En mai, le ministère de l'Éducation a émis une directive à l'intention des écoles qui soutient que les modifications de notes dans le but d'atteindre des cibles de réussite ne sont pas tolérées.

Résultats scolaires trafiqués: une procédure «normale», soutient le ministre Proulx

L'opposition officielle dénonce d'autres cas de résultats scolaires potentiellement trafiqués, alors que le ministre de l'Éducation, Sébastien Proulx, n'y voit qu'une procédure «normale».
Le député péquiste Alexandre Cloutier a brandi, mercredi, en Chambre, une procédure de la Commission scolaire de la Capitale invitant les professeurs à discuter avec la direction avant d'attribuer une note entre 57 et 60 %.
Or, en mai dernier, le ministre Sébastien Proulx avait émis une directive pour mettre fin à la falsification des résultats scolaires.
M. Cloutier a plutôt laissé entendre que la pratique perdurait dans les écoles. «Il n'y a absolument rien de changé sur les notes gonflées», a-t-il déploré.
À la période de questions, le député de Lac-Saint-Jean a demandé au ministre s'il cautionnait cette procédure de la commission scolaire de Québec, qui visait les élèves ayant suivi un cours d'été.
«Autrement dit, avant d'inscrire 57 % sur un bulletin, on convoque les professeurs dans le bureau du directeur», a résumé M. Cloutier.
M. Proulx a répliqué que son adversaire ne rapportait que la moitié de l'histoire. Il n'y a pas de note sur les bulletins dans les cours d'été, a-t-il fait savoir : soit on réussit, soit on échoue.
Il a minimisé le fait que la direction rencontre le professeur qui colle un échec à un élève. «Qu'un directeur d'école ait voulu parler avec son enseignant pour s'assurer que l'équipe-école ensemble puisse être en mesure de répondre aux questions des parents m'apparaît tout à fait normal», a-t-il affirmé.
«On parle d'élèves qui se retrouvent à la frontière entre l'échec et la réussite. Qu'est-ce qu'il y a de mal à ce qu'une direction discute avec l'enseignant, comme elle doit le faire avec une équipe-école, du cas d'un élève?»
Le député péquiste a aussi fait état de cas en Outaouais où des résultats qui avaient été colligés en juin n'étaient plus les mêmes en août. M. Proulx a soutenu qu'il n'avait pas été informé de cette situation, que cela pouvait être une hypothèse, mais qu'il en va autrement de la vérité.
Cibles de réussite
Le débat sur la falsification des résultats scolaires a été lancé au printemps dernier, après de nombreux témoignages et dénonciations de professeurs qui disaient avoir été contraints de maquiller de mauvais résultats pour accorder la note de passage aux élèves en difficulté, cela en vue d'atteindre les cibles de réussite visées par le gouvernement.
Rappelons que la directive ministérielle émise en mai à l'intention des écoles soutient que les modifications de notes dans le but d'atteindre des cibles de réussite ne sont pas tolérées.
Le ministre avait rappelé que «les cibles de réussite visent d'abord et avant tout à donner à tous des objectifs d'amélioration continue et à améliorer de façon globale la diplomation des élèves, mais elles ne constituent pas une motivation pour changer la réalité».
M. Proulx avait assuré que la directive était nécessaire non pas parce que le maquillage des notes était généralisé, mais «parce que des personnes pensent que l'évaluation du savoir au Québec ne tient pas la route et qu'il faut corriger cette perception».