Le projet s’inspirera de l’école 42 fondée en 2013 à Paris, un lieu sans enseignant et sans cours, ouvert 24 heures sur 24.

Une école de programmation dans Saint-Roch en septembre

Inspirée d’un concept à succès à Paris, une école de programmation informatique pouvant accueillir jusqu’à 750 étudiants ouvrira dans le quartier Saint-Roch, à Québec, en septembre.

L’organisme Québec numérique, qui pilote le projet, confirme qu’il ira de l’avant, même si quelques ficelles restent à attacher avant l’annonce officielle, prévue pour le début avril. «Ça avance très bien. On est à finir de structurer le financement, qui sera un partenariat public-privé», raconte en entrevue au Soleil Dominic Goulet, directeur général par intérim de Québec numérique.

L’organisme a l’intention d’importer la pédagogie et l’ensemble des programmes de l’école 42, fondée en 2013 à Paris pour répondre à une pénurie de développeurs informatiques, similaire à celle que vit le Québec à l’heure actuelle.

Québec numérique est en contact étroit avec la direction de 42, en France. «Ils vont nous épauler pour l’ouverture de la première école du genre au Québec», indique M. Goulet.

Dans cette école non conventionnelle, il n’y a pas d’enseignant ni de cours. Elle est ouverte 24 heures sur 24, 7 jours sur 7 et les étudiants apprennent à leur rythme grâce au travail d’équipe et à des modules d’apprentissage qui s’apparentent aux niveaux d’un jeu vidéo.

«C’est une méthode alternative d’apprentissage qui cible vraiment les décrocheurs. Des gens qui ont été écartés par le système d’éducation actuel», explique M. Goulet.

L’emplacement exact de l’école n’est pas encore définitif, «mais c’est sûr que ça va être situé dans Saint-Roch. C’est le quartier des technologies», indique M. Goulet.

Gratuite

La fréquentation de cette école sera totalement gratuite, car l’objectif est d’offrir une carrière intéressante à des jeunes qui sont sans diplôme ou qui ont peu de moyens.

M. Goulet explique qu’il n’a pas été très difficile de convaincre des partenaires privés d’appuyer ce projet de plusieurs millions de dollars, qui prendra la forme d’un organisme sans but lucratif. «Les entreprises dépensent à l’heure actuelle une petite fortune pour aller recruter à l’international, alors qu’on a sûrement des talents cachés ici. Pour elles, c’est rentable d’investir dans de la formation.»

Des partenaires publics seront également de la partie. «C’est une drôle de bibitte qui ne fitte dans aucune case des programmes gouvernementaux, mais on sent qu’il y a une inquiétude face à la pénurie de main-d’œuvre en informatique», ajoute M. Goulet.

Le ministère de l’Éducation a octroyé l’été dernier une subvention à Québec numérique pour préparer ce projet, tandis que le maire de Québec Régis Labeaume a visité l’école 42 de Paris l’automne dernier.

Pas besoin de savoir coder ni d’avoir son diplôme de cinquième secondaire pour entrer dans cette école. Suffit d’avoir entre 18 et 30 ans et d’être repêché dans une des sessions de «piscine». Lors de ces «piscines» de 28 jours, les aspirants étudiants sont mis à l’épreuve et l’école sélectionne «les meilleurs talents créatifs», explique M. Goulet.

Environ 250 places seront ouvertes en septembre pour la première cohorte de ce programme qui durera trois ans. Deux autres cohortes de même ampleur seront ouvertes en 2020 et en 2021. À terme, aucun diplôme officiel ne sera toutefois délivré par le ministère de l’Éducation.