et mettre cet argent dans les poches des Canadiens.»

Les verts et les néo-démocrates se sont déjà engagés à éliminer toutes les subventions versées à l'industrie des combustibles fossiles.

Les précédents gouvernements conservateurs et libéraux ont promis d'éliminer les subventions inefficaces d'ici 2025 à la suite d'engagements contractés depuis 2009 au sein du G20 et du G7.

Selon le groupe Environmental Defence, les subventions fédérales et provinciales aux entreprises produisant des combustibles fossiles atteignent annuellement 3,3 milliards $. Les gouvernements versent 19 $ par tonne d'émissions de gaz à effet de serre aux entreprises produisant des hydrocarbures, sapant ainsi la lutte contre les changements climatiques. La part fédérale de ce total s'élève à près de 300 millions $, sans compter les quelque 10 milliards $ de prêts accordés par Exportation et développement Canada pour aider les entreprises canadiennes à financer la production de pétrole et de gaz naturel des autres pays.

L'International Institute for Sustainable Developement soutient que le Canada dépense plus par habitant en subventions pour les producteurs d'énergies fossiles que tout autre pays du G7.

Dans le volet environnemental de son programme, M. Scheer dit vouloir exporter davantage de pétrole et de gaz canadiens, car selon lui, la réglementation environnementale stricte du Canada fait en sorte que cette énergie est plus propre que celle produite à l'étranger.

Achat d'IRM et de TDM

M. Scheer s'est par ailleurs engagé, vendredi, à investir 1,5 milliard $ pour l'achat d'appareils d'imagerie par résonnance magnétique et de tomodensitométrie pour remplacer l'équipement vieillissant et réduire du même coup les temps d'attente pour les patients.

Il a cité un rapport du Confence Board du Canada selon lequel l'attente pour des examens diagnostiques est trop longue, ce qui coûterait des milliards de dollars à l'économie.

«Aujourd'hui, le Canada est à la traîne au chapitre des appareils d'imagerie médicale, a-t-il déploré. Nous n'avons pas assez d'équipements pour répondre à la demande croissante d'examens susceptibles de sauver des vies. Le temps d'attente pour les examens et les traitements importants sont trop longs.»

M. Scheer a aussi rappelé qu'en raison du vieillissement de la population, la demande pour ces tests ne fera qu'augmenter.

Il a dit qu'il avait écrit à chaque premier ministre provincial avant les élections pour leur promettre qu'un gouvernement conservateur ne réduirait pas les transferts fédéraux pour les soins de santé et l'éducation. Au contraire, il s'est engagé à les augmenter d'au moins 3 pour cent par année.

C'était le premier passage de M. Scheer dans les Maritimes depuis le début de la campagne. Les libéraux avaient raflé l'ensemble des circonscriptions dans cette région en 2015. Les conservateurs espèrent leur en soutirer une dizaine.

Actualités

Pesticides: «Nous avons failli à la tâche», selon Louis Robert

«Nous avons failli à la tâche.» Le constat que pose le sonneur d’alerte Louis Robert est brutal : si l’agriculture actuelle peine tant à réduire sa dépendance aux pesticides et aux engrais, c’est parce que les mécanismes de surveillance de l’industrie étaient insuffisants ou ont mal fonctionné.

M. Robert est cet agronome du Ministère de l’Agriculture du Québec (MAPAQ) qui a dénoncé dans les médias, en 2018, les ingérences lourdes et répétées du privé dans la recherche scientifique menée au Centre de recherche sur les grains (CÉROM), pourtant principalement financé par le public. Une note ministérielle montrait que le MAPAQ était au courant du problème, mais M. Robert — un agronome de grande réputation — avait tout de même été congédié en janvier dernier. Il a toutefois été réintégré dans ses fonctions cet été, avec des excuses du premier ministre François Legault.

