«Il faut régler ça pour la rentrée scolaire 2011», lance Gaëtan Boucher, président de la Fédération des cégeps.

Troubles d'apprentissage: une urgence, dit la Fédération des cégeps

Confrontée à une hausse fulgurante des troubles d'apprentissage, la Fédération des cégeps croit qu'il est urgent d'agir. Dès la rentrée 2011, les collèges espèrent pouvoir compter sur un financement additionnel pour mettre en place plus de services pour ces étudiants en difficulté.
En début de semaine, Le Soleil rapportait que le nombre d'étudiants aux prises avec des troubles d'apprentissage ou des problèmes de santé mentale avait explosé au cours des dernières années. Selon les estimations les plus conservatrices provenant de la Fédération des cégeps, ils sont passés de 426 à 1071 en deux ans. De son côté, la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse estime que leur nombre a plutôt quintuplé en quatre ans, variant de 860 à 4309 étudiants.
Même si les chiffres varient d'une source à l'autre, une certitude demeure : les besoins augmentent mais l'enveloppe financière reste mince. Le ministère de l'Éducation commence à peine à délier les cordons de sa bourse pour financer des services adaptés au collégial. L'an dernier, un peu plus d'un million de dollars y étaient consacrés alors que dans les écoles primaires et secondaires, près d'un milliard de dollars dépensés chaque année pour aider ces élèves.
Le président de la Fédération des cégeps, Gaëtan Boucher, affirme qu'il est «fort possible» que les collèges puissent bénéficier de ressources additionnelles l'an prochain. «C'est clair qu'il faut régler ça pour la rentrée scolaire 2011. Ça presse», lance-t-il.
«Débat de société»
Cet argent devrait servir à bonifier les services professionnels offerts aux étudiants - par l'embauche d'orthopédagogues ou de techniciens en éducation spécialisée, par exemple - plutôt que d'être concentré autour des enseignants, affirme M. Boucher.
La Fédération estime que les sommes consacrées par le Ministère sont insuffisantes, mais refusent pour l'instant de chiffrer les besoins. «On n'est pas encore rendu là, nous avons un comité qui se penche sur la question», a dit M. Boucher.
Quant à savoir jusqu'où il faut aller pour accommoder ces étudiants qui éprouvent des troubles d'apprentissage, la Fédération reste prudente sur la question. Il s'agit d'un «débat de société» qui découle de pratiques mises en place au secondaire, indique-t-on.
Le réseau collégial a d'ailleurs été confronté à différents types de demande d'accommodement récemment, un aveugle ayant été jusqu'à contester son refus en technique policière. «Chaque fois, il faut se demander si la demande est raisonnable», affirme M. Boucher.
Le président de la Fédération des cégeps était de passage au Soleil cette semaine pour faire connaître ses priorités de la rentrée. M. Boucher réclame le report de l'adoption du projet de loi 44 sur la gouvernance des cégeps, afin qu'il suive le même cheminement que le projet de loi sur la gouvernance des universités. La Fédération aimerait par ailleurs revoir de fond en comble les pratiques de la Commission d'évaluation de l'enseignement collégial et élargir l'offre de cours en formation continue. En Ontario, près de 290 000 adultes suivent une formation de niveau collégial, comparativement à seulement 23 000 au Québec.