Selon Jérémie Bédard-Wien, porte-parole de l'Association pour une solidarité syndicale étudiante (ASSÉ), les manifestations du printemps n'ont pas eu lieu en vain.

Une association étudiante «carré vert» morte dans l'oeuf

Promis pour le printemps 2013, le Mouvement pour l'avenir de l'éducation du Québec (MAÉQ) n'aura jamais vu le jour. Le temps aura eu raison du projet de nouvelle association étudiante nationale à l'image des carrés verts.
Danick Bonnette, ancien étudiant en gestion au cégep Ahuntsic, et Simon Ross, qui avait obtenu une injonction au Collège Montmorency lui permettant d'assister à ses cours malgré la grève étudiante du printemps 2012, ne sont pas parvenus à leurs fins. Ces derniers souhaitaient créer un «contrepoids» à l'Association pour une solidarité syndicale étudiante (ASSÉ), mais aussi à tous ceux ayant voté en faveur de la grève pour lutter contre la hausse des droits de scolarité - les carrés rouges.
Et puisque les fédérations étudiantes universitaires et collégiales du Québec (FEUQ, FECQ) avaient elles aussi milité en faveur d'un débrayage, il fallait créer une nouvelle option aux étudiants anti-grève, soutenaient-ils au mois de décembre 2012.
M. Bonnette déclarait alors au Soleil qu'il estimait à 25 000 le nombre de membres potentiels dès la création de la formation nationale, initialement prévue au printemps 2013. Il espérait même participer au Sommet sur l'enseignement supérieur tenu en février dernier. Les démarches allaient rondement, disait-il. Le MAÉQ a été inscrit au registre des entreprises le 10 janvier 2013 à titre d'organisation à but non lucratif.
«Tâche interminable»
Un peu plus d'un an après avoir affirmé ses intentions, M. Bonnette n'a pas répondu aux demandes d'entrevue du Soleil. C'est finalement son collègue Simon Ross qui a accepté de faire le point il y a quelques semaines. «Nous avions des contacts avec des gens importants, nous avions les garanties de financement, des appuis d'associations crédibles, des sympathisants en grand nombre», a-t-il énuméré dans un échange de courriel à la fin janvier. «Toutefois, considérant que la tâche était interminable, plusieurs ont abandonné le projet.»
Trop faible en nombre pour soutenir l'association, les instigateurs ont préféré tout mettre sur la glace.
Des associations étudiantes ont confirmé au Soleil avoir été approchées par le MAEQ au printemps dernier, dont l'association des étudiants en droit de l'Université Laval. Intéressé, l'exécutif attendait plus qu'un simple projet embryonnaire pour aller au-delà du stade des discussions.
Selon M. Ross, le nombre de membres de l'association aurait avoisiné les 10 000 étudiants collégiaux et universitaires si elle avait vu le jour, loin des 25 000 espérés.
Inspiré des bases du Mouvement des étudiants socialement responsables du Québec (MESRQ) - les carrés verts - le MAEQ n'est pas complètement mort, soutient Simon Ross. «En gros, le MAÉQ n'est plus, mais ses bases sont en dormance, prêtes à être réutilisées».