Les responsables du programme en soins infirmiers du Cégep Garneau exhortent l'OIIQ à rendre publics les chiffres sur le taux de réussite des techniciennes contre celui des bachelières à l'examen de l'Ordre.
Les responsables du programme en soins infirmiers du Cégep Garneau exhortent l'OIIQ à rendre publics les chiffres sur le taux de réussite des techniciennes contre celui des bachelières à l'examen de l'Ordre.

Un DEC en soins infirmiers aussi valable qu'un bac, défendent des enseignantes

Annie Mathieu
Annie Mathieu
Le Soleil
Les responsables du programme en soins infirmiers du Cégep Garneau en ont marre d'entendre des mensonges sur la formation que les établissements collégiaux offrent. Selon elles, il est notamment faux de prétendre, comme le fait la présidente de l'Ordre des infirmières du Québec (OIIQ), Lucie Tremblay, que les techniciennes reçoivent 2500 heures de formation en moins que leurs collègues bachelières.
«Est-ce que celle qui nous représente connaît bien le programme?» questionnent d'entrée de jeu la responsable et la coordonnatrice du programme en soins infirmiers du Cégep Garneau, Annie Rodrigue et Lisette Bluteau.
Les deux femmes ont convoqué Le Soleil mercredi afin de remettre les pendules à l'heure sur la formation donnée aux infirmières détentrices d'un DEC de trois ans en soins infirmiers au moment où Mme Tremblay multiplie les sorties médiatiques pour faire valoir le projet de l'OIIQ du baccalauréat obligatoire. 
La dernière en lice a soulevé un tollé la fin de semaine dernière dans la région du Saguenay-Lac-Saint-Jean alors que dans une entrevue au Quotidien, la présidente se disait inquiète pour les patients en raison de la formation «insuffisante» des techniciennes. Lucie Tremblay a par la suite précisé sa pensée mais des voix se sont tout de même élevées pour réclamer sa démission.
Au-delà de ces propos qu'elles jugent inacceptables, Mme Rodrigue et Mme Bluteau croient qu'il est nécessaire d'informer la population que les infirmières qui sortent des cégeps n'ont pas un déficit de formation de 2500 heures par rapport à leurs collègues diplômées des universités du Québec ou même de l'extérieur de la province.
Calcul erroné
Selon elles, le calcul de l'OIIQ est complètement erroné puisqu'il aurait inclus plus de 1500 heures de travail personnel pour les bachelières tandis que celui-ci n'a pas été comptabilité pour les techniciennes. De plus, les heures de la formation complémentaire que reçoivent les techniciennes, soit celles des cours de biologie, psychologie, sociologie, ont aussi été écartées de l'addition, jugent les responsables du programme du Cégep Garneau.
Brandissant le devis ministériel, Mme Rodrigue tient également à préciser que le programme en soins infirmiers comprend une formation en santé mentale, contrairement à ce qu'affirme la présidente de l'OIIQ. «Ils ont 11 compétences à acquérir en santé mentale», -insiste-t--elle, montrant du doigt l'endroit où le document l'indique. 
Par ailleurs, Annie Rodrigue et Lisette Bluteau exhortent l'OIIQ à rendre publics les derniers chiffres sur le taux de réussite des techniciennes contre celui des bachelières à l'examen de l'Ordre puisque ceux-ci ne sont plus disponibles depuis 2011. Selon elles, l'OIIQ les dissimule volontairement puisqu'il nuirait à son argumentaire en faveur du bac obligatoire. Au cours des années où les données étaient toujours disponibles, les détentrices de DEC réussissaient aussi bien et parfois mieux que leurs collègues universitaires.
Le comité ministériel formé sur la question du bac obligatoire en soins infirmiers doit rendre son rapport le mois prochain.