Santé

De plus en plus de campus universitaires sans fumée au Canada

OTTAWA - Le nombre d’universités et de collèges sans fumée continue d’augmenter au pays.

Dans un rapport publié jeudi, la Société canadienne du cancer fait état de 65 campus où il est interdit de fumer, à l’extérieur comme à l’intérieur. De ce nombre, 44 disposent de politiques s’appliquant également à la consommation du cannabis. On en compte 43 qui disposent de politiques s’appliquant à l’usage de la pipe à eau (chicha) et 53 qui ont des politiques sur l’usage de la cigarette électronique.

L’an dernier, 30 campus étaient considérés sans fumée au Canada. Or, on en comptait que quatre en 2007. L’Université Dalhousie à Halifax a été en 2003 le premier établissement à faire de son campus un endroit sans fumée.

Pour Rob Cunningham, analyste principal des politiques à la Société canadienne du cancer, cette tendance nationale est fort encourageante. Selon lui, en plus d’assurer une protection contre la fumée secondaire, les campus sans fumée offrent une motivation supplémentaire pour abandonner le tabagisme. Il souligne cependant qu’il reste encore énormément de travail à faire, soulignant que le Canada compte environ 260 universités et collèges.

La Société canadienne du cancer souligne que plusieurs établissements sont en voie d’instaurer des politiques plus strictes, en raison notamment de la légalisation imminente du cannabis, le 17 octobre. L’un des enjeux concerne les mesures à prendre envers les étudiants qui n’ont pas l’âge minimum pour consommer du cannabis.

Éducation

Des outils pour intéresser les jeunes à l'histoire militaire québécoise

«Je me souviens», c’est la devise officielle du Québec. Mais c’est aussi le nom d’un nouveau programme éducatif d’histoire ayant pour but de susciter l’intérêt des jeunes pour l’implication militaire des Québécois.

Lancé par Compagnie Canada en collaboration avec la Fondation du Royal Montreal Regiment et le Royal 22e Régiment, ce programme est entièrement financé par des fonds privés.

«Je me souviens» offre des trousses didactiques pour favoriser un plus grand intérêt des jeunes envers certains événements historiques, où l’implication des Québécois est souvent oublié. 

«Le nom Je me souviens dit tout! Malheureusement, nos jeunes ont tendance à oublier notre passé. En regardant le programme d’histoire, on remarquait l’absence d’informations mentionnant l’implication des francophones à l’effort de guerre», indique François Joyet, président du chapitre Québec de Compagnie Canada.

Les modules se consacrent aussi à l’implication des femmes lors des grandes guerres, ainsi que sur l’évolution des moyens de communication.

La fondation

«Le passé, c’est la fondation de chaque individu. En ayant une bonne fondation, tu pars dans la bonne direction dans la vie», ajoute François Joyet. 

Le projet est échelonné sur cinq ans et vise à être implanté dans les cours d’histoire de secondaire 4 et 5 à travers tout le Québec.

Les enseignants auront la liberté d’inclure les modules de leur choix dans le cadre de leur cours. 

Sortir des murs

Ce nouveau programme s’inscrit dans la volonté des enseignants en histoire de rendre la matière plus intéressante pour leurs étudiants.

«En 2018, les méthodes d’enseignement uniquement magistrales sont moins courantes, les élèves aujourd’hui veulent bouger et sortir des murs, que ce soit physiquement ou virtuellement» explique Nikolas Poulin, enseignant d’histoire au Séminaire des Pères Maristes. 

Ce dernier ajoute que les trousses offertes par le programme sont très dynamiques. L’usage des nouvelles technologies de communication permettra, selon lui, à ce que l’étudiant se sente davantage interpellé par l’histoire. 

Éducation

Les projets-pilotes d'éducation à la sexualité ont apaisé des craintes

Les craintes entourant l'implantation du nouveau cours d'éducation à la sexualité cette année, qu'elles viennent des parents ou des enseignants, étaient compréhensibles, mais l'expérience démontre qu'elles peuvent être apaisées par une mise en œuvre réfléchie.

Trois des plus grandes commissions scolaires de la province — les commissions scolaires de Montréal (CSDM), de Laval (CSDL) et de la Pointe-de-l'Île (CSPI) — ont présenté mardi des résultats de projets-pilotes qui en rassureront plusieurs.

Le plus important des constats, toutefois, ne provient pas des adultes, mais bien des jeunes eux-mêmes.

Selon les représentants des commissions scolaires, le matériel adapté selon l'âge a été très bien accueilli par les élèves du primaire, dont la curiosité n'est plus à démontrer, et qui ont trouvé réponses à leurs nombreux questionnements en la matière. Plus encore, les adolescents de niveau secondaire ont manifesté un net soulagement de pouvoir traiter de ces questions dans un environnement neutre, faisant valoir qu'ils ne veulent pas en discuter avec leurs parents.

Les parents, quant à eux, ont été rassurés par des rencontres organisées par les écoles où avaient lieu les projets-pilotes. La plupart des inquiétudes portaient sur la nature des enseignements, mais des représentants de parents ont confié être tout aussi soulagés que les jeunes pour une autre raison, soit de savoir qu'un enseignement neutre et crédible viendrait faire contrepoids à l'omniprésent internet. Les représentants des commissions scolaires ont d'ailleurs longuement insisté sur l'importance de bien informer les parents et, jusqu'ici, aucune des trois entités n'avait reçu de demande d'exemption de ce cours.

