Le clocher de l’église Saint-Sauveur a été érigé en 1892.

Église Saint-Sauveur: un troisième hiver au sol pour le clocher démonté

Le clocher de l’église Saint-Sauveur de Québec dépérira sur le parvis du lieu de culte, en pièces détachées, pour un troisième hiver.

Le gouvernement québécois, le diocèse, la mairie et la paroisse jonglent toujours avec la patate chaude sans qu’un des acteurs s’en saisisse définitivement. Donc : «Le clocher reste là pour l’hiver», commente brièvement la directrice des communications de l’Église catholique de Québec, Valérie Roberge-Dion.

La flèche érigée en 1892, qui trônait à quelque 61 mètres [200 pieds], sera soumise aux éléments le temps que son sort soit scellé. «Il n’y aura pas de développement au cours de l’hiver, possiblement au printemps. On ne sait pas trop exactement», note le curé Michel Drouin, responsable de quatre paroisses de la Basse-Ville.

Pourparlers

M. Drouin confirme cependant que des discussions se poursuivent en coulisse dans une ultime tentative de rescaper le clocher de l’église. Il faut dire que celle-ci fait partie des lieux de culte de la capitale «à valeur patrimoniale exceptionnelle», selon la Ville et le ministère de la Culture.

Les pourparlers ne seraient toutefois pas assez avancés pour une annonce publique. «Je n’ai pas de nouveau présentement. On est toujours au même stade. On n’a pas d’autres développements», commente Michel Drouin. «Je ne veux pas aller plus loin que ça aujourd’hui.»

Le prêtre ajoute qu’il a récemment été promu. «On est en négociation depuis trois ans. Moi, je viens juste de commencer à prendre ce dossier-là.»

Il souligne cependant qu’un élément crucial demeure au cœur des tractations : l’argent. «On est bien prêts à remonter le clocher, mais il faut qu’on ait les sous pour le remonter», observe-t-il. «Même si le Patrimoine en paie une partie, il faut que la paroisse en paye une partie. Et on réunit à peu près 100 personnes par semaine dans cette église-là. Alors à un moment donné, il faut… c’est ça. On n’en a pas d’argent. On se demande comment on va payer les factures pour l’opérationnel.»

Démolition?

L’annonce de la poursuite des discussions contraste néanmoins avec la position de paroissiens qui doutaient du sauvetage du clocher. Il y a un an, le président de la fabrique, Jacques Gauvin, soulignait au Soleil que les autorités étatiques et religieuses suggéraient d’installer une œuvre d’art en lieu et place. «On s’enligne vers ça.»

M. Gauvin faisait valoir que ce serait beaucoup moins dispendieux que la reconstruction de la flèche originelle. «L’évaluation qu’on a eue après le démantèlement, ça coûterait au-dessus de 1,5 million $, peut-être plus, pour réparer et remonter tel quel.»

Le clocher de l’église Saint-Sauveur a été démonté en trois parties durant l’automne 2017. Ces travaux avaient coûté environ 825 000 $.

Saint-Sauveur est la troisième paroisse francophone de Québec, après celle de la cathédrale Notre-Dame du Vieux-Québec et celle de Saint-Roch. La paroisse anglophone Saint-Patrick existe depuis la même période. Un premier lieu de culte a été bâti en 1856 sur le site de l’église Saint-Sauveur, mais il a brûlé en 1866. Dès l’année suivante, une nouvelle construction est apparue. Le clocher a été érigé en 1892.