Les enseignants ne veulent pas plus de 10 % d'élèves en difficulté dans les classes ordinaires.

Rentrée scolaire: la priorité aux élèves en difficulté

La rentrée scolaire approche à grands pas. Cette année, l'épineux dossier des élèves en difficulté demeure la priorité des enseignants, qui espèrent que le forum sur l'éducation prévu cet automne permettra une fois pour toutes de fixer des balises à l'intégration de ces élèves dans les classes ordinaires.
«Ça fait des années qu'on en parle, il faut passer à l'action. On n'a pas le choix. Le jour où on va avoir réglé cette question, on aura un gros bout de chemin de fait», a affirmé mardi Manon Bernard, présidente de la Fédération des syndicats de l'enseignement (FSE-CSQ).
Le nombre élevé d'élèves éprouvant des problèmes d'apprentissage défraie la manchette depuis déjà plusieurs années. En avril, Le Soleil dressait le portrait d'une classe de sixième année d'une école primaire de Québec où la moitié des élèves n'avaient pas les acquis pour être en sixième année. L'enseignante, à bout de souffle, devait adapter son matériel scolaire au niveau de chacun.
Pour corriger la situation, les syndicats d'enseignants veulent limiter à 10 % le nombre maximal d'élèves en difficulté intégrés dans une classe ordinaire. Les profs entendent bien revenir à la charge lors du forum qui réunira cet automne les acteurs du milieu de l'éducation. Au printemps, le premier ministre Jean Charest a affirmé qu'il voulait revoir le modèle d'intégration des élèves en difficulté dans les classes ordinaires, dont le nombre ne cesse d'augmenter au fil des ans (voir l'encadré).
«On sent qu'il y a un certain consensus sur le fait qu'on est allé trop loin dans l'intégration. Mais à partir de ça, on fait quoi? On espère que ce sera plus que des belles paroles», lance Mme Bernard.
La FSE espère que la rencontre de cet automne permettra de définir des «lignes directrices» qui viendront encadrer l'intégration de ces élèves en difficulté dans les classes ordinaires. En juin 2008, l'ancienne ministre de l'Éducation Michelle Courchesne avait présenté un plan d'action concernant l'intégration de ces élèves en promettant des balises qui se font toujours attendre.
La dernière entente de principe conclue entre le gouvernement et la Fédération des syndicats d'enseignants prévoit par ailleurs qu'un comité de travail se penchera aussi sur la question. Une enveloppe de 20 millions $ a également été consentie pour bonifier les services aux élèves en difficulté, qui accaparent déjà près de 1 milliard $ annuellement.
Faire plus
Les commissions scolaires de la région n'étaient pas en mesure mardi de préciser comment cet argent sera dépensé pour la prochaine année. Seule la commission scolaire des Navigateurs, sur la Rive-Sud, a été en mesure d'indiquer que les 412 000 $ reçus serviront à augmenter les services en psychologie de même qu'à embaucher des techniciens en éducation spécialisée et une professionnelle qui fera de la prévention auprès des plus jeunes.
Mais il faudra faire plus pour régler définitivement le problème, ajoute Mme Bernard. La présidente de la FSE rappelle que le problème est plus profond. Les programmes particuliers, comme les populaires concentration en arts, en informatique ou en sport par exemple, sélectionnent les élèves plus performants si bien que l'on trouve une plus grande concentration d'élèves en difficulté dans les classes ordinaires. «Il va falloir décider ce qu'on veut faire comme choix de société», lance-t-elle.