André Bachand

D'anciens élus veulent reprendre du service

Plusieurs anciens élus qui ont quitté la politique par choix ou en raison d’une défaite ont décidé de reprendre du service pour les prochaines élections, parce qu’ils n’ont manifestement pas perdu leur passion pour le métier, aussi exigeant soit-il.

«La politique, c’est un bon virus qu’on a en dedans de soi. Une fois qu’on y a touché, on ne peut pas s’en départir vraiment», explique le candidat de la Coalition avenir Québec (CAQ), André Bachand.

M. Bachand a été député fédéral de 1997 à 2004, mais il a toujours gardé un lien avec la politique: il a notamment été responsable du Bureau du Québec à Ottawa de 2004 à 2008, et conseiller de l’ancien premier ministre Stephen Harper de 2011 à 2013.

Il dit avoir pris un an pour bien songer à l’idée de revenir en politique. Interpellé par les idées de la CAQ, M. Bachand a finalement décidé de retourner dans l’arène, jugeant que ses concitoyens pourraient bénéficier de son expérience acquise au fédéral et sur la scène internationale — il a aussi été représentant du Québec à l’UNESCO.

«J’ai 56 ans, si je peux y apporter des outils supplémentaires dans le coffre à outils du comté de Richmond, pour améliorer le bien-être des gens, eh bien, pourquoi pas?» a-t-il souligné.

La candidate libérale Marie-France Trudel sentait elle aussi qu’elle avait encore des choses à accomplir en politique, quelques mois après avoir perdu son siège de conseillère municipale à la Ville de Québec aux dernières élections municipales.

«J’aime ça, la politique», a-t-elle confié, avec un sourire dans la voix. «Avec du recul, je me rends compte que j’ai gravi les échelons, un à un, pour arriver à ce palier de gouvernement là. J’ai fait mes classes», a-t-elle ajouté.

Mme Trudel, qui se présente dans la circonscription de Montmorency, a attrapé la piqûre de la politique avant de devenir conseillère municipale, lorsqu’elle était commissaire scolaire. «J’ai ce besoin-là, de servir une cause.»

Daniel Goyer, ancien député péquiste de la circonscription de Deux-Montagnes de 2012 à 2014, après avoir été longtemps conseiller municipal de la ville de Saint-Eustache, il a repris le bâton du pèlerin à l’âge de 64 ans.

«Être député un an et demi de temps, représenter les citoyens à l’Assemblée nationale, je me pinçais quand je rentrais au Parlement et je m’asseyais à mon pupitre», a-t-il raconté. «C’est tellement fantastique, de se dire qu’on travaille pour la communauté.»

«Un défi extraordinaire»

Les difficultés du milieu politique ne semblent pas effrayer ces politiciens aguerris, même s’ils reconnaissent que le métier a son lot de défis.

«Si t’as la passion des gens, si t’aimes travailler en équipe, eh bien la politique, malgré tous ses risques, reste un défi absolument extraordinaire», a résumé André Bachand.

«C’est sûr que quand tu te fais dire que t’es aussi populaire qu’un vendeur d’autos usagées, tu te poses des questions, a nuancé Daniel Goyer. J’aurais pu rester chez moi. J’ai 64 ans. Mais je veux y aller pour la cause, parce que je veux servir.»

De son côté, M. Bachand laisse entendre qu’il pourrait difficilement choisir une autre carrière que la politique.

«Travailler avec les gens, pour moi, ça a toujours été important», a-t-il soutenu.

«Si je savais clouer un clou comme il le faut, je serais peut-être un bon menuisier, mais malheureusement je n’ai pas ce talent manuel là. Et je ne sais pas chanter!» a-t-il ajouté en riant.