«On a beaucoup d’outils qui [permettraient] de se passer des pesticides», a dit M. Robert, vendredi midi, lors d’une conférence à l’Université Laval. Par exemple, a-t-il illustré, si on faisait du dépistage des insectes ravageurs avant d’appliquer des pesticides, on pourrait se passer de pesticides dans la plupart des cas. Une étude réalisée au CÉROM en 2014 et 2015 dans une cinquantaine de champs de maïs du Québec a trouvé que les ravageurs n’étaient suffisamment abondants pour causer des problèmes que dans 3,8 % des cas. Or jusqu’à tout récemment, 99 % des semences de maïs étaient traitées préventivement avec des néonicotinoïdes (un insecticide). C’est donc dire que la grande majorité de ces pesticides sont utilisées en pure perte, a plaidé M. Robert.

Or jusqu’aux années 90, le dépistage était beaucoup plus utilisé qu’aujourd’hui. Si cet «outil»-là (et d’autres) ne sont pas plus utilisés de nos jours, c’est parce que les autorités publiques n’ont pas joué leur rôle et ont laissé l’industrie prendre presque toute la place, estime l’agronome.

«D’une part, les conseillers de l’industrie sont plus présents sur le terrain que les conseillers qui ne sont pas liés à l’industrie. Et d’autre part, parmi les agronomes, il y a maintenant une majorité qui sont du privé alors qu’avant, c’était le contraire : il y avait plus d’agronomes du public. [... Alors] ça revient toujours à la présence d’agents de transfert technologique, les vulgarisateurs, sur le terrain avec les producteurs. Et même les représentants [des distributeurs de pesticides, NDLR] réclament ça maintenant, ils reconnaissent que ça a été un manque», indique M. Robert.

À son avis, la structure de gestion de groupes de recherche comme le CÉROM — et il en existe d’autres du même genre au Québec, bien qu’ils n’aient pas connu de scandale d’ingérence —, où le financement est largement public, mais la gestion, surtout privée, doit être revue. «Je parlais récemment à une chercheuse de l’Université Cornell [dans l’État de New York, NDLR], et elle n’en revenait pas que des compagnies au Québec siègent sur des comités d’élaboration des recommandations. Et elle m’a dit : tu peux chercher dans les 50 États, tu ne trouveras ça nulle part. Même aux États-Unis, paradis de la libre entreprise, il n’y a pas de compromis sur [la séparation des intérêts public et privé, NDLR]. Les gens du privé font leur affaire, et les gens du public font la leur», dit l’agronome.

Rappelons que M. Robert a été invité à témoigner devant la commission parlementaire sur les pesticides, la santé publique et l’environnement, qui aura lieu la semaine prochaine.

Élections 2019

Les électeurs se souviendront-ils des «blackfaces» de Trudeau le 21 octobre?

OTTAWA — La campagne libérale a pris un virage inattendu au jour 8, mercredi soir, lorsque des médias ont commencé à publier, après vérifications, des images de Justin Trudeau le visage grimé en brun ou en noir. Il est toutefois très difficile de prévoir ce qui restera de cette affaire dans l'esprit des électeurs le 21 octobre - dans un mois.

Il est encore bien tôt

Un mois, en politique, c'est long, comme le veut l'adage. Au début de la semaine, les médias parlaient essentiellement de ce que les libéraux et les conservateurs voulaient faire pour alléger le fardeau fiscal des familles. On parle maintenant de M. Trudeau qui doit s'excuser pour s'être peint le visage en brun ou en noir, plus d'une fois, dans un passé pas si lointain, alors que le premier ministre canadien était jusqu'ici généralement salué dans le monde entier comme le contrepoint progressiste de Donald Trump. (Le président américain n'a d'ailleurs pas manqué de «s'étonner», vendredi, des errances de son voisin.) Mais les électeurs ne sont peut-être pas au bout de leurs surprises.

Les coups de théâtre

D'autres photos ou vidéos de M. Trudeau en blackface pourraient bien surgir. Lorsque les journalistes lui ont demandé mercredi soir s'il l'avait déjà fait plus d'une fois, le chef libéral a dû admettre qu'il s'était grimé le visage en noir, au collège Brébeuf, pour chanter du Harry Belafonte lors d'un spectacle étudiant. Or, le lendemain matin, Global News publiait un nouveau blackface. Selon le chef libéral, il s'agissait d'une journée costumée, dans les années 1990, lorsqu'il était moniteur de rafting sur la rivière Rouge, au Québec. M. Trudeau a soutenu qu'il ne s'était souvenu de cette affaire qu'après sa publication, c'est pourquoi il n'exclut pas la possibilité qu'il y ait d'autres images semblables quelque part dans les archives.

