À Québec, cinq écoles du quartier Limoilou ont accès à ce programme grâce à un partenariat avec le Patro Roc-Amadour.

Programme d'initiation à la natation à l'école: Québec en retard sur Montréal

Le programme Nager pour survivre, qui permet d'initier des élèves de troisième année à la sécurité aquatique, est de plus en plus répandu dans les écoles de... Montréal. À Québec, seulement quelques écoles y ont accès.
Cette formation, mise au point par la Société de sauvetage du Québec, est en place dans 31 écoles primaires de Montréal (3500 élèves) et cinq écoles de Québec (150 élèves). Il ne s'agit pas d'un cours de natation en bonne et due forme. Ce programme permet plutôt d'évaluer les habiletés de base des enfants en natation, de leur enseigner les rudiments de la sécurité aquatique et de leur montrer quoi faire pour éviter la noyade, s'ils tombent à l'eau. Le tout, grâce à trois séances en piscine et trois séances en classe.
En juillet 2012, le gouvernement Charest avait annoncé qu'il voulait inciter les écoles primaires à implanter ce programme grâce à un financement de 2 millions $. Deux ans et deux élections plus tard, le ministère de l'Éducation dispose d'une enveloppe de 25 000$ à laquelle auront accès 18écoles en 2014-2015, indique son porte-parole, Bryan Saint-Louis.
Mais d'autres écoles arrivent à mettre en oeuvre ce programme sans l'aide de Québec.
Dans la métropole, les commissions scolaires ont pu compter sur la participation de la Ville de Montréal, qui a fait de l'implantation du programme Nager pour survivre un des objectifs de son plan d'intervention aquatique. L'objectif, d'ici 2017, est que tous les élèves de troisième année y aient accès, indique le porte-parole Jacques-Alain Lavallée.
Cette année, une dizaine de piscines intérieures municipales seront mises à la disposition des écoles qui participent. La Société de sauvetage contribue à la réalisation du programme en défrayant le salaire des moniteurs. Mais il reste aussi à financer le transport des élèves. «On vise un financement partagé» entre les commissions scolaires, les arrondissements et les organismes partenaires, affirme M. Lavallée.
Le directeur de la Société de sauvetage, Raynald Hawkins, se réjouit de l'initiative de la Ville de Montréal. «Ça fait une différence», dit-il.
À Québec, cinq écoles du quartier Limoilou ont accès à ce programme grâce à un partenariat avec le Patro Roc-Amadour. «On y croit beaucoup», affirme Karine Gauthier, directrice aquatique de ce centre communautaire, qui estime que cette formation est un véritable «vaccin contre la noyade».
Ressources limitées
Mme Gauthier aimerait bien offrir ce programme à d'autres écoles, mais les ressources financières ne sont pas illimitées, précise-t-elle. À l'image de ce qui se fait à Montréal, elle aimerait «que la Ville fasse sa part».
À la Ville de Québec, on affirme que ce programme est surtout «du ressort des écoles». L'administration municipale n'a pas été sollicitée à ce sujet, indique un de ses porte-parole, David O'Brien.
Ce programme a fait ses preuves lors de projets-pilotes menés par le ministère de l'Éducation en 2010 dans certaines écoles. Les commentaires recueillis auprès des élèves, des parents et des enseignants sont positifs, indique-t-on du côté du Ministère.
Cette formation permet aux parents de prendre conscience des habiletés - ou lacunes - de leurs enfants, les incitant souvent à les inscrire à de véritable cours de natation, ajoute M. Hawkins.