La nouvelle Chaire de recherche sur la sécurité et la violence en milieu éducatif étudiera les moyens de combattre l'intimidation.

Un million $ pour la recherche sur l'intimidation à l'Université Laval

Pour trouver des manières plus efficaces de lutter contre l'intimidation dans les écoles, le ministère de l'Éducation, des Loisirs et du Sport (MELS) accordera 1 million $ sur cinq ans à une chaire de recherche de l'Université Laval qui se penche sur cette problématique.
Inaugurée mercredi, la Chaire de recherche sur la sécurité et la violence en milieu éducatif amorcera ses activités dès l'automne. Elle sera dirigée par Claire Beaumont, professeure et chercheuse à l'Université Laval et spécialiste internationalement reconnue de l'intimidation en milieu scolaire.
Mme Beaumont et les chercheurs qui feront partie de son équipe auront pour mission d'enrichir les connaissances en matière de violence dans les écoles et les établissements d'enseignement supérieur, d'en faire bénéficier les intervenants sur le terrain et d'assurer une relève scientifique.
«Les nouvelles connaissances ainsi produites, on va pouvoir les réinvestir dans des politiques plus efficaces», a ajouté mercredi en conférence de presse le député de Charlesbourg, Michel Pigeon, adjoint parlementaire de la ministre de l'Éducation et ancien recteur de l'Université Laval.
L'aide financière accordée par le MELS, a souligné M. Pigeon, s'inscrit dans la Stratégie du gouvernement pour lutter contre l'intimidation et la violence à l'école lancée en février, et dont la pièce maîtresse est le projet de loi 56, adopté à l'unanimité par l'Assemblée nationale le 12 juin.
L'obtention de cette chaire, qui bénéficiera donc d'un financement annuel de 200 000 $ pour les cinq prochaines années, fera de l'Université Laval et de sa faculté des sciences de l'éducation «des chefs de file» en matière de recherche sur la violence à l'école, a souligné le recteur, Denis Brière.
Retombées pratiques
Avant de se consacrer à la recherche, Claire Beaumont a travaillé durant près de 20 ans comme psychologue en milieu scolaire. Mercredi, elle a promis que la chaire qu'elle dirigera aura des retombées pratiques.
«Ma recherche vise toujours à retomber le plus près possible des intervenants, des parents, des collaborateurs et des directions d'établissement», a-t-elle dit.
Des journées de formation professionnelle consacrées à la prévention sont notamment prévues pour s'assurer que le personnel des établissements d'enseignement profite des connaissances développées par la chaire.
Depuis une trentaine d'années, a souligné Mme Beaumont, la recherche en matière de violence à l'école a montré que ce sont les «microviolences» répétées, comme les insultes, le dénigrement et les menaces, qui affectent le plus les élèves et le personnel scolaire.
L'exposition à ces microviolences peut entraîner des conséquences graves chez les élèves, comme l'échec, la dépression, l'exclusion ou le décrochage, a rappelé la chercheuse. Elle peut aussi conduire au stress, à l'absentéisme ou à l'épuisement professionnel chez le personnel scolaire et affecter le climat général d'un établissement.