Stéphane Le Bouyonnec

«La vérité a ses droits», clame Le Bouyonnec

«La vérité a ses droits», clame Stéphane Le Bouyonnec, qui a démissionné plus tôt cette semaine de son poste de président de la Coalition avenir Québec (CAQ) et s’est retiré de la course électorale dans la circonscription de La Prairie.

S’il soutient le chef François Legault «à 100 %», M. Le Bouyonnec en aurait contre les «comm’» du parti et certains conseillers du chef François Legault, selon des confidences recueillies par Le Soleil.

C’est que, contrairement à ce qu’il souhaitait, il n’a pas été autorisé à s’expliquer sur la place publique — outre lors d’entrevues accordées à chaud aux animateurs et intervieweurs Paul Arcand, Mario Dumont et Éric Duhaime lorsqu’a éclaté en juin cette histoire sur le fait qu’il présidait le conseil d’administration d’une entreprise faisant du «prêt sur salaire» en Ontario; à un taux d’intérêt équivalent à 90 % sur une base annuelle.

Après ces entrevues, il a été contraint au silence sur la place publique. Il n’a pas pu s’expliquer non plus à l’interne, dans les cercles caquistes, par l’envoi d’un message explicatif, alors qu’il souhaitait le faire — toujours selon des informations du Soleil.

Un interlocuteur étaye notamment cette affirmation par une question : «Demandez-vous pourquoi personne au parti n’a relayé sur les réseaux sociaux un article de La Presse qui remettait des points sur les “i”» dans cette histoire, une pratique de diffusion de base lorsqu’une formation politique veut défendre un point de vue, ou quelqu’un en l’occurrence.

M. Le Bouyonnec lui-même a dû s’abstenir de relayer cet article sur les réseaux sociaux.

En fait, un haut dirigeant de l’organisation caquiste l’a rediffusé, mais il s’est rapidement fait prier de le faire disparaître.

La CAQ voulait voir ce dossier sortir le plus rapidement possible de l’actualité et elle a estimé que toute tentative d’explication de la part de son président était vaine et que tout soutien du parti nuirait à la formation.

Voilà pourquoi M. Le Bouyonnec, ayant le sentiment de n’avoir pu s’expliquer, estimerait avoir été lâché.

Rétablir sa réputation

Dans un article publié le 19 juillet dans La Presse+, l’ex-pdg de SNC-Lavalin, Jacques Lamarre, faisait valoir que l’entreprise dont Stéphane Le Bouyonnec présidait le conseil d’administration permettait à des gens d’avoir accès à des prêts rapides pour de petits montants et qu’elle «pouvait le faire de façon plus efficace que n’importe qui et de manière plus respectueuse que n’importe qui». M. Lamarre estimait que M. Le Bouyonnec avait été injustement traité.

Joint par Le Soleil, jeudi, Stéphane Le Bouyonnec a refusé de dire quoi que ce soit sur ces informations voulant qu’il n’ait pu s’expliquer comme il le souhaitait au cours des dernières semaines.

«La vérité a ses droits, mais je ne veux pas être une distraction», a-t-il fait valoir.

«Je rétablirai ma réputation attaquée injustement après la campagne. Je ne ferai pas d’autres commentaires qui pourraient nuire à mon parti.»

«Je supporte François Legault à 100 % et souhaite ardemment sa victoire. La décision de quitter pour le bien de l’équipe est la mienne et en aucun temps, directement ou indirectement, il ne m’a incité à partir.»

En juin, le Bureau d’enquête du Journal de Montréal écrivait que M. Le Bouyonnec présidait le conseil d’administration d’une entreprise canadienne de prêts privés s’élevant à 90 % sur une base annuelle. Cette pratique est interdite au Québec, mais permise ailleurs au Canada.

Par la suite, des observateurs ont pu remarquer que le président du parti ne participait plus aux annonces de candidatures. Et que le chef François Legault évitait de se faire photographier en sa compagnie.

À retenir, donc : M. Le Bouyonnec promet de s’expliquer après la campagne électorale.