Les cégépiens réclament un véritable salaire pour tous les stages, et non une compensation, comme l’a laissé entendre le gouvernement caquiste.

Stage rémunéré: vote d’une grève de quatre jours au Cégep Limoilou

Les étudiants de Cégep Limoilou se prononceront, mercredi, sur une grève de quatre jours non consécutifs pour obtenir des stages rémunérés.

Les cégépiens réclament un véritable salaire pour tous les stages, et non une compensation, comme l’a laissé entendre le gouvernement caquiste.

«Ils parlent beaucoup de compensations. Ce n’est pas ce qu’on demande. On demande une rémunération parce que c’est vraiment la rémunération qui va permettre aux stagiaires d’avoir un statut de travailleur, travailleuse. Ça implique non seulement la reconnaissance du travail qui est accompli, un salaire, mais aussi qu’ils aient accès aux normes du travail. On parle d’une protection en cas d’accident, de maladie ou de harcèlement, ce qu’ils n’ont pas pour l’instant», a expliqué la secrétaire en mobilisation pour l’Association étudiante du Cégep Limoilou, Lauriane Alix.

Déjà, cet automne, des milliers d’étudiants postsecondaires avaient entamé un mouvement de grève dans l’espoir d’obtenir une rémunération et une protection pour les stagiaires. «On demande une rémunération pour tous les stages y compris les stages d’observation, en fonction du travail qui est réalisé. On ne demande pas le même salaire qu’un employé qui est là depuis 10 ans, mais d’avoir une protection et une rémunération. Un stage d’observation, l’étudiant ne réalise pas des tâches, mais c’est quand même un apprentissage et souvent il y a beaucoup de travail qui est relié à ça en dehors du stage comme le rapport de stage, et on trouve ça important que ce soit reconnu aussi», a-t-elle justifié.

Si la grève est votée, mercredi, les étudiants débrayeront le 20 février et le 8 mars, ainsi que deux autres journées, dont les dates n’ont pas encore été fixées.

«Le 20 février, c’est la journée sur la justice sociale organisée par la coalition Main rouge, et le 8 mars, c’est la journée internationale des droits des femmes. On trouve que c’est très significatif vu que, la rémunération des stages, c’est un enjeu féministe parce qu’une grande majorité des stages non rémunérés sont occupés par des femmes», a indiqué Mme Alix.

Le ministre ouvert

Le ministre de l’Éducation Jean-François Roberge a promis de réfléchir à la rémunération et à l’encadrement des stages. Il avait rencontré cet automne les associations étudiantes pour faire part de ses intentions. M. Roberge va par ailleurs consulter dans les prochains mois les associations étudiantes, les directions d’établissements, les partenaires du marché du travail et les autres ministères concernés pour évaluer les différents scénarios. En avril, il devrait avoir un meilleur portrait de la situation.

Le ministre de l’Éducation estime que cette consultation de plusieurs mois est nécessaire pour prendre la bonne décision et impliquer tous les intervenants concernés.

En ce moment, les stages sont rémunérés dans seulement certains programmes précis. Par exemple, l’ancien gouvernement Couillard avait accepté de rémunérer les étudiants en enseignement pour leur quatrième stage et les étudiants au doctorat en psychologie. Les Comités unitaires sur le travail étudiant (CUTE), qui ont organisé la mobilisation de l’automne dernier, réclament que tous les stages, sans exception, soient payés. Avec La Presse canadienne