Éducation

2,3 milliards $ pour rénover et construire des écoles

Le ministre de l’Éducation Sébastien Proulx augmente encore une fois la cadence de rénovation et de construction d’écoles au Québec, en injectant 2,3 milliards $ d’ici l’été 2019. Malgré cet effort, il faudra encore entre 10 à 12 ans à la province pour éliminer toutes les écoles vétustes.

«On peut pas tout faire. Il y a notre capacité de payer collective», a justifié le ministre Proulx jeudi. Le ministre a qualifié ces investissements «d’historiques», car il s’agit pour 2018-2019 d’une hausse d’environ 28 % par rapport aux montants consentis à la rénovation et à la construction en 2017-2018.

D’ici l’été 2019, davantage d’argent sera investi pour rénover des écoles que pour en construire. «Tant et aussi longtemps que l’état [des écoles] sera tel qu’il est, on va faire ça», indique le ministre. 

Selon lui, le ministère de l’Éducation peut procéder à ces investissements en ayant un portrait beaucoup plus «juste» de la cote de vétusté des écoles qu’auparavant, car les commissions scolaires sont en train d’uniformiser leurs façons de faire.

Reste que le portrait est toujours sombre. Le dernier Plan québécois des infrastructures (PQI) indique qu’environ la moitié des écoles primaires et secondaires au Québec obtient une cote de D ou E, ce qui signifie qu’elles sont dans un mauvais ou un très mauvais état. 

M. Proulx a fait cette annonce annuelle beaucoup plus tôt qu’à l’habitude, question d’aider les commissions scolaires à réaliser leurs travaux rapidement. 

Il s’est bien défendu d’en faire une annonce à saveur électorale, arguant que ce sont les députés du prochain gouvernement qui pourront annoncer les projets précis qui seront réalisés en 2019. 

Dans la région de Québec, la commission scolaire de la Capitale recevra 30 millions $ pour procéder à des rénovations, les Découvreurs 14 millions $, les Premières-Seigneuries 11 millions $, les Navigateurs 6 millions $, Portneuf 5 millions $ et Charlevoix 2 millions $. 

Éducation

1,2 milliard $ pour le numérique dans les écoles

Le gouvernement Couillard investira 1,2 milliard $ d'ici cinq ans — dont 212 millions $ cette année — pour entreprendre le virage numérique dans les écoles, cégeps et universités.

Les ministres Sébastien Proulx (Éducation) et Hélène David (Enseignement supérieur) ont présenté, mercredi, le Plan d'action numérique en éducation 2018-2023, qui était prévu dans le budget Leitão.

Dès cette année, toutes les écoles du Québec auront de nouveaux outils technologiques, comme des robots, des tablettes ou des imprimantes 3D.

Québec consacre 45 millions $ cette année à l'achat d'équipements numériques dans les 3000 écoles primaires et secondaires de la province, 20 millions $ dans les cégeps et 10 millions $ dans les universités.

Un investissement de 15 millions $ est également prévu pour former le personnel enseignant dans les écoles primaires et secondaires, qui devra utiliser les nouveaux outils en classe.

Les Québécois doivent embrasser la révolution numérique, quatrième révolution d'importance après la mécanisation, l'électrification et l'industrialisation, a insisté le ministre Proulx en conférence de presse.

Le plan comporte trois donc grandes orientations : soutenir le développement des compétences numériques des jeunes et des adultes; exploiter le numérique comme un vecteur de valeur ajoutée dans les pratiques d'enseignement et d'apprentissage; créer un environnement propice au déploiement du numérique dans l'ensemble du système éducatif.

«Nous avons le devoir de nous assurer que les élèves et les étudiants auront accès aux outils nécessaires pour développer leur plein potentiel et s'adapter à leur époque, et non la nôtre», a déclaré M. Proulx devant un parterre de 250 personnes et aux côtés d'un robot qui n'a pas fonctionné lorsqu'il lui a donné la parole.

«Cette nouvelle génération d'élèves et d'étudiants doit avoir la chance de se développer et développer ses compétences en informatique. Elle doit avoir l'occasion de programmer ou de coder, et de s'initier à la robotique», a-t-il ajouté.

Éducation

Matériel scolaire: les profs veulent avoir leur mot à dire

EXCLUSIF / Les enseignants craignent de ne plus avoir leur mot à dire quant au choix des cahiers et des crayons qui seront utilisés en classe ou des sorties éducatives qu’ils feront avec leurs élèves. La Fédération des syndicats de l’enseignement (FSE) constate des «dérives importantes» dans la préparation des listes scolaires pour septembre prochain.

