La ministre de l'Éducation, du Loisir et du Sport, Marie Malavoy, est interpellée par l'auteur, qui juge que les jeunes n'ont pas accès à assez de cours d'éducation physique.

Sommet sur la profession d'enseignant: les actions d'abord, disent les syndicats

L'idée évoquée par la ministre de l'Éducation, Marie Malavoy, d'organiser un sommet consacré aux enseignants afin de valoriser la profession ne plaît pas à la Fédération des syndicats de l'enseignement (FSE). L'organisation soutient que Québec a beaucoup d'autres gestes à poser avant de mettre en scène un tel «spectacle».
«C'est prématuré», tranche la présidente de la Fédération des syndicats de l'enseignement, Josée Scalabrini. Selon elle, beaucoup de professeurs ont dit ne pas vouloir de quelque chose «qui vient encore d'en haut», mais plutôt un changement d'attitude complet de la part du ministère de l'Éducation, du Loisir et du Sport (MELS). 
«On ne prend jamais la peine de consulter les enseignants», souligne-t-elle, citant en exemple l'imposition du programme d'anglais intensif en sixième année ou les changements prévus aux cours d'histoire qui ont été décidés sans prendre la peine de considérer l'expertise des principaux intéressés.
Josée Scalabrini insiste pour dire que la ministre pourrait d'abord s'enquérir auprès des enseignants de leurs besoins et de leurs opinions pour les valoriser, un exercice de consultation que mène la FSE depuis plusieurs années. «Ils ont besoin d'aide, de temps, de services pour les jeunes en difficulté», cite en exemple celle qui représente environ 60 000 enseignants québécois.
De son côté, la Fédération autonome de l'enseignement est favorable à l'idée d'un sommet. «Je crois qu'il est temps que nous prenions un moment pour discuter de la condition des professions enseignantes», affirme le président du regroupement qui compte 32 000 membres, Sylvain Mallette.
Il estime cependant que si un tel exercice se concrétise, la ministre doit laisser toute la place aux professeurs et non pas seulement aux experts des facultés d'enseignement, aux commissions scolaires ou aux fonctionnaires. Les deux syndicats s'entendent par ailleurs pour dire que les négociations en vue du renouvellement de la convention collective des profs, qui vient à échéance en mars 2015, seront une belle occasion pour Québec de démontrer qu'il joint le geste à la parole.