Éducation

Un club collégial de eSports au Cégep de Sainte-Foy

Le Cégep de Sainte-Foy a lancé la semaine dernière son club de sports électroniques, ou eSports, disant répondre «à une forte demande formulée par des étudiants» dans les derniers mois.

Cette activité parascolaire, sous la responsabilité des Services à la vie étudiante, compte pour l’instant une vingtaine de joueurs qui participent à deux séances d’entraînement de trois heures par semaine, avec l’entraîneur Philippe Gauthier, en plus d’une heure de préparation physique et mentale.

«On s’est basé beaucoup sur nos équipes sportives dans leur encadrement des athlètes. On a regardé aussi comment les équipes professionnelles de eSports travaillaient et c’est un peu comme ça qu’on s’est inspiré pour développer tout l’encadrement autour nos joueurs-athlètes […]. Donc le préparateur mental est là pour veiller à ça, pour voir à la gestion du stress, la communication et toutes les relations interpersonnelles entre eux. Évidemment, la cyberdépendance c’est toujours quelque chose qu’on a à l’œil», explique André Gagnon qui chapeaute l’activité à l’établissement.

D’abord impliqué dans l’implantation du sport électronique dans les écoles secondaires, l’entraîneur a aidé à développer le club de eSports du Cégep de Sainte-Foy après qu’il a été  mis en contact avec M. Gagnon par un étudiant.

À l’automne dernier, une rencontre de préparation avait attiré une cinquantaine de curieux pour prendre de l’information sur l’organisation et la mise en place du club.

Ainsi, depuis le début de la session hivernale, deux équipes de League of Legends ont vu le jour et une équipe d’Overwatch pourrait suivre prochainement.

Bien qu’il n’y ait pas de critère d’admission au club, «on demande [aux étudiants], évidemment, de passer leurs cours parce que ça reste des étudiants quand même», ajoute M. Gagnon.

Faisant partie de la Ligue Cyber-Espoir du Québec (LCE), le Cégep de Sainte-Foy participera à des joutes les mardis et mercredis, en plus de prendre part à différents tournois dans les prochaines semaines.

Encore mal vu

Philippe Gauthier, qui a notamment remporté le LAN ETS, événement d’envergure nord-américaine se déroulant à Montréal, sur le jeu Heroes of the Storm, estime que la pratique des eSports est encore mal vue et qu’«il y a beaucoup de préjugés envers ce milieu-là». 

«De commencer à développer des structures et de montrer les bienfaits, les résultats et l’implication des jeunes, c’est une bonne chose. Il y a beaucoup de monde qui parle de la cyberdépendance […], mais si on ne fait pas d’encadrement et si on ne leur propose rien et qu’on les laisse tout seuls, il y a pas mal plus de chances qu’il y ait ce genre d’impacts que si on leur donne une structure», poursuit-il. Il considère que le Québec est en retard par rapport au reste du monde au niveau de cet aspect.

En ce qui concerne son implication avec le Cégep de Sainte-Foy, M. Gauthier vise d’abord et avant tout le développement «d’une bonne façon» avant la performance.

Implication du RSEQ?

En décembre dernier, Le Soleil révélait que le Réseau du sport étudiant du Québec (RSEQ) songeait à se lancer dans l’encadrement de compétitions interscolaires de sport électronique.

«Il y a un intérêt du Réseau à explorer la situation considérant qu’il y a des demandes qui sont faites par des établissements à savoir si le Réseau du sport étudiant pourrait prendre le relais», avait alors déclaré Gustave Roel, président-directeur général du RSEQ. 

Devant les demandes de nombreux établissements, une démarche de consultation auprès des partenaires scolaires du Réseau pour mesurer l’intérêt face à une implication du sport étudiant dans cette discipline avait été lancée.

Des résultats peu concluants avaient fait en sorte que le conseil d’administration a voulu étendre la consultation aux directions des écoles secondaires publiques et privées, ainsi qu’aux directeurs des services aux étudiants du collégial et des universités. Ce sont eux qui chapeautent le plus souvent les eSports, révélait le questionnaire initial.

