Marc Bertrand, conseiller municipal de Lac-Beauport

Élargissement de Laurentienne: Lac-Beauport soulève des craintes

Les conseillers municipaux majoritaires à Lac-Beauport sont préoccupés par l'élargissement de l'autoroute Laurentienne. Ils craignent que le projet amène de plus en plus d'automobilistes de Sainte-Brigitte-de-Laval à passer par leur municipalité pour se rendre à Québec.
«Il y a déjà un débit de circulation au-delà de notre population, et de loin. Je vois ça venir dans deux ans, avec l'élargissement de Laurentienne, notre municipalité deviendra une voie de transit autoroutière!» illustre le conseiller Marc Bertrand en entrevue avec Le Soleil.
«Avec la troisième voie sur Laurentienne, il deviendra encore plus attrayant pour les gens de Sainte-Brigitte qui travaillent à Québec de passer chez nous plutôt que par Beauport», poursuit-il.
Traverse de Laval
Au centre du dossier, la Traverse de Laval, qui relie Lac-Beauport à Sainte-Brigitte-de-Laval. Une route régulièrement classée parmi les pires au Québec par les membres de CAA-Québec et qui a pris le neuvième rang cette année en raison de son pavage lourdement endommagé.
La mairesse de Sainte-Brigitte, Wanita Daniele, a accusé le conseil municipal de Lac-Beauport d'inaction dans le dossier de la réfection de cette route alors que la mairesse de Lac-Beauport, Louise Brunet, a pointé du doigt les cinq conseillers majoritaires, auxquels elle est opposée.
«Vous savez quoi? Depuis que je suis au conseil, je n'ai jamais entendu un seul citoyen de Lac-Beauport se plaindre au sujet de la Traverse de Laval. Et moi, je travaille pour les citoyens de Lac-Beauport», réplique Marc Bertrand.
«La Traverse n'est pas empruntée par beaucoup de gens de Lac-Beauport, mais plutôt par les résidents des nouveaux développements de Sainte-Brigitte-de-Laval comme raccourci pour se rendre au centre-ville de Québec. La pression [pour la réfection], elle vient de Sainte-Brigitte», poursuit le conseiller avant de renvoyer la balle à Mme Daniele.
«Et ces très gros développements réalisés à Sainte-Brigitte l'ont été alors que Wanita Daniele y était responsable du développement et de l'urbanisme avant d'être élue mairesse. Cette situation, c'est elle-même qui l'a créée, elle en est la principale architecte. Ou bien elle n'y avait pas réfléchi, ou bien elle a fait ça seulement pour les taxes et elle a créé ce problème de transport.»
Enthousiasme tiède
Cette situation problématique explique selon M. Bertrand l'enthousiasme tiède que lui et ses collègues manifestent à retaper rapidement la Traverse de Laval. «Je parle seulement en mon nom personnel, mais si ce n'était que de moi, on remettrait la Traverse sur gravier. Si le problème est la mauvaise qualité du pavage, on n'aurait qu'à retirer le pavage, non?»
De façon plus réaliste, Marc Bertrand rappelle que lui et ses collègues envisageaient refaire le pavage de la Traverse de Laval en 2019, alors que le ministère des Transports prévoit en payer la totalité des travaux, plutôt que cette année alors que le conseil aurait dû défrayer tous les coûts en plus de la moitié de ceux d'une piste cyclable.
«Nous avons tout de même voté une résolution demandant au ministère de devancer ces travaux en 2018, mais nous n'avons toujours pas reçu de réponse. J'en conviens que le pavage de la Traverse est dans un état pitoyable, mais c'est pour l'instant la seule chose qui fait que la limite de vitesse de 50 km/h est respectée dans le secteur. Il faudrait un moyen d'y assurer la circulation à très basse vitesse», conclut Marc Bertrand.
Des excuses
Wanita Daniele a très mal digéré les critiques de Marc Bertrand, rappelant qu'un père de famille de 32 ans, Stacy Caron, était décédé sur la Traverse de Laval en octobre 2016. «Je ne sais pas si M. Bertrand s'en souvient, mais j'exige qu'il fasse des excuses à la famille de Stacy Caron», a-t-elle déclaré au Soleil.
La mairesse de Sainte-Brigitte trouve dommage que les élus de deux municipalités de la MRC de la Jacques-Cartier soient incapables de se parler entre eux. «Je crois que M. Bertrand est déconnecté un petit peu. Moi, je côtoie des résidents de Lac-Beauport qui m'ont souvent remis sur le nez le fait que la Traverse ne soit pas refaite. Les gens de Sainte-Brigitte-de-Laval ne sont pas des citoyens de deuxième classe et la pression sur le réseau routier ne vient pas que de chez nous. Le gros hôtel à Lac-Beauport, vous ne croyez pas qu'il apporte aussi son lot d'achalandage?» a conclu Mme Daniele.