Quant aux enseignants, leurs appréhensions étaient nombreuses. Du côté professionnel, ils craignaient de ne pas disposer des outils nécessaires et d'une formation suffisante. Cependant, l'implantation s'est faite de manière graduelle et les outils tels que des documents et capsules vidéo ont été mis à leur disposition.

«En dire trop ou pas assez»

Les dirigeants des trois commissions scolaires participant à la présentation ont d'ailleurs indiqué qu'ils prévoyaient commencer à donner les cours seulement durant la session d'hiver, après avoir procédé à la formation durant la session d'automne, soulignant, sourire en coin, qu'il y avait une journée pédagogique additionnelle pour tout le monde le 1er octobre en raison des élections.

L'autre source de malaise des enseignants était plus personnelle: la crainte «d'en dire trop ou pas assez», une peur des questions des enfants sur leur propre sexualité ou la crainte de réactions négatives des parents, par exemple, des appréhensions qui ont pu être soulagées par un accompagnement de divers intervenants en cours de route.

Les élèves recevront cinq heures de cours d'éducation à la sexualité par année durant le primaire et 15 heures par année au niveau secondaire, qui sont obligatoires à compter de cette année.

Au primaire, les thématiques tournent davantage autour de l'estime de soi, du respect et de l'empathie. Des sujets tels que les stéréotypes sexuels et les agressions sexuelles y sont abordés.

Au secondaire, la notion de consentement devient plus centrale et les questions de relations amoureuses, des comportements, de la violence sexuelle, des maladies transmises sexuellement et des grossesses précoces figurent au cursus.

Éducation

Pas de cannabis à l’Université Laval, sauf dans les résidences

Peu importe la légalisation imminente du cannabis, l’Université Laval prévient qu’il sera interdit de griller un joint sur l’ensemble de son territoire même si la cigarette, elle, est permise. Seule exception: les locataires des résidences universitaires devraient pouvoir consommer de l’herbe… tant qu’elle n’est pas fumée.

Les étudiants, professeurs et autres habitués du campus de Sainte-Foy devront donc s’abstenir, selon la «Politique encadrant l’usage du cannabis à l’Université Laval» diffusée par l’institution d’enseignement vendredi. Même les passants, les personnes qui ne font que traverser les terres universitaires, auront l’obligation d’écraser.

Il faut dire que la législation adoptée par l’Assemblée nationale en prévision de la légalisation du 17 octobre ne laisse pas une grande marge de manœuvre, fait valoir l’Université. On y lit notamment : «Il est interdit de fumer du cannabis [sur] les terrains d’un établissement d’enseignement postsecondaire».

L’Université Laval s’appuie donc sur cet article de loi pour justifier la prohibition. «L’usage du cannabis, qu’il s’agisse de fumer, d’ingérer ou de consommer sous toute autre forme, sera interdit sur tous les terrains, dans les édifices et dans les locaux où l’Université Laval a juridiction en vertu d’un droit de propriété, d’une location ou d’une entente particulière avec un tiers», a indiqué l’établissement vendredi.

S’il restait encore une brèche dans laquelle l’amateur de «pétards» pensait pouvoir se faufiler, l’Université Laval s’empresse de la colmater clairement : «De plus, l’usage du cannabis sera interdit lors de toutes activités de recherche, de création, d’enseignement, d’évaluation, de stage, toute réunion à caractère scolaire ou parascolaire de quelque nature qu’elle soit, y compris une activité sociale, d’accueil, d’intégration ou sportive, tenue dans un lieu universitaire ou dans tout lieu faisant l’objet d’une entente avec l’Université Laval.»

La vice-rectrice aux ressources humaines, Lyne Bouchard, indique que l’institution a adopté la ligne dure pour «agir de façon responsable» afin d’offrir un milieu «sain» à la communauté universitaire.

Lieu de résidence

Les résidents des logements universitaires bénéficieront cependant d’une exemption puisqu’il s’agit de leur habitation. Quand ils seront chez eux, ils devraient pouvoir ingérer du cannabis, mais pas en fumer. Les résidences sont déjà «sans fumée».

Ils ne pourront pas, non plus, cultiver du cannabis. Mais pourront se faire livrer des produits vendus par l’État et les entreposer dans leur chambre.

Les baux de location devront toutefois être modifiés puisqu’ils interdisent, pour l’instant, l’usage de drogue.

Consultation

L’Université Laval assure qu’elle sera à l’écoute, qu’elle ajustera sa politique si elle reçoit des commentaires pertinents. Lyne Bouchard souligne à ce propos que la loi provinciale interdit de «fumer» sur les campus. Pas d’ingérer du cannabis. Ainsi, si les étudiants et profs le demandent, elle se dit ouverte à évaluer la possibilité de permettre l’ingestion.

Les personnes voulant commenter pourront le faire en ligne jusqu’au 20 septembre au https://tinyurl.com/y7wxxhjw. Le document sera ensuite soumis au conseil d’administration pour approbation finale.