Transport des élèves: la CS des Navigateurs refuse une offre de STLévis

Par crainte de ne pas être équitable avec tous les élèves du secondaire de son territoire, la commission scolaire des Navigateurs a refusé une offre alléchante de la Société de transport de Lévis (STLévis).
Environ 700 élèves de la 1ere à la 5e secondaire des environs de Saint-Jean-Chrysostome auraient pu monter à bord des autobus urbains au lieu des autobus jaunes à la prochaine rentrée scolaire. Sauf que les deux organismes publics ne sont pas arrivés à s'entendre.
«On a géolocalisé l'ensemble des étudiants. Le réseau était capable de capter tout le monde», explique Jean-François Carrier, directeur général de la STLévis. Tous les élèves du secondaire concernés résident à 400 mètres ou moins d'un arrêt d'autobus de la STLévis. Ils auraient pu profiter d'un laissez-passer mensuel pour aller et revenir de l'école matin et soir, mais ils auraient aussi pu l'utiliser les soirs et la fin de semaine, en plus d'avoir accès au traversier Québec-Lévis. 
Pour M. Carrier, l'opportunité de transporter des élèves du secondaire est intéressante, car elle prépare la «clientèle du futur» et permet de «faire la promotion du transport collectif chez les plus jeunes». 
Déjà, la STLévis transporte environ 350 élèves de la commission scolaire des Navigateurs qui sont inscrits à des programmes particuliers et qui ne fréquentent pas l'école la plus proche. Leurs parents paient 20 $ par mois pour qu'ils puissent utiliser le transport en commun en tout temps. La STLévis a aussi signé des ententes de transport avec les écoles privées comme le Juvénat Notre-Dame, le Collège de Lévis et l'école Marcelle-Mallet. «On comprend mal comment on peut s'entendre avec des écoles privées, mais pas avec la commission scolaire», déplore M. Carrier. 
Le Soleil a consulté les plus récents indicateurs de gestion du ministère de l'Éducation, qui datent de 2013. Les données de ce document révèlent que la commission scolaire des Navigateurs dépense en moyenne 80 $ par mois par élève pour le transporter matin et soir, en autobus jaune. Ces données incluent bien sûr tous les élèves, même ceux qui vivent loin du transport en commun. 
Le prix d'un laissez-passer étudiant est de 65 $ par mois à la STLévis, qui avait toutefois accepté de faire un rabais aux Navigateurs, afin qu'il ne coûte que 55 $ par mois. Une offre qui a été refusée par le conseil des commissaires. 
Jérôme Demers, président de la commission scolaire, explique que dans ce cas, «on ne parle pas d'économies entre un type de véhicule ou l'autre», soit entre un autobus scolaire et le transport en commun. Il soutient que le coût du transport scolaire fait l'objet d'une «mécanique de calcul complexe» et que l'offre de la STLévis aurait fait en sorte qu'un montant supplémentaire par mois aurait dû être facturé aux parents des élèves concernés.
Laissez-passer spécial 
Les commissaires avaient demandé à ce que la STLévis émette un laissez-passer spécial, valide seulement du lundi au vendredi de jour, qui aurait pu être offert gratuitement aux élèves. Les parents auraient ensuite eu le choix de payer un montant de plus pour que leur jeune utilise le transport en commun en tout temps. La STLévis a refusé de complexifier sa gestion en émettant un tel laissez-passer. 
Constatant qu'ils devaient obliger certains parents à payer des frais supplémentaires alors que d'autres ont droit au transport scolaire gratuit, les commissaires scolaires ont préféré décliner l'offre. «On voulait respecter le principe d'équité territoriale», soutient M. Demers. 
La commission scolaire des Navigateurs ira donc en appel d'offres avec des transporteurs privés, mais «le conseil des commissaires reste ouvert à toute autre négociation pouvant s'avérer satisfaisante pour les deux organisations», soutient M. Demers. 
Selon le Règlement sur le transport des élèves, toutes les commissions scolaires québécoises qui ont une société de transport en commun sur leur territoire doivent d'abord négocier avec elle avant d'aller en appel d'offres public pour recruter des transporteurs privés.