Zonage contre la malbouffe demandé pour une nouvelle école à Saint-Nicolas

Les fast foods et les dépanneurs qui lorgnent le secteur où sera construite la nouvelle école primaire à Saint-Nicolas pourraient voir leurs ambitions déçues. La commission scolaire des Navigateurs (CSDN) a demandé à la Ville de Lévis d'empêcher que de tels commerces s'installent à moins de 500 mètres de l'établissement. À l'échelle de la province, il s'agit d'une première initiative du genre émanant du milieu scolaire.
«Comme nous préconisons une saine alimentation et que la malbouffe a été bannie des cafétérias scolaires depuis déjà quelques années maintenant, il nous faut être conséquents. La présence à quelques pas d'une école de tels restaurants devient évidemment un incitatif à la consommation de malbouffe», explique la porte-parole, Louise Boisvert.
Le 25 février, le conseil des commissaires de la CSDN a adopté une résolution portant sur la santé et la sécurité des élèves qui fréquenteront la nouvelle école qui sera construite sur la future rue de l'Étoile, à l'intersection de la route Marie-Victorin. Celle-ci visait à réclamer aux élus de la Ville de Lévis d'implanter un zonage restrictif «prohibant l'ouverture de commerces de restauration de type fast food et de ventes au détail de type dépanneur à moins de 500 mètres de l'école».
«Il est, de fait, plutôt rare que nous ayons la chance de pouvoir être en amont de décisions relatives à l'implantation de tels commerces. Or, nous construisons cette nouvelle école dans un tout nouveau quartier où tout se développe en même temps», fait valoir Mme Boisvert. La requête a été reçue le 10 avril, confirme l'attaché de presse au cabinet du maire, Francis Martel. «Elle est sous analyse, aucune décision n'a été prise», précise-t-il. 
Une première au Québec
Bien qu'une nouvelle réglementation n'ait pas été adoptée, l'Association pour la santé publique du Québec (ASPQ) salue l'initiative. «C'est extraordinaire», s'exclame sa directrice générale, Lucie Granger, qui espère que d'autres commissions scolaires emboîteront le pas à celle des Navigateurs. «Elle est à l'avant-garde, elle devient ainsi un leader dans la promotion de la santé des jeunes», renchérit Mme Granger.
L'ASPQ a publié un guide à l'intention des municipalités pour les inciter à agir sur la présence de commerces de restauration rapide à proximité des écoles. La Ville de Rosemère, au nord de Montréal, est la seule à s'être engagée dans cette voie en 2012. Des projets-pilotes ont eu lieu à Baie-Saint-Paul, Lavaltrie et Gatineau. «Lévis pourrait partir un mouvement», lance la directrice générale de l'ASPQ.
Selon l'Institut national de la Santé publique du Québec (INSPQ), 37 % des écoles publiques de la province sont situées à 15 minutes de marche ou moins d'un établissement d'une chaîne de restaurants rapides et 62 % d'entre elles ont pignon sur rue à une distance équivalente d'un dépanneur.
Des études canadiennes et américaines ont déjà démontré que la présence de malbouffe à proximité des écoles avait des effets néfastes sur les habitudes alimentaires et le taux d'obésité des enfants qui les fréquentent.