La candidate de la CAQ dans Champlain, Sonia LeBel

La protection de la jeunesse, une priorité pour Sonia LeBel

TROIS-RIVIÈRES — La protection des enfants est un enjeu prioritaire pour la Mauricie, estime Sonia LeBel. La candidate de la Coalition avenir Québec (CAQ) dans la circonscription de Champlain dénonce que l’enquête de la Commission des droits de la personne sur les pratiques de la DPJ en Mauricie-Centre-du-Québec, déclenchée à la suite de deux cas graves de négligence, n’ait toujours rien donné.

«À l’époque, la ministre responsable de la Protection de la jeunesse, Lucie Charlebois, s’était dite préoccupée par la situation et avait affirmé vouloir attendre le rapport avant d’agir. Ce rapport n’est finalement jamais venu. On se retrouve deux ans plus tard, sans rapport ni recommandations pour régler le problème», affirme l’ancienne procureure de la Couronne et procureure en chef de la Commission Charbonneau.

Cette enquête de la Commission des droits de la personne sur les pratiques de la DPJ en Mauricie-Centre-du-Québec avait été déclenchée en janvier 2017 après que deux juges de la Cour du Québec aient formulé de sévères critiques à l’endroit de l’organisme responsable de la protection de la jeunesse.

Le juge Bruno Langelier avait démontré du laxisme en expliquant dans un jugement qu’il n’avait eu d’autre choix que de remettre un jeune à ses parents biologiques même s’il ne savait pas s’ils étaient aptes à s’en occuper adéquatement. Des délais administratifs des services sociaux avaient retardé une réévaluation du cas qui doit être menée selon la loi dans un délai de 60 jours après la fin d’un placement. Or, il s’était écoulé 250 jours et le placement en famille d’accueil ne respectait plus la loi, avait déterminé le juge.

En 2016, la juge Marie-Josée Ménard avait aussi soulevé d’importantes questions lorsqu’elle avait relaté le cas de deux frères qui avaient été «abandonnés» dans une famille d’accueil «toxique». Ces deux cas de négligence à l’origine de l’enquête, qui avaient largement été médiatisés en 2017, ont été cités par Sonia LeBel pour appuyer son propos.

«La protection des enfants est un enjeu majeur pour tout le monde», estime-t-elle. «On a beaucoup de lourdeur administrative. Ce qu’il faut, c’est de faire preuve de leadership et de s’asseoir avec les intervenants de la DPJ. Pourquoi on attend encore après un rapport, alors que la Commission des droits de la personne a aussi des problèmes? [...] On connaît les solutions et il faut faire confiance aux gens sur le terrain.»

Une enquête toujours en cours
Le Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux de la Mauricie et du Centre-du-Québec(CIUSSS MCQ) confirmait toutefois dimanche que l’enquête de la Commission des droits de la personne n’est pas encore terminée. «Nous devons recevoir dans les prochaines semaines la visite de la personne responsable de l’enquête. Elle vient notamment visiter nos installations», précise Geneviève Jauron, porte-parole du CIUSSS MCQ. «Nous n’avons toutefois pas attendu la fin de l’enquête pour revoir nos façons de faire et les améliorer.»

La candidate caquiste a choisi l’enjeu de la protection de la jeunesse à l’occasion de l’ouverture de son bureau de campagne sur le boulevard Thibeau à Trois-Rivières, car il s’agit d’une question qui l’a toujours préoccupée lorsqu’elle était procureure de la Couronne.

«C’était proche de ma réalité comme procureur et c’était proche d’une des raisons pour laquelle je me suis impliqué en justice; c’est-à-dire améliorer l’accès à la justice et la protection des enfants et des victimes», affirme-t-elle. «Il y a un manque de ressources, une lourdeur administrative. Et ça prend du soutien psychologique pour les intervenants sur le terrain.»

Depuis l’annonce de sa candidature au printemps dernier, Sonia LeBel s’est familiarisée avec les préoccupations d’électeurs, d’élus et d’entrepreneurs de Champlain. Elle soutient qu’une des priorités qui revient régulièrement, bien qu’il y a des différences entre les milieux ruraux et urbains, est l’accès au réseau cellulaire et à Internet haute vitesse.

«C’est important pour les familles, pour les villages et les entreprises. Ça permet aussi d’attirer de nouvelles entreprises. Il s’agit de la priorité qui ressort le plus et la pierre d’assise pour bâtir tout le reste», soutient la candidate de la CAQ dans Champlain.

La CAQ se défend d’être contre l’éolien

Sonia LeBel a répondu aux critiques formulées à son endroit par le ministre sortant de l’Énergie et des Ressources naturelles Pierre Moreau, qui l’accuse de «parler à travers son chapeau» lorsqu’elle aborde le secteur de l’éolien. 

«Il ne s’agit pas ici de débattre du dossier de l’éolien de façon générale, mais bien de questionner la rentabilité d’un projet particulier. La rentabilité [du projet Apuiat] a été questionnée par Éric Martel, le président d’Hydro-Québec lui-même», a répondu la candidate de la CAQ dans Champlain. 

«La CAQ n’est pas contre l’éolien en général, au contraire, mais ce que M. Legault questionnait c’est la rentabilité du projet et sa nécessité, alors que nous sommes en surplus chez Hydro-Québec.»

Rappelons que le projet Apuiat est évalué à 600 millions $ et qui procurerait jusqu’à 400 emplois aux Innus durant la construction. Lors de la première journée de la campagne électorale la semaine dernière, le premier ministre Philippe Couillard avait mentionné lors de son passage dans la région que cette position sur l’éolien nuirait à une entreprise comme Marmen. Établie au cœur de la circonscription de Champlain, cette entreprise fabrique des éoliennes et emploie près de 1000 personnes. 

«Il n’est pas question de mettre en péril les emplois des travailleurs de Marmen ou de tout autre travailleur ailleurs au Québec», a ajouté la candidate de la CAQ dans Champlain. «Marmen est un moteur économique important pour la Mauricie. [...] Par contre, il faut se souvenir que les 2 milliards $ que ça coûterait de surplus pour appuyer le projet de la Côte-Nord, c’est aussi les citoyens de Champlain qui vont le payer.»