Éducation

Grève illimitée des tuteurs de la TÉLUQ

En négociations depuis 17 mois, les tuteurs de l’Université TÉLUQ ont déclenché lundi soir une grève générale illimitée.

La session de plusieurs milliers d’étudiants qui suivent des cours en ligne pourrait être compromise par ce conflit. 

Alors que les négociations allaient bon train, le Syndicat des tuteurs et tutrices de la Télé-université–CSN explique que la direction a refusé vendredi dernier de garantir qu’elle n’allait plus recourir à la sous-traitance pour faire le travail de correction et d’accompagnement des étudiants, comme elle l’a fait par le passé. 

«C’est odieux de mettre ainsi au rancard des enseignantes et des enseignants hautement qualifiés, qui travaillent depuis des décennies dans cette institution. Nos membres sont déterminés à aller jusqu’au bout pour obtenir l’estime qu’ils méritent et préserver leur emploi», a commenté Nancy Turgeon, présidente du syndicat. 

Depuis quelques années, l’université en ligne cherche à changer ses façons de faire, en privilégiant l’accompagnement des étudiants par les professeurs, ce qui provoque une baisse du nombre de contrats pour les tuteurs. 

Dans un communiqué, la TÉLUQ a dit déplorer et prendre «très au sérieux» le déclenchement de cette grève. Selon la direction, environ le tiers de ses 20 000 étudiants seront touchés. 

L’Université dit prendre «les moyens appropriés» pour s’assurer que le cheminement des étudiants puisse se poursuivre durant la grève. 

Rappelons que le directeur général de la TÉLUQ Martin Noël a été relevé temporairement de ses fonctions l’été dernier par l’ex-ministre de l’Enseignement supérieur Hélène David. La ministre indiquait alors qu’une enquête avait relevé de «sérieuses anomalies» dans la gestion de contrats de l’université. 

L’université est depuis dirigée par André G. Roy de façon intérimaire. Au cabinet de l’actuel ministre de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur Jean-François Roberge, on indique qu’une décision quant à la direction de l’université devrait être prise dans un avenir rapproché.  

Éducation

Signes religieux des enseignants: les commissions scolaires refusent de comptabiliser

Les commissions scolaires se sont fermement opposées, lundi, à la tentative du gouvernement Legault d’obtenir le nombre d’enseignants qui porteraient actuellement des signes religieux à l’école.

Le gouvernement de la Coalition avenir Québec prépare son projet de loi sur la laïcité qui devrait interdire aux fonctionnaires en position d’autorité — y compris les enseignants — de porter au travail des signes religieux tels que le hijab, la kippa ou le turban. Vendredi dernier, au moins trois commissions scolaires de la région de Montréal ont été contactées par le gouvernement, qui voulait savoir si elles tenaient déjà des registres pouvant déterminer combien d’employés portaient actuellement des signes religieux à l’école.

La présidente de la plus importante commission scolaire du Québec s’est dite outrée par cette requête, faite au téléphone vendredi matin. «J’étais sidérée», a déclaré lundi Catherine Harel Bourdon, présidente de la Commission scolaire de Montréal (CSDM). «J’ai trouvé que c’était une demande aberrante parce qu’on ne peut pas faire du profilage de nos employés sur le fait qu’ils portent des signes religieux : ça va à l’encontre des droits et libertés.»

Mme Harel Bourdon a indiqué en entrevue que la CSDM avait répondu au gouvernement qu’elle ne colligeait pas de telles informations. «On ne veut pas entrer dans une chasse aux sorcières avec nos employés : on va respecter et protéger nos employés sur cette question-là», a-t-elle soutenu. La CSDM a d’ailleurs référé la question au contentieux de la Fédération des commissions scolaires.

