Le cours que les futurs ingénieurs forestiers suivront sur les valeurs autochtones vise une «compréhension mutuelle entre ceux qui aménagent la forêt et ceux qui y habitent».

Un cours sur les valeurs autochtones pour tous les ingénieurs forestiers

Dès janvier 2019, tous les futurs ingénieurs forestiers suivront un cours sur les valeurs autochtones et le rapport que les premières nations entretiennent avec la forêt.
«Il faut viser une compréhension mutuelle entre ceux qui aménagent la forêt et ceux qui y habitent», explique Jean-Michel Beaudoin, professeur à l'Université Laval et titulaire de la nouvelle Chaire de leadership en enseignement (CLÉ) en foresterie autochtone.
Lancée lundi au Musée amérindien de Mashteuiatsh, cette chaire vise à augmenter le bassin de spécialistes forestiers sensibilisés aux territoires du Nord québécois. L'objectif est également d'inciter les jeunes autochtones à choisir une carrière en forêt. «L'idéal, ce serait que les jeunes autochtones intègrent nos programmes et deviennent les futurs ingénieurs forestiers», exprime M. Beaudoin. 
L'Université Laval est la seule au Québec à offrir un programme de génie forestier et se dit ouverte à faciliter les études pour les jeunes qui vivent en région éloignée, soit par des cours en ligne ou différentes formules de stages. 
Le professeur évalue que les compagnies forestières sont en recherche active de main d'oeuvre à l'heure actuelle, alors que plusieurs jeunes autochtones sont sans emploi ou s'exilent en ville. Selon lui, il faut que les «obstacles à l'insertion professionnelle» tombent dans le secteur forestier. 
M. Beaudoin raconte que plusieurs communautés, comme les Atikamekws ou les Innus, ont déjà exploité la forêt par le passé. «Ça fait partie de l'histoire. Il y a plusieurs communautés qui étaient des bûcherons», exprime-t-il. Selon lui, la plupart des Amérindiens ne sont pas contre la coupe d'arbres, mais favorisent des coupes moins intensives.