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«L’Université internationale du Québec à Boucherville (UIQAB)» publie sur son site des photos d’étudiants qui déambulent sur son campus fictif. Elle prétend qu’elle compte 41 000 étudiants et offre une «formation de pointe».
«L’Université internationale du Québec à Boucherville (UIQAB)» publie sur son site des photos d’étudiants qui déambulent sur son campus fictif. Elle prétend qu’elle compte 41 000 étudiants et offre une «formation de pointe».

Une fausse université québécoise tente d’appâter des étudiants

Marc Allard
Marc Allard
Le Soleil
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Une fausse université québécoise tente d’appâter des étudiants avec un site Internet forgé de toutes pièces qui essaie de leur soutirer 500 $ pour un test d’admission.

«L’Université internationale du Québec à Boucherville (UIQAB)» publie sur son site des photos d’étudiants qui déambulent sur son campus fictif. Elle prétend qu’elle compte 41 000 étudiants et offre une «formation de pointe».

L’UIQAB précise même ses faux programmes d’étude — ingénierie, gestion, droit, mathématiques, l’Hôtellerie et la restauration, langues, etc. — et donne des informations sur son «corps professoral» fictif. 

Au passage, elle invite les intéressés à payer 500 $ pour un test d’admission en faisant un versement sur un compte de l’université. Les frais de scolarité, eux, s’élèvent à 5000 $.

L’arnaque semble viser en particulier des étudiants étrangers qui méconnaissent le réseau universitaire québécois. Dans le programme de gestion, par exemple, l’UIQAB fait référence à un diplôme de «master», alors que les universités québécoises parlent de programmes de maîtrise.  

Le site de l’UIQAB consacre d’ailleurs une section aux étudiants internationaux et les invite à composer un numéro de téléphone où on leur promet qu’ils seront contactés dans un délai d’une semaine. 

Le Soleil a appelé mardi à ce numéro. Sur une ligne de très mauvaise qualité, un homme qui avait du mal à parler français nous a répondu, mais n’a pas été en mesure de nous renseigner davantage. «Allez sur notre site web, monsieur! Allez sur notre site web», a-t-il dit avant de raccrocher. 

Jusqu’à maintenant, le Service de police de l’agglomération de Longueuil (SPAL), qui couvre Boucherville, n’a pas reçu de plainte au sujet de l’UIQAB, indique le porte-parole du SPAL, Jean-Pierre Voutsinos. 

Le policier, qui a consulté le site, n’est pas étonné par le niveau de détails utilisé par les fraudeurs de la fausse université. «Ce n’est pas quelque chose qui me surprend parce qu’il y en a tellement de fraudes. C’est de plus en plus moderne, et ils se sont raffinés», dit-il à propos des fraudeurs. 

Le policier a vérifié l’adresse fournie par l’UIQAB, rue Volta, à Boucherville. Cette adresse n’existe pas. Selon M. Voutsinos, ce genre de site peut être hébergé à l’étranger et peut être difficile à retracer. Mais le policier encourage les citoyens à porter plainte s’ils souhaitent qu’une enquête soit amorcée. 

«Il ne faut pas que les gens aient le réflexe de dire : “je n’appellerai pas”, dit-il. Au contraire, il faut qu’ils appellent». 

Antoine, un lecteur du Soleil, raconte qu’il a fait une recherche dimanche sur Google pour s’informer sur la charte d’une vraie université québécoise lorsqu’il est tombé sur le site l’Université internationale du Québec à Boucherville.  

L’étudiant en gestion des affaires numériques, qui gagne sa vie en faisant du repérage d’entreprises sur Internet pour son employeur, a flairé l’arnaque. Antoine croise souvent des sites remplis de photos et de contenus génériques, dont certains sont plus louches que d’autres. 

«Des sites avec du remplissage et des stock-photos, j’en ai souvent vu, explique-t-il. Souvent, ce sont des consultants qui viennent de se lancer à leur compte ou qui n’ont toujours été que trois partenaires au sein de leur «agence», dit-il. Dans ce cas-ci, c’est plutôt pour masquer l’absence d’université».

Pour illustrer leur faux campus, les fraudeurs ont mis sur leur site des photos du campus principal de l’Université de Sherbrooke.