Gertrude Bourdon a participé à un débat sur la santé mercredi à Montréal.

Chirurgies au privé: Bourdon contredit Barrette

Celle qui dirigerait le ministère de la Santé dans un gouvernement libéral réélu, Gertrude Bourdon, n’est «pas du tout» d’accord qu’on fasse au privé des chirurgies payées par le public. Une position qui va à l’encontre de celle exprimée pas plus tard que la semaine dernière par Gaétan Barrette, qui nous disait par la voie de son attachée de presse qu’il n’excluait pas d’étendre à Québec le projet-pilote de chirurgies au privé.

Gertrude Bourdon participait jeudi matin à un débat en santé organisé sur les ondes du 98,5 FM. Lorsque l’animateur Paul Arcand lui a demandé si elle était prête à «ouvrir au privé [pour qu’il reçoive] des patients du public, dont l’opération est payée par le public», celle qui dirigeait jusqu’à tout récemment le CHU de Québec a répondu du tac au tac : «Pas du tout.»

«On forme nos professionnels dans le public, et là, on leur dit : allez travailler au privé, vous allez pouvoir choisir vos patients. Quand on a un système public, c’est pour répondre aux besoins complets des patients. On ne sélectionne pas nos patients. […] Quand on a un système public, c’est un système équitable», a plaidé Mme Bourdon.

Lorsque Paul Arcand lui a rappelé la mise en place par le ministre Barrette du projet-pilote de chirurgies au privé, qui permet à des patients d’être opérés gratuitement dans trois cliniques privées de Montréal et des environs, Gertrude Bourdon a répondu que c’était seulement «dans un esprit de réduire les listes d’attente», que ce n’était pas «une vision globale d’hospitalisation». «On [le gouvernement] paie aussi des échographies au privé. Ça, ça s’appelle de l’accès», a-t-elle dit.

Fin août, alors qu’il était invité par Le Soleil à réagir à la proposition de la CAQ d’étendre à la capitale et à d’autres régions de l’Est-du-Québec le projet-pilote de chirurgie au privé, Gaétan Barrette s’était dit «favorable à toutes les mesures qui permettent de diminuer les listes d’attente en chirurgie».

«Ceci dit, nous sommes actuellement dans un projet pilote afin de tester les effets de cette façon de faire et de déterminer les coûts par parcours de soins pour certains types de chirurgie. Nous allons commencer par terminer le projet-pilote et mesurer les avantages avant de nous engager à l’étendre», avait ajouté son attachée de presse, Catherine W. Audet, dans une déclaration écrite.

Après la parution de notre article, jeudi, l’attachée de presse de Gertrude Bourdon, Anne-Marie Dussault, a tenu à apporter certaines précisions. Elle souligne que Mme Bourdon a dit que le projet-pilote, «c’est pour diminuer les listes d’attente, pas pour étendre partout». «On n’a jamais annoncé qu’on voulait l’étendre partout. On a dit qu’on commencerait par voir les résultats du projet-pilote. C’est la position du gouvernement depuis toujours», mentionne Mme Dussault, ajoutant que Mme Bourdon «croit en un réseau public fort».