«Les enseignantes et enseignants subissent actuellement des pressions pour choisir du matériel pédagogique uniforme et le moins coûteux possible pour les parents, sans tenir compte de l’approche pédagogique privilégiée ou de la qualité du matériel», déplore la FSE dans une lettre transmise au ministre de l’Éducation Sébastien Proulx le 23 mai, et dont Le Soleil a obtenu copie.

Cosignée par l’Association provinciale des enseignantes et des enseignants du Québec (APEQ), la lettre critique «cette année de confusion et d’absence de consignes claires» en ce qui a trait au matériel qui peut être facturé aux parents. 

«Il y a des exagérations. Certains se font dire de préparer leurs propres cahiers d’exercices au lieu d’en faire acheter. J’ai des enseignantes de maternelle qui doivent expliquer exactement les bricolages qu’elles vont faire avec une boîte de 120 bâtons de popsicle. À un moment donné, c’est un contrôle qui brime l’autonomie professionnelle des enseignants», exprime Sylvie Théberge, vice-présidente de la FSE, en entrevue.

Pour ce qui est des sorties éducatives, la FSE soutient que moins de pièces de théâtre, de classes neige ou de classes vertes de fin d’années seront au menu en 2018-2019. «Le message qui a été lancé par un bon nombre de commissions scolaires, ayant comme trame de fond un recours collectif, est un appel démesuré à la retenue quant aux frais exigés des parents, sans pourtant offrir de solution de rechange», écrit la FSE. 

Élections ontariennes

Financement réclamé pour les études postsecondaires en français

Les établissements postsecondaires francophones ou bilingues de l’Ontario réclament d’une même voix des actions concrètes pour leur donner les moyens d’augmenter leur offre de programmes dans la langue de Molière.

Réunis à l’Université d’Ottawa (Ud’O) lundi, les représentants de la Table postsecondaire de l’Ontario français demandent aux chefs des différents partis politiques de dévoiler leur plan pour les universités bilingues et les collèges francophones de la province.

« Graduellement ce qui arrive c’est qu’on perd des programmes et chaque fois qu’un programme disparaît c’est l’offre qui diminue et c’est important qu’on soit capable de maintenir une bonne offre de service. On veut trouver un équilibre avec les programmes offerts dans les institutions anglophones », soutient Carol Jolin, président de l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO).

De son côté, le recteur de l’Ud’O, Jacques Frémont, estime qu’un élève franco-ontarien n’a pas l’opportunité d’étudier en français dans un domaine où la main-d’œuvre sera en demande au cours des prochaines années.

« Pour nous de façon concrète, on a demandé de 400 à 500 places dans les disciplines scientifiques, soit les sciences, les technologies, les mathématiques et le génie. À l’Université d’Ottawa, les seuls programmes qui ne sont pas bilingues, où les étudiants ne peuvent pas étudier au complet dans un programme en français, c’est dans ces domaines-là. On a demandé ces places pour que les Franco-Ontariens puissent participer à l’économie du savoir. Les Franco-Ontariens ont le droit d’avoir accès à ça », concède M. Frémont.

Le portrait est le même dans les collèges de l’Ontario. Il y a urgence d’agir pour répondre à la transformation du marché de l’emploi, selon la présidente de La Cité, Lise Bourgeois. Les établissements d’enseignement francophone se doivent d’être concurrentiels avec le milieu anglophone.

« Pour être concurrentiel et que les Franco-Ontariens choisissent les collèges francophones il faut que la formation soit pertinente, suffisante et de qualité, soutient-elle. Sinon, on sait que les Franco-Ontariens parlent les deux langues et c’est pour ça que je dis le mot “choisir”. Il faut qu’on soit attrayant et qu’on ait les bons choix de programmes. »

Université franco

Les établissements scolaires profitent de la campagne électorale provinciale pour demander un financement adéquat, affirmant que le gouvernement a gelé les sommes accordées depuis 2009. 

Les membres de la table de concertation estiment que la création d’une université de langue française n’est pas suffisante.

« On félicite le gouvernement pour la création de l’université de langue française, mais 90 % des finissants francophones vont sortir des universités francophones et bilingues existantes. Il faut aussi financer ces institutions-là si on veut continuer à faire l’expansion de l’offre », souligne Pierre Zundel, recteur et vice-chancelier par intérim de l’Université Laurentienne.