Le conseil syndical a rejeté l'offre qualifiée de globale et finale.

UQTR: l'offre globale et finale rejetée

TROIS-RIVIÈRES — À moins d’une semaine de l’ultimatum prononcé par Québec pour en arriver à une entente négociée, c’est un retour à la case départ à l’Université du Québec à Trois-Rivières, alors que l’offre de la direction, déposée jeudi et qualifiée de globale et finale, a été massivement rejetée à 94 % par le conseil syndical du Syndicat des professeures et professeurs de l’UQTR (SPPUQTR). L’exécutif, qui soumettra tout de même l’offre à ses membres en assemblée générale spéciale lundi midi, estime que cette offre ne diffère en rien de ce qui a déjà été proposé au syndicat par la partie patronale.


«C’est la même offre que celle du 11 mai. C’est sensiblement la même proposition qui a été soumise, sauf qu’au lieu d’être simplement globale, elle est globale et finale», a commenté René Lesage, vice-président aux relations de travail et porte-parole du comité de négociation pour le SPPUQTR.

Rappelons que les trois enjeux principaux de ces négociations sont la recherche, le plancher d’emploi et les salaires. Or, il semble qu’à nouveau, l’offre déposée par la partie patronale jeudi ne répondait pas aux attentes du syndicat, surtout en ce qui concerne le plancher d’emploi. L’offre sera néanmoins soumise aux membres lundi midi, avec une recommandation de l’exécutif de la rejeter.

«On pense que nos membres sont capables de lire cette proposition et de se faire une idée. S’ils veulent l’accepter, ils pourront l’accepter. On ne craint pas la démocratie. Nous, on va expliquer pourquoi elle doit être rejetée. Parce qu’elle perpétue le droit de gérance de l’université dans les questions de recherches. Elle perpétue l’idée que le nombre de professeurs n’est pas important pour le développement de l’université», constate René Lesage.

Pourtant, depuis la visite de la ministre de l’Enseignement supérieur Hélène David et la levée du lock-out, il y a maintenant trois semaines, il se dégageait une impression générale que les parties arrivaient à discuter et que les négociations avançaient bien. Une mauvaise impression?

«J’ai eu la même mauvaise impression», a confié René Lesage, ne cachant pas sa déception devant cette nouvelle proposition et la tournure des événements. Toutefois, le SPPUQTR dit ne pas craindre la perspective d’une intervention de Québec, qui avait ordonné d’en arriver à une entente négociée avant le 15 juin, faute de quoi elle imposerait une loi spéciale.

«L’Université fonctionne. La recherche se poursuit, les professeurs sont dans leurs bureaux ou en congrès, les étudiants ont leurs cours, la direction poursuit son travail. Il n’y a rien qui est bloqué. Pourquoi faire une loi spéciale quand tout fonctionne? On est en processus de négociations depuis un an, un processus où les parties peuvent dialoguer. Il faut toujours avoir confiance en la démocratie et ne pas manipuler les gens», croit René Lesage, qui reconnaît ne pas avoir de boule de cristal pour deviner ce qui pourrait se produire à la fin de la semaine prochaine, une fois l’ultimatum expiré.

McMahon s’excuse

La direction de l’UQTR n’a pas réagi, vendredi après-midi, au rejet de l’offre globale et finale par le conseil syndical. Il faut dire que c’était jour de célébration pour l’Université, qui procédait à deux cérémonies de collation des grades. Une troisième sera d’ailleurs célébrée ce samedi matin, toujours au CAPS de l’UQTR.

Dans son discours d’ouverture prononcé à l’intention des nouveaux diplômés, le recteur Daniel McMahon est d’ailleurs revenu sur les événements des dernières semaines de même que sur le lock-out, et a tenu à s’excuser auprès des étudiants pour les inconvénients que ce conflit de travail avait pu leur faire subir, mais également des professeurs.

«Nous vivons une période difficile, marquée par un désaccord profond entre deux points de vue, ayant abouti à une impasse. Je tiens à m’excuser personnellement auprès de vous, chers diplômés, pour les inconvénients que vous avez pu subir, malgré les efforts déployés pour les réduire le plus possible. Je m’excuse auprès de vous, chers professeurs, si lors de nos communications, nous avons pu vous blesser. Je l’affirme comme je l’ai toujours affirmé, les professeurs sont au cœur de l’Université», a-t-il indiqué, rappelant que le choix «déchirant» du lock-out avait été pleinement assumé par le conseil d’administration, et l’était encore. Le but, a-t-il rappelé, demeure d’éviter pour l’Université des conséquences encore plus négatives.

La direction attendra le résultat du vote de l’assemblée générale lundi midi pour commenter.