Pas de «demande officielle»

Francis Bouchard, attaché de presse du ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, a insisté lundi sur le fait qu’aucune demande officielle de décompte n’avait été formulée. Il a précisé par courriel que certaines commissions scolaires avaient été contactées pour déterminer simplement si de tels chiffres existaient déjà dans le réseau.

«Il n’y a pas eu de demande officielle faite aux commissions scolaires à savoir combien de personnes travaillant dans le réseau de l’éducation portent des signes religieux, a-t-il soutenu lundi. Certains directeurs ont été contactés, dans le simple objectif de savoir s’ils détenaient déjà cette information. Aucun recensement n’a donc été demandé. Il s’agit d’un faux scandale créé de toutes pièces par les commissions scolaires.»

Le ministre de l’Immigration, de la Diversité et de l’Inclusion, Simon Jolin-Barrette, a expliqué en entrevue que pour préparer son projet de loi sur la laïcité, il avait demandé combien de personnes seraient touchées dans les différents corps d’emploi visés — juges, gardiens de prison, policiers, procureurs de la Couronne et enseignants. «Les commissions scolaires ont indiqué que l’information n’était pas disponible, et je prends acte de leur communication», a-t-il expliqué en entrevue lundi. «Cela étant dit, les commissions scolaires doivent collaborer avec le gouvernement du Québec.

«Il n’a jamais été question de faire de recensement : il s’agissait simplement de s’informer auprès des commissions scolaires, notamment, à savoir si elles avaient cette information-là, et me la transmettre» le cas échéant, a indiqué le ministre Jolin-Barrette, qui aurait transmis la même requête aux autres corps d’emploi visés, notamment à la Sûreté du Québec.

Un avis juridique

Les relations étaient déjà tendues entre les commissions scolaires et le nouveau gouvernement caquiste de François Legault, qui s’est engagé dans son programme à abolir cette structure en faveur de nouveaux «centres de services aux écoles».

Le président de la Fédération des commissions scolaires du Québec a déclaré lundi que les trois membres contactés par Québec vendredi avaient clairement l’impression que le gouvernement souhaitait obtenir un chiffre. Alain Fortier a alors conseillé aux commissions scolaires de ne pas répondre avant que la fédération n’obtienne un avis juridique à l’interne.

Il s’agit de déterminer si les commissions scolaires peuvent, sans s’exposer à des poursuites, colliger des informations personnelles et les partager sans le consentement des personnes concernées. Par ailleurs, M. Fortier soutient que le ministère aurait pu apprendre en un seul appel à la fédération que les commissions scolaires ne fourniraient pas ces informations.

Éducation

«Impact Campus» devient un magazine mensuel

«Impact Campus», le journal des étudiants de l’Université Laval, a décidé de se convertir au format magazine avec une parution mensuelle.

Dans les présentoirs chaque semaine depuis 1987, Impact Campus a donc laissé derrière lui le papier journal hebdomadaire pour devenir une publication mensuelle, dont le premier numéro est sorti le 23 janvier, avec un contenu bonifié, axé sur la réflexion et l’analyse. 

«C’est une occasion pour nous de s’adapter à la nouvelle réalité des médias numériques et du monde publicitaire, a expliqué son rédacteur en chef, Raphaël Lapierre. Nous pourrons ainsi beaucoup mieux remplir nos deux rôles, soit celui de couvrir l’actualité du campus et de transmettre des outils aux étudiants et étudiantes pour aller plus loin dans leur réflexion.»

Pour autant, Impact Campus n’abandonne pas la couverture de l’actualité quotidienne, véritable école pour les étudiants en journalisme qui souhaitent faire carrière dans un journal. «L’objectif du magazine est de mettre en relation les différentes disciplines universitaires afin de traiter en profondeur d’un enjeu lié à l’actualité dans une perspective propre à la réalité étudiante, tout en poursuivant sa mission de former les journalistes de demain», a-t-il mentionné.

La couverture de l’actualité du campus sera assurée sur la plateforme Web www.impactcampus.ca.