La lutte bien lancée

La période de réchauffement est bien terminée, alors la véritable campagne électorale peut maintenant commencer.

La bataille s’annonce pour être une lutte à finir entre deux rivaux au cours des 39 prochains jours : le Parti libéral du Québec (PLQ), dirigé par Philippe Couillard, et la Coalition avenir Québec (CAQ), de François Legault, tous deux déterminés à prendre le pouvoir le 1er octobre.

Au moment de lancer officiellement la campagne électorale, jeudi, le chef libéral et premier ministre sortant a mis en garde la population contre «l’instabilité» que causerait l’élection d’un gouvernement caquiste.

Dans son discours de lancement de campagne jeudi, à Québec, le premier ministre sortant a dit que les Québécois avaient le choix entre la «stabilité et l’instabilité».

En matinée jeudi, Philippe Couillard s'est présenté au domicile du lieutement-gouverneur Michel Doyon pour signer les documents officiels qui lancent la campagne électorale.

À ses yeux, «l’enjeu est simple : soit nous récoltons les fruits des efforts passés, soit nous compromettons des années de travail», a déclaré durant la conférence de presse M. Couillard, faisant ainsi référence aux compressions pour arriver à l’équilibre budgétaire en début de mandat, ainsi qu’aux nombreuses annonces des libéraux prises à même les surplus.

Il a affirmé que la CAQ, qui serait en tête selon les sondages, a déjà un «long catalogue de gens à affronter» et de chicanes, avec les régions, les Premières Nations, les médecins spécialistes et la fonction publique.

«Si on veut replonger le Québec dans l’affrontement, je n’appelle pas ça de la stabilité et c’est ce que je vois dans les intentions politiques de ce parti», a-t-il déclaré.

De même, il a douté de l’engagement réellement fédéraliste du chef caquiste François Legault, qui était autrefois ministre du Parti québécois.

«Je me pose toujours de sérieuses questions concernant le véritable engagement de M. Legault envers notre pays. Il ne dit jamais qu’il aime le pays. [Il dit qu’il] est à l’aise avec le Canada. Ce n’est pas assez pour moi. Je suis à la fois un fier Québécois et un très fier Canadien.»

«Fierté et confiance»

Au sortir de sa rencontre avec le lieutenant-gouverneur Michel Doyon, qui a signé les décrets pour dissoudre l’Assemblée nationale et déclencher les élections, il a fait valoir le bilan de son gouvernement.

Il a alors déclaré qu’il amorce la campagne avec un esprit de «fierté et confiance».

«Fierté parce qu’on a vraiment accompli un redressement et une relance au Québec qu’on n’a pas vus depuis longtemps. Confiance envers le Québec et les Québécois. Optimisme pour le Québec également et confiance pour notre campagne.»

Il a finalement indiqué qu’il sera de «bonne humeur» pendant ce marathon électoral de 39 jours.

La caravane de M. Couillard avait comme première destination la Mauricie, une région convoitée notamment par la CAQ. Le chef libéral a pris part à un rassemblement à Sainte-Angèle-de-Prémont en soirée.

Expulsion

Un membre de La Meute qui se trouvait sur les lieux avant son arrivée a été expulsé par les forces de l’ordre.

Clairement identifié par son blouson, celui qui se faisait appeler «Ti-Rouge» voulait remettre le manifeste du groupe identitaire au chef libéral, mais il a été reconduit vers la sortie.

Interrogé par les journalistes, il a dit qu’il souhaitait simplement remettre le manifeste à M. Couillard, sans lui parler. Il n’a pas voulu dire s’il était d’accord ou non avec les positions du gouvernement.

Un groupe de travailleurs en lock-out de l’aluminerie ABI de Bécancour manifestait également.

Ces travailleurs réclament un geste du premier ministre auprès de l’entreprise pour mettre fin au conflit de travail qui dure depuis sept mois. Le porte-parole du syndicat des Métallos a dit que le lock-out avait coûté 135 millions $ en manque à gagner à Hydro-Québec jusqu’à maintenant.