Le calendrier 2020-2021 publié jeudi montre qu’aux Premières-Seigneuries, autant au primaire qu’au secondaire, les classes s’amorceront le vendredi 4 septembre, au lieu du vendredi précédent, le 28 août, comme ailleurs.
Le calendrier 2020-2021 publié jeudi montre qu’aux Premières-Seigneuries, autant au primaire qu’au secondaire, les classes s’amorceront le vendredi 4 septembre, au lieu du vendredi précédent, le 28 août, comme ailleurs.

Premières-Seigneuries: une relâche pour les élèves, mais moins de congés

L’école devrait reprendre son cours habituel cet automne. Sauf pour les 30 000 élèves de la Commission scolaire des Premières-Seigneuries, qui commenceront une semaine plus tard et auront cinq congés de moins dans l’année. La semaine de relâche est maintenue, mais pas pour les profs.

La situation n’a aucun lien avec l’épidémie de COVID-19. La question était en suspens depuis des mois au sein de la commission scolaire devenue centre de services scolaires couvrant en gros Beauport, Charlesbourg, la Côte-de-Beaupré et l’île d’Orléans.

Le calendrier 2020-2021 publié jeudi montre qu’aux Premières-Seigneuries, autant au primaire qu’au secondaire, les classes s’amorceront le vendredi 4 septembre. Au lieu du vendredi précédent, le 28 août, comme tout le monde.

La semaine de relâche aura bel et bien lieu là comme ailleurs, du 1er au 5 mars. Mais au lieu de réelles journées de fermeture complète, cette semaine sera composée de quatre journées pédagogiques et d’un congé statutaire. Les 3000 enseignantes et enseignants devront donc rentrer au boulot du lundi au jeudi.

À l’école le 25 juin?

«C’est difficile de percevoir cette décision autrement que comme des représailles envers les enseignants, de sentir autre chose que de l’irrespect et du mépris de la part de la direction», a commenté la présidente du Syndicat de l’enseignement de la région de Québec (SERQ), Annie-Christine Tardif, parlant d’un geste «contre-pédagogique et contre-productif».

Le Soleil a joint Mme Tardif jeudi en fin de soirée, au terme d’une longue réunion des représentants syndicaux sur le sujet. «Les enseignants sont très... fâchés. Et je pèse mes mots», a-t-elle laissé tomber, ajoutant qu’un plan de mobilisation sera mis sur pied.

Ces cinq journées de congé sont récupérées un peu partout à travers le calendrier, qui conserve ses 180 jours d’école obligatoires.

Aucune pédago en septembre après la fête du Travail, deux longues fins de semaine réduites de quatre à trