Stéphane Bédard dit mal comprendre la stratégie de la Fédération nationale des enseignants (FNEEQ-CSN) qui a notamment organisé jeudi une manifestation devant le parlement pour dénoncer le soi-disant déclassement de leur rang au sein de la fonction publique dans l'exercice administratif de relativité salariale qui touche plusieurs catégories d'emploi.

Salaires dans les cégeps: les profs promettent un «hiver chaud»

Alors que les professeurs de cégeps membres de la Fédération nationale des enseignants (FNEEQ-CSN) promettent un «hiver chaud» après une soi-disant impasse avec le Conseil du trésor sur leurs conditions salariales, son président, Stéphane Bédard, annonce qu'ils conserveront leur 22e rang au sein de la fonction publique et les privilèges accordés à ceux qui détiennent des maîtrises et des doctorats.
Le torchon brûle entre Québec et ce syndicat depuis qu'ils ont entrepris des discussions dans le cadre de l'exercice administratif de relativité salariale. Celui-ci vise à classer, sur une échelle comportant de nombreux critères, les différentes catégories d'emplois au sein du gouvernement.
Le Conseil du trésor avait entamé les pourparlers en «déclassant» les enseignants au 21e rang - entraînant selon eux une diminution de 5 % de leur salaire - alors qu'ils occupent présentement un échelon supérieur. La FNEEQ-CSN souhaitait de son côté en gravir plusieurs et voir les diplômes de deuxième et troisième cycles être davantage valorisés, un enjeu qui concerne la convention collective des profs du collégial.
Or, selon la vice-présidente de l'organisation syndicale, Micheline Thibodeau, la rencontre de la semaine portant sur ce dernier sujet a mené à une impasse.
Moyens de pression
«On souhaite une reconnaissance de tout le travail que nous effectuons en enseignement supérieur», explique-t-elle. Frustrés, les enseignants du regroupement ont ainsi décidé vendredi de revenir à la charge avec de nouveaux moyens de pression.
Il est cependant toujours exclu, pour l'instant, de perturber les cours et il est plutôt question de sorties médiatiques et d'initiatives auprès des députés péquistes. «Nous voulons aussi fournir beaucoup d'informations aux étudiants», ajoute Mme Thibodeau. Celle qui promet un «hiver chaud» se dit déçue de ce dénouement après avoir cru, début décembre, être parvenue à s'entendre avec le Conseil du trésor.
Son président, Stéphane Bédard, est de son côté exaspéré par l'attitude de la FNEEQ-CSN, qui selon lui «alimente une polémique qui n'existe pas». Il croit que le syndicat se sert de l'exercice de relativité salariale pour tenter de rouvrir la convention collective avant son échéance en mars 2015. «Il n'en est pas question», martèle le ministre.
«À ce moment-ci, on est prêt à reconnaître le classement qu'ils ont, les avantages qu'ils ont au niveau de la maîtrise et du doctorat et même à regarder à ce qu'ils soient ajustés [...] mais on ne commencera pas à appliquer des augmentations avant la fin des conventions collectives!» s'exclame M. Bédard, qui espère clore le dossier une fois pour toutes.
En novembre, ce dernier avait juré qu'il ne baisserait pas le salaire des professeurs mais ne s'était pas engagé à ce que les enseignants du cégep conservent leur 22e rang.