Pour plusieurs syndicats, Gaétan Barrette est discrédité, pour d’autres, il doit avoir sa chance.

Barrette au Trésor: les syndicats laissent la chance à l'éventuel coureur

Si le gouvernement sortant est réélu et que le ministre Gaétan Barrette passe de la Santé au Conseil du trésor, comme Philippe Couillard et lui le veulent, il trouvera des syndicats de la fonction publique et parapublique plutôt bien disposés à son égard; des organisations prêtes à laisser sa chance au coureur.

Cette attitude n’est pas partagée à tous les échelons des appareils syndicaux. Pour plusieurs, Gaétan Barrette est discrédité, point final. Eux notent qu’il a donné «plus aux médecins québécois que ce que gagnent leurs homologues ontariens, alors que c’est l’inverse pour les infirmières».

Rompues, elles, aux négociations et aux rapports de forces, la direction du Syndicat de professionnelles et professionnels du gouvernement du Québec (SPGQ) et celle du Syndicat de la fonction publique et parapublique du Québec (SFPQ) croient pour leur part que M. Barrette pourrait être un bon interlocuteur — entendre : un interlocuteur «qui veut et peut régler» des dossiers avec les organisations syndicales —, compte tenu de son poids politique.

«Le Conseil du trésor est en soi une institution programmée pour en donner le moins possible, établit Richard Perron, du Syndicat de professionnelles et professionnels du gouvernement du Québec. C’est un peu son rôle. Donc, ça prend quelqu’un capable de donner une impulsion politique pour imposer une volonté de règlement et donner les mandats adéquats.»

«Nous, ce qu’on souhaite, s’il devait arriver à la tête du Conseil du trésor, c’est qu’il donne ce genre d’impulsion.»

«Au-delà de la prochaine personne qui dirigera le Conseil du trésor, la volonté politique du gouvernement, du cabinet du premier ministre, d’en arriver à des règlements sera primordiale», poursuit M. Perron. C’est elle qui détermine le reste en général.

Le président du SPGQ relève toutefois que «M. Barrette a quand même un respect pour le caractère professionnel de certains corps d’emploi». Et qu’il «a pris le taureau par les cornes et est allé voir Martin Coiteux, lorsqu’il était au Conseil du Trésor, pour obtenir des règlements satisfaisants à la Fédération interprofessionnelle de la santé et à l’APTS [l’Alliance du personnel professionnel et technique dans la santé et les services sociaux], des règlements qui leur ont été tellement bénéfiques que des milliers de syndiqués» d’autres syndicats ont par la suite joint ces deux associations.

Le prochain titulaire du Trésor, quel qu’il soit, devra œuvrer à «valoriser l’expertise interne du gouvernement», insiste M. Perron.

«Plus de chair autour de l’os»

Au Syndicat de la fonction publique et parapublique du Québec, Christian Daigle n’est pas prêt lui non plus à dire, si tant est que M. Barrette arrivait effectivement à la tête du Trésor, qu’il s’ennuierait nécessairement des trois derniers titulaires du poste, soit Pierre Arcand, Pierre Moreau et Martin Coiteux.

Il déplore même n’avoir jamais eu la moindre rencontre officielle avec les ministres Arcand et Moreau. Donc, pourquoi pas Gaétan Barrette? laisse-t-il entendre.

Christian Daigle lance un message au prochain titulaire du Conseil du trésor, qui qu’il soit: dans l’appareil d’État, «on est en manque criant d’effectifs dans plusieurs corps d’emploi. Couper davantage, ce serait nuire aux services à la population. Il n’y a plus de chair autour de l’os».