Un potager pour motiver les élèves à l'école Jean-de-Brébeuf [VIDÉO]

Thierry, Alicia et Tumaini avaient un peu plus de motivation pour aller à l’école cette année : ils avaient des plantes à faire pousser, des comptes à calculer ou encore un logo à imaginer.

La classe transitoire de l’école secondaire Jean-de-Brébeuf rassemble les doubleurs de troisième secondaire. «On essaie de créer des projets pour qu’ils découvrent ou redécouvrent le plaisir de venir à l’école», explique leur enseignante, Anabelle Sirois. 

En début d’année, les 18 élèves de 16-17 ans du groupe ont imaginé un projet entrepreneurial qui leur permettrait de faire la promotion des saines habitudes alimentaires. L’idée de créer un potager hydroponique dans leur cafétéria leur est venue.

«Les élèves n’étaient pas certains au début, quand ils ont vu les petites pousses, c’est devenu plus concret et ils ont pris plaisir à entretenir le potager», raconte Mme Sirois.

Les élèves s’occupent de l’entretien des plantations, mais aussi de la vente de la récolte, de la vidéo promotionnelle et du marketing de leur projet. 

Thierry Maheu s’est d’ailleurs découvert une petite passion pour les plantes et le jardinage, c’est un peu l’expert du groupe. Il saura expliquer ce qu’hydroponique veut dire... Quant à Tumaini Mlebinge, il était moins enjoué à l’idée de jouer dans la terre, il a plutôt aidé au tournage de la vidéo promotionnelle du projet.

Pour Alicia Bérubé, qui s’occupe entre autres de la récolte et de la distribution, ses notes ont augmenté depuis septembre. «Ma motivation à l’école est vraiment devenue plus haute. Je me lève le matin et je veux venir à l’école, je sais que je vais faire autre chose de ma journée que juste des maths ou du français», indique-t-elle.

Du concret

La classe transitoire s’occupe aussi d’une coop de smoothie, mise sur pied il y a cinq ans. Elle fonctionne très bien et motive déjà les élèves. Le potager urbain est venu s’ajouter cette année.

«C’est l’objectif principal de les garder à l’école, développer un sentiment d’appartenance. L’idée est de faire autre chose que des matières scolaires. On parvient à développer un lien significatif avec l’élève grâce à la coop ou au potager», explique le conseiller en entrepreneuriat jeunesse, Hugo Fleury. 

Il a travaillé avec l’enseignante afin d’aider les élèves à mettre sur pied un projet complet. M. Fleury se déplace dans plusieurs écoles et estime que le potager hydroponique est l’un des projets les plus concrets qu’il a vus naître cette année.

«Ils développent des passions, ils sont démotivés au début de l’année, et là ils sont contents de travailler sur un projet concret, on voit le résultat physique», ajoute-t-il. 

Peut-être verra-t-on bientôt un comptoir à salades dans la cafétéria de l’école? La première récolte a permis d’amasser 112 laitues de trois variétés différentes, le tiers a été distribué aux élèves de l’école pour dégustation. Les portions de salades se sont envolées rapidement, tous voulaient goûter à ce qu’ils voyaient pousser tous les jours. Prochaine étape, les fines herbes... pour faire du pesto maison!