Quoi de neuf à l'école?

De la maternelle à la 5e secondaire, c'est cette semaine que les élèves reprennent leur sac à dos, direction l'école! Quelques nouveaux cours et nouveautés pédagogiques sont à surveiller.
Éducation financière
Cours de 50 heures - 5e secondaire
Ayant fait couler beaucoup d'encre l'an dernier, le nouveau cours d'Éducation financière est déployé. De la formation aux enseignants a été donnée en juin dernier et les manuels sont prêts, indique Yvan Émond, vice-président de l'Association québécoise pour l'enseignement de l'univers social. «On a toujours été d'accord avec le contenu de ce cours-là. Au départ, c'était censé être un cours optionnel. Le fait de le rendre obligatoire a bousculé des choses, c'est certain», explique M. Émond. 
C'est en décembre dernier que le ministre de l'Éducation Sébastien Proulx a annoncé que le cours d'Éducation financière serait obligatoire en septembre 2017. Un délai que les syndicats enseignants ont jugé trop court. Ils ont entrepris des recours judiciaires contre le ministre de l'Éducation, mais ils n'ont pas pu freiner le déploiement du cours. 
«Comme d'habitude, on est professionnels et on va donner ce cours-là. Par contre, on juge qu'on n'est pas prêts et qu'il aurait fallu plus de temps pour s'approprier la matière. On a choisi d'écouter des hommes d'affaires qui étaient pressés», déplore Josée Scalabrini, présidente de la Fédération des syndicats de l'enseignement. 
L'introduction d'Éducation financière dans la grille-matières a pour effet de couper en deux les heures attribuées au cours Monde contemporain, qui passe de 100 à 50 heures. Au cours de l'été, le ministère de l'Éducation a dû trancher et enlever deux modules dans ce cours obligatoire. 
Ainsi, les jeunes étudieront les thèmes Population, Richesse, de même que Tensions et conflits, mais ils ne verront plus les thèmes Environnement et Pouvoir. 
Extraits du programme d'éducation financière
• Développer un sens critique dans la gestion de leurs finances personnelles
• Faire la différence entre des dépenses fixes et variables
• Connaître les risques associés au crédit
• Comprendre le rôle de la publicité
• Comprendre le rôle des taxes
Éducation à la sexualité
5 à 15 heures d'apprentissages - Facultatif
Après deux années de projet-pilote dans 19 écoles primaires et secondaires, l'Éducation à la sexualité peut être déployée dans toutes les écoles qui le souhaitent à la rentrée. Son contenu n'est toutefois pas encore obligatoire et devrait l'être l'an prochain. En avril, le ministre de l'Éducation Sébastien Proulx avait dit vouloir faire le bilan des deux années du projet-pilote avant d'imposer ce contenu dans toutes les écoles, se gardant la possibilité de faire des ajustements. Chaque école primaire et secondaire doit décider de l'enseignant ou du professionnel qui sera le mieux outillé pour donner le contenu de ce cours. 
Extraits du programme d'éducation à la sexualité
• Maternelle: situer les parties du corps des filles et des garçons
• 1re année: reconnaître les situations d'agression sexuelle
• 4e année: situer les principaux changements de puberté
• 6e année: comprendre le sexisme et l'homophobie
• 1re secondaire: prendre conscience des sentiments amoureux
• 2e secondaire: favoriser l'utilisation du condom
• 4e secondaire: reconnaître les comportements de violence dans un couple
Orientation scolaire et professionnelle
6 à 10 heures d'apprentissages  - 5e et 6e année
Afin d'aider les jeunes à mieux cibler ce qu'ils veulent faire plus tard, des contenus d'orientation scolaire et professionnelle refont leur apparition dans les écoles. Et ça commence dès le primaire. En 2017-2018, tous les groupes de 5e et 6e année devront consacrer quelques heures à connaître les métiers et à cibler ce qui les allume. «Le cours est bien fait et adapté à chaque niveau. Mais c'est vraiment une mise en bouche», commente Martine Lacharité, directrice générale de l'Ordre des conseillers en orientation du Québec. Ces contenus seront progressivement implantés au secondaire au cours des prochaines années. Mme Lacharité s'inquiète toutefois de constater qu'aucune nouvelle ressource n'est dédiée au déploiement de ce cours. Les conseillers en orientation qui travaillent dans les écoles secondaires devraient être mis à contribution, mais ils souhaitent également garder du temps pour rencontrer les élèves individuellement. 
Histoire du Québec et du Canada
Cours de 100 heures - 4e secondaire
Le ministre de l'Éducation a donné son approbation finale au nouveau cours d'Histoire du Québec et du Canada il y a quelques semaines. Déjà obligatoire l'an dernier en 3e secondaire, le cours devient obligatoire cette année en 4e secondaire. Au lieu de se faire raconter la matière de façon thématique, les élèves parcourront l'histoire de façon chronologique. Ils étudieront l'histoire des autochtones jusqu'à 1840 en 3e secondaire, puis l'histoire du pays et de la province de 1840 à nos jours en 4e secondaire. La naissance du Canada, le nationalisme et la Révolution tranquille seront entre autres explorés. 
Aide pédagogique
Dans toutes les classes de maternelle et de 1re année
Les enseignants de maternelle et de 1re année pourront avoir un coup de main cette année. Le gouvernement a débloqué des fonds dans le dernier budget pour engager 1183 personnes qui veilleront à dépister les difficultés émergentes des plus jeunes et éviter qu'ils prennent du retard. En maternelle, un éducateur spécialisé viendra supporter l'enseignant une journée par semaine, tandis qu'en 1re année, un enseignant ou un professionnel épaulera l'enseignant deux jours par semaine. Le ministère de l'Éducation n'a pas été en mesure de confirmer au Soleil si toutes ces embauches avaient été faites dans les commissions scolaires à l'aube de la rentrée.
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Québec prié d'en faire plus pour les enfants en difficulté
Munie d'un sondage qui démontre que tant le public que le personnel de l'enseignement réclament, dans de fortes proportions, de meilleurs services aux enfants qui ont des difficultés d'apprentissage, la CSQ presse Québec de cesser de faire des promesses et d'agir véritablement et maintenant.
Un sondage Crop réalisé pour la Centrale des syndicats du Québec, qui représente la majorité des enseignants du primaire et du secondaire, révèle en effet que seulement 34 % des citoyens interrogés jugent que le réseau scolaire public dispose des moyens suffisants pour s'occuper avec équité des élèves handicapés ou en difficulté d'adaptation ou d'apprentissage.
Et, à l'inverse, 83 % estiment que le gouvernement doit investir davantage, tant dans le réseau scolaire que les services de garde, pour que ces élèves aient accès aux services dont ils ont besoin.
De tels pourcentages démontrent que «le public a été largement sensibilisé» à cette cause du manque d'accompagnement, de services d'aide pour les élèves en difficulté, a dit estimer Louise Chabot, présidente de la CSQ.
«Ce n'est pas d'hier qu'on fait valoir, par l'ensemble du personnel, ce besoin criant là de répondre aux besoins des élèves, d'agir en amont. Je pense que la population a été à même de constater les bris de services», a commenté Mme Chabot. Le public «veut que le gouvernement agisse, qu'il agisse vite et qu'il donne les moyens» au réseau public de dispenser ces services.
Le personnel
Au sein du personnel de l'enseignement, le diagnostic est encore plus éloquent : 88 % disent être témoins au quotidien d'une insuffisance de services aux élèves en difficulté. De même, 86,5 % constatent que des élèves, dans leur école, sont en attente de services professionnels auxquels ils ont droit.
En mars, Québec avait annoncé un ajout de 637 millions $ pour le préscolaire, le primaire et le secondaire. Également, il avait annoncé que dès le mois de septembre, il ajouterait 1500 personnes vouées à l'aide directe aux élèves. Mme Chabot espère voir se concrétiser dès la présente rentrée scolaire ces promesses.  La Presse canadienne