L’Université Laval devra rendre des comptes à la direction générale de la mairie sur les absences, le rendement et d’éventuelles mesures disciplinaires au sujet de l’employée «prêtée».

Une prof de l’UL payée par la Ville

La directrice de la Division du patrimoine et des relations internationales de la Ville de Québec est nommée professeure invitée à l’Université Laval. Un poste qu’elle occupera durant trois ans. Mais ce n’est pas l’institution d’enseignement qui paiera son salaire. La mairie continuera de prendre en charge ses émoluments.

Dans un peu plus d’une semaine, Odile Roy s’installera donc à la Faculté d’aménagement, d’architecture, d’art et de design de l’Université Laval, nous confirme une conseillère en communication municipale, Wendy Whittom. «Le prêt est d’une durée de trois ans à compter du 28 octobre 2019. Il s’agit d’un prêt à temps plein.»

Des documents récemment diffusés précisent : «Pendant toute la durée de l’affectation, la Ville de Québec continuera d’assumer la totalité du salaire ainsi que les avantages sociaux dont madame Roy bénéficie actuellement.» Son poste de cadre à la municipalité offre une rémunération maximale de 122 462 $ plus les avantages sociaux.

L’Université Laval remboursera néanmoins certains «frais inhérents à son travail (déplacements ou autres)», spécifie le contrat entérinant le transfert de l’employée. Cela inclut «le matériel nécessaire à l’exercice de ses fonctions».

Pourquoi la Ville accepte-t-elle de payer le salaire de son employée durant trois ans alors qu’elle sera, dans les faits, prof à l’Université Laval? «La Ville de Québec soutient cette occasion professionnelle», nous écrit Wendy Whittom.

Pas de retour

En consultant le contrat — signé entre autres par le maire Régis Labeaume —, nous apprenons par ailleurs que la directrice du patrimoine ne reviendra pas travailler pour la Ville au terme de son séjour dans les salles de cours. «À la fin du prêt de service, l’employée s’engage à prendre sa retraite de façon irrévocable à compter du 1er novembre 2022.»

D’ici là, elle conservera toutefois son statut d’employée municipale permanente. L’École d’architecture de l’Université Laval devra donc rendre des comptes à la direction générale de la mairie. Elle devra notamment transmettre : deux fois par année, un tableau des absences de Mme Roy; une fois en décembre, une évaluation écrite du rendement de la professeure; dès que possible, tout rapport sur d’éventuelles mesures disciplinaires et des accidents de travail…

Durant le séjour académique de Mme Roy, il faudra en outre la remplacer à la tête de la Division du patrimoine. L’actuelle directrice de projets-Bibliothèque de Québec, Mylène Gauthier, assumera l’intérim. Elle aura droit, en vertu de l’entente fixant les conditions de travail du personnel-cadre de la Ville, à une rémunération similaire à sa prédécesseure.

Selon des documents municipaux, Odile Roy a notamment été conseillère municipale de 1997 à 2005. Elle a présidé durant huit ans la Commission d’urbanisme et de conservation de Québec. Elle a également enseigné à l’École d’architecture pendant une quinzaine d’années.