Le ministre de l'Éducation souligne que le gouvernement a annoncé au dernier budget l'ajout de 7500 nouveaux éducateurs, profs ou professionnels d'ici cinq ans dans les écoles, qui seront surtout appelés à donner un coup de main en maternelle et en 1re année du primaire.

Proulx défend les services offerts en maternelle

Le ministre de l'Éducation, Sébastien Proulx, estime avoir déjà répondu au besoin de ressources supplémentaires dans les classes de maternelle.
Il a réagi mardi à l'appel à l'aide des profs du préscolaire. Dans un sondage de la Fédération des syndicats de l'enseignement (FSE), ces enseignants sont presque unanimes à dire qu'il est difficile d'obtenir des services de psychologues, d'orthopédagogues ou d'autres spécialistes en classe.
«J'entends le besoin d'avoir des ressources. J'y ai répondu déjà», a-t-il lancé. Le gouvernement a annoncé au dernier budget l'ajout de 7500 nouveaux éducateurs, profs ou professionnels d'ici cinq ans dans les écoles, qui seront surtout appelés à donner un coup de main en maternelle et en 1re année du primaire. La FSE soutient que pour cette année, cet investissement ne représente qu'un très faible ajout. «Ça ne peut pas être une goutte dans l'océan», se défend M. Proulx. 
Le ministre estime également que seulement le quart des enfants en difficulté ont un financement spécial qui provient du ministère de l'Éducation parce qu'ils ont reçu un diagnostic d'handicap ou de difficulté d'apprentissage, accompagné d'un code. Les autres bénéficient de mesures d'accompagnement et ces mesures peuvent très bien être déployées en maternelle.
«C'est aux milieux à investir ces sommes, à les répartir et à faire ce qu'il faut pour que nos élèves soient soutenus.»
M. Proulx indique également que ses ministères de l'Éducation et de la Famille, en collaboration avec le ministère de la Santé, préparent une Stratégie 0-8 ans, pour faire en sorte que les «vulnérabilités» de tous les enfants de moins de 8 ans soient atténuées. Il soutient que ce «geste concret» devrait faire l'objet d'une annonce d'ici «quelques semaines». 
Jean-François Roberge, porte-parole de la Coalition avenir Québec (CAQ) en éducation, trouve «très choquants» les résultats du sondage de la FSE. «Comment ça se fait qu'on endure ça? Le ministre se gargarise toujours de discours qui utilisent les bons mots, mais la réalité est tout autre.»
M. Roberge n'hésite pas à qualifier M. Proulx de «jovialiste», alors que des enfants de maternelle n'ont pas le soutien qu'il leur faudrait pour réussir.
«On va encore oublier, sacrifier des jeunes. Pour eux, c'est une année qui ne reviendra jamais.»

Listes d'effets scolaires: des balises d'ici trois mois

Les listes d'effets scolaires et les factures envoyées aux parents devraient se ressembler un peu plus d'une école à l'autre à la prochaine rentrée scolaire. 
Le ministre de l'Éducation, Sébastien Proulx, a envoyé mardi en fin de journée une lettre aux associations de commissions scolaires et aux comités de parents francophones et anglophones. 
Dans cette lettre, dont Le Soleil a obtenu copie, il mandate ces groupes pour faire un examen complet de ce qui devrait être fourni par l'école et ce qui devrait être facturé aux parents.
«Vous devrez faire des propositions concrètes visant à mieux baliser le principe de gratuité scolaire et à uniformiser les pratiques dans le réseau», ajoute-t-il ensuite. 
Comme il l'a laissé entendre à la rentrée, le ministre indique qu'il souhaite définir «des balises claires applicables dès la prochaine rentrée scolaire».
Il demande aux commissions scolaires et aux parents de mener «un exercice conjoint» et de faire part de leurs propositions d'ici le 15 décembre. 
Si les groupes n'arrivent pas à s'entendre sur les articles qui peuvent être facturés ou non, le ministre pourrait trancher au cours de l'année 2018.
La Fédération des comités de parents s'est réjouie par communiqué mardi d'obtenir ce mandat de la part du ministre. 
Rappelons qu'une mère de Saguenay a enclenché un recours collectif visant la majorité des commissions scolaires du Québec, car elle estime que les écoles ont refilé trop de coûts aux parents au cours des dernières années.
À la rentrée, le ministre s'était engagé à «tracer la ligne» sur ce qui peut ou non être facturé aux parents et avait averti le réseau que la liste d'effets scolaires n'était pas «un bar ouvert».