Mea culpa, mea maxima culpa

Même s'il ne devait plus y avoir d'incidents de blackface, il est peu probable que le chef libéral arrête d'en parler - et de s'en excuser - pendant un moment. En plus des excuses publiques présentées au cours des derniers jours, M. Trudeau s'est également entretenu en privé avec des candidats, des leaders de communautés culturelles, son équipe de campagne et d'autres personnes qui auraient pu être blessées ou déçues de ses gestes passés. Le chef libéral a également indiqué vendredi qu'il aimerait s'entretenir avec le chef néo-démocrate. Jagmeet Singh, un sikh qui porte le turban, est le premier membre d'une minorité visible à la tête d'un grand parti politique fédéral canadien. «Je crois qu'il s'excusera à compter de maintenant et jusqu'au 21 octobre à chaque fois que la question sera soulevée - et peut-être encore au-delà», estime Jim Armour, qui a été membre du personnel politique conservateur et qui est maintenant vice-président de la firme Summa Strategies.

D'hier à aujourd'hui

La côte de la Montagne en 1896

Un grand prix cycliste sur la côte de la Montagne, le 1er juillet 1896. La course fait partie de la 14e convention annuelle de la «Canadian Wheelmen’s Association», qui dure une semaine. Le programme de l’événement comprend notamment un grand concert de musique classique et des feux d’artifice. Pour l’occasion, les gens ont mis leurs habits du dimanche. À l’imprimerie Darveau, les employés ont interrompu le travail, pour observer les cyclistes. La côte est alors un lien essentiel entre les entrepôts de la Basse-Ville et les marchands de la Haute-Ville. Jusqu’en 1866, elle portait d’ailleurs le nom de «côte de la Basse-Ville». À la fin des années 1890, on y trouve aussi plusieurs hôtels, qui répondent au besoin d’un tourisme en plein essor. Mais oublions un instant le passé. Cent vingt-trois ans plus tard, le 13 septembre 2019, les cyclistes étaient de retour! Et encore une fois, l’ascension de la côte n’avait rien d’une sinécure

Actualités

La côte Louis-Fréchette à Lévis fermée pour sept semaines

La Ville de Lévis se voit dans l’obligation de prolonger la période de fermeture de la côte Louis-Fréchette, dans le secteur de la Traverse. La complexité des travaux à réaliser est la principale cause.

La côte Louis-Fréchette sera fermée à la circulation automobile dans les deux directions pendant sept semaines dès le 24 septembre. La Ville procèdera au réaménagement de la côte. 

Les automobilistes pourront emprunter un détour par la rue Saint-Omer, à l’est. 

Pour des raisons de sécurité, la circulation piétonne et cycliste ne sera pas permise pour toute la durée des travaux. Les piétons pourront utiliser le sentier aménagé dans la côte des Bûches ou l’escalier rouge, alors que les cyclistes doivent suivre le détour par la rue Saint-Omer, comme les automobilistes. 

Sur la rue Saint-Laurent, la circulation se fera en alternance pendant toute la durée des travaux, une seule voie sera ouverte. 

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Élections 2019

Discours en 2005 sur le mariage gai : toujours pas d'excuses de Scheer

SAINT-JEAN, N.-B. — Au moment où son rival libéral multiplie les actes de contrition pour se faire pardonner les «blackfaces» de son passé, le chef conservateur refuse de s'excuser pour un discours passé que la communauté LGBTQ juge offensant.

Pour la deuxième journée consécutive, Andrew Scheer a préféré contourner la question lorsqu'on lui a demandé pourquoi il ne s'était toujours pas excusé pour un discours fait en chambre en 2005.

Dans ce discours, tenu pendant le débat sur le projet de loi autorisant le mariage des conjoints de même sexe, M. Scheer, alors simple député, âgé de 25 ans, a offert une série d'arguments. Parmi ceux-ci, il a déclaré que de demander combien de pattes auraient un chien si on comptait sa queue comme une patte ne fait pas de sa queue une patte. Il en a alors conclu que d'adopter le projet de loi serait comme forcer les Canadiens à appeler une queue une patte.

Vendredi matin, à son premier arrêt de campagne de la journée, M. Scheer n'a pas offert d'excuses. Il s'en est tenu à dire qu'il avait déjà réagi à cette affaire.

Il y a un mois, les libéraux ont déterré la vidéo du discours aux Communes de M. Scheer pour l'embarrasser. Vendredi matin, le chef conservateur disait que le sujet du jour était plutôt les excuses de Justin Trudeau.

Par ailleurs, M. Scheer a promis de dépenser 1,5 milliard $ dans un premier mandat conservateur pour mieux équiper les hôpitaux des provinces en appareils d'imagerie par résonnance magnétique (IRM) et d'appareils de tomodensitométrie (TDM).

Santé

Des organismes de santé publique réclament plus de restrictions au vapotage

OTTAWA — Huit organismes qui luttent pour la santé des Canadiens demandent au gouvernement fédéral d'adopter d'ici la fin de l'année des mesures urgentes pour traiter le vapotage comme le tabagisme.

Ces organisations demandent l'adoption rapide d'un décret provisoire pour mettre un terme au marketing des produits de vapotage, limiter les arômes disponibles et règlementer la teneur en nicotine.

La coalition soutient qu'étant donné les délais encourus habituellement pendant et après un scrutin, «la seule façon de mettre en place des mesures de protection pendant l'année en cours est de prendre un arrêté d'urgence en vertu de la Loi sur le ministère de la Santé». Ces groupes affirment que tout délai augmentera les risques pour les Canadiens et ils demandent aux partis fédéraux de s'engager à adopter un décret provisoire dans les 60 jours suivant la formation du prochain gouvernement.

Cette coalition comprend notamment l'Association médicale canadienne, la Société canadienne du cancer, l'Association pulmonaire du Canada, Coeur et AVC, la Coalition québécoise pour le contrôle du tabac et les Médecins pour un Canada sans fumée.

«Le vapotage chez les jeunes est devenu une crise de santé publique», a déclaré sans ombrage le président de l'Association médicale canadienne, le Dr Sandy Buchman.

Cet appel intervient au moment où l'on vient de signaler un cas de maladie grave liée au vapotage à London, en Ontario, et que des centaines de cas apparaissent aux États-Unis, qui ont fait sept morts.

«Même en faisant abstraction des récents rapports tragiques qui ont établi que des décès et des maladies respiratoires aigües ont été causés par le vapotage, il a été démontré que ces produits augmentent le risque de maladies cardiovasculaires, d'altération du développement cérébral chez les adolescents et d'issues défavorables de la grossesse», a rappelé Cynthia Callard, directrice générale de Médecins pour un Canada sans fumée.

Santé Canada a publié jeudi après-midi un rappel priant les Canadiens utilisant des produits de vapotage «de surveiller l'apparition chez eux de symptômes de maladie pulmonaire et de consulter un médecin sans tarder s'ils ont des préoccupations relatives à leur santé».

L'Agence de la santé publique du Canada et Santé Canada disent être au courant du rapport du Bureau de santé de Middlesex-London. Les deux agences mentionnent qu'elles ont «fourni aux provinces et aux territoires des directives nationales sur l'identification des cas possibles de maladie pulmonaire grave liée au vapotage ou à l'utilisation de la cigarette électronique au pays».

Un sondage réalisé pour Santé Canada, publié cette année, a révélé qu'un élève du secondaire sur cinq déclarait utiliser des produits de vapotage; chez les jeunes de 13 et 14 ans, ce taux était d'un sur sept.

«Cette crise est le résultat d'une règlementation inadéquate et d'un marketing irresponsable, estime Flory Doucas, codirectrice de la Coalition québécoise pour le contrôle du tabac. L'assouplissement des règles par le gouvernement l'an dernier a permis aux fabricants de tabac et de nicotine d'inonder le marché de ces appareils accessibles aux jeunes en les rendant attrayants, savoureux et bon marché, et en les promouvant dans les médias sociaux, à la télévision et par d'autres moyens qui rejoignent les jeunes.»

Justice et faits divers

La loi pour forcer le retour au travail des juristes de l'État est inconstitutionnelle

MONTRÉAL — La loi spéciale qui avait été adoptée par le gouvernement québécois en 2017 pour forcer le retour au travail des avocats et notaires de l'État en grève depuis des mois est déclarée inconstitutionnelle.

Car cette loi porte atteinte à la liberté d'association des juristes, un droit protégé à la fois par la Charte canadienne et par la Charte québécoise, a tranché la juge Johanne Brodeur de la Cour supérieure, dans sa décision signée mercredi.

En plus de déclarer la loi inconstitutionnelle, la juge précise qu'elle est «sans effet depuis son adoption» et que son invalidité est rétroactive. Elle n'accorde toutefois pas de dommages financiers aux juristes.

Les quelque 1150 juristes de l'État avaient déclenché une grève en octobre 2016, après de longs mois de négociations infructueuses.

Cette grève a été le plus long conflit de travail de la fonction publique dans l'histoire du Canada, note la juge.

Mais le 27 février 2017, le gouvernement libéral de l'époque a adopté une loi concernant les avocats et juristes de l'État québécois, forçant leur retour au travail, leur interdisant de faire la grève pendant trois ans et prévoyant un mécanisme pour la poursuite des négociations. À défaut d'entente, leurs conditions de travail seraient imposées.

«Cette loi constitue la réponse gouvernementale à des préoccupations urgentes et réelles. Elle force le retour au travail des juristes de l'État, ce qui permet la réalisation de son objectif: assurer la continuité des services», rappelle la juge. Elle note que le gouvernement avait fait valoir qu'en raison de la grève, bon nombre de projets de loi étaient retardés, et de nombreuses causes ont été remises.

La magistrate considère que cette loi de 2017 porte «grandement» atteinte aux droits des juristes. Le droit de grève bénéficie d'une protection constitutionnelle, rappelle la juge Brodeur, car il est essentiel au processus de négociation. Et ici, le gouvernement leur a complètement retiré cette possibilité. De plus, elle est d'avis que le processus de négociation prévu par la loi n'est pas un mécanisme de règlement des différends véritable et efficace: il y a trop de lacunes.

«Les effets bénéfiques de la mesure (loi de 2017) sont réels, mais les effets préjudiciables les outrepassent», écrit-elle dans sa décision de 59 pages.

«Le Tribunal insiste sur le fait qu'il appartient au législateur de déterminer quand et comment il doit intervenir dans un conflit de travail. Le Tribunal fait également preuve de déférence et reconnaît qu'il appartient au législateur d'évaluer le contexte social et l'intérêt public. Les Chartes canadienne et québécoise ne privent pas l'État de son pouvoir législatif, mais le balisent», explique-t-elle.

«Une loi de retour au travail peut et doit respecter les Chartes», souligne la magistrate qui juge que ce n'est pas le cas ici.

Le syndicat des juristes, LANEQ (Les Avocats et notaires de l'État québécois), avait deux revendications principales dans le cadre des négociations: la reconnaissance de l'indépendance de ses membres, de leur statut professionnel, ainsi que la parité avec les procureurs aux poursuites criminelles et pénales. Il avait proposé un mécanisme d'arbitrage qui lierait les parties et était prêt à laisser tomber son droit de grève en contrepartie, mais le gouvernement avait refusé. Ce dernier affirmait qu'il ne pouvait laisser une tierce partie décider d'une question aussi importante, qui implique aussi des déboursés gouvernementaux.

Le président de LANEQ, Marc Dion, est satisfait du jugement. La juge a retenu les arguments du syndicat, dit-il.

Il voit dans cette décision une invitation à l'État de revoir ses façons de faire.

«La juge Brodeur mentionne que cette longue grève-là a été dure pour le respect de la primauté du droit et des services rendus aux citoyens», a déclaré Me Dion en entrevue.

Pour lui, il est temps de revoir le régime de négociation avec la création d'un comité de rémunération qui ferait ses recommandations à l'Assemblée nationale, comme c'est le cas pour les procureurs de la Couronne.

Me Dion a ajouté que des discussions sont en cours à ce sujet avec le gouvernement caquiste.