Le mouvement féministe Les Carrés jaunes, qui milite pour réformer le code vestimentaire des écoles de Québec, a remporté une première victoire. Celestine Uhde (à droite), cofondatrice du mouvement, et sa petite sœur Constance, verront le code vestimentaire de l’école Joseph-François-Perreault être assoupli.

Une première victoire pour les Carrés jaunes

Les Carrés jaunes, qui militent pour la réforme du code vestimentaire dans les écoles secondaires, ont obtenu une première victoire dans l’école où le mouvement a pris son envol.

Le conseil d’établissement de l’école Joseph-François-Perreault, dans le quartier Saint-Jean-Baptiste, a voté lundi soir à l’unanimité pour autoriser les shorts à mi-cuisse et les camisoles à bretelles minces («spaghettis») l’an prochain.

Les parents, les élèves et les membres du personnel, qui sont tous représentés au conseil d’établissement, se sont donc entendus pour que le code vestimentaire soit moins strict.

«Il y avait cette ouverture-là, de part et d’autre, où on se disait “on est rendu en 2018, c’est vrai qu’on a des règles qui datent, ça vaut la peine de se repositionner”», dit la directrice de l’école, Marlène Bureau. 

L’école Joseph-François-Perreault est la première école secondaire au Québec à modifier son code vestimentaire dans la foulée des revendications des Carrés jaunes. C’est aussi dans cette école que le mouvement a été lancé il y a environ un mois. 

À l’école Joseph-François-Perreault, les discussions avec les élèves sur la réforme du code vestimentaire avaient toutefois commencé dès le début de l’année, indique la directrice. Les enseignants, les professionnels et le personnel de soutien de l’école s’étaient consultés sur des modifications possibles. Une proposition a été présentée au conseil d’établissement le 9 avril, et ses membres ont voté lundi soir. 

Lors d’une mêlée de presse, mardi, le ministre de l’Éducation, Sébastien Proulx, a estimé qu’il appartenait au conseil d’établissement de se prononcer sur le code vestimentaire. «C’est à eux de déterminer ce qui doit se porter dans les écoles», a-t-il dit. 

Pas toutes les revendications satisfaites

Les assouplissements au code vestimentaire ne satisfont cependant pas toutes les revendications des Carrés jaunes, qui estiment que le code vestimentaire est sexiste, dans la mesure où il est plus sévère envers les filles que les gars.

Les Carrés jaunes souhaitaient notamment pouvoir porter des leggings sans un chandail qui recouvre les fesses et des chandails qui laissent voir les épaules et le dos. Les élèves voulaient aussi que le chandail et le pantalon ne soient plus obligés de se superposer, ce qui permettrait de laisser une partie de ventre à découvert. Le nouveau règlement ne le permet toujours pas. 

Une lettre transmise aux parents de l’école précise que la tenue vestimentaire doit rester «décente, propre et adaptée à chaque activité» et que les vêtements ou accessoires à caractère violent, sexiste, grossier ou faisant la promotion de consommation illicite ou portant atteinte à un individu ou à un groupe d’individus sont aussi interdits.   

En entrevue à Radio-Canada, la cofondatrice du mouvement, Célestine Uhde, a souligné que l’école Joseph-François-Perreault ne s’était pas montrée condescendante envers les Carrés jaunes. «On ne se sentait pas comme une bande de petits ados qui revendiquent de petits caprices. Non, on avait un besoin et ça a été compris.»

Célestine Uhde croit que la victoire des Carrés jaunes à l’école Joseph-François Perreault aura des échos dans d’autres écoles secondaires. 

Les Carrés jaunes ont maintenant des antennes dans plusieurs autres écoles à Québec et ailleurs dans la province. Ils ont notamment suscité des débats dans des établissements scolaires de Chicoutimi et de Gatineau. Sur les réseaux sociaux, plus d’un millier de personnes ont rejoint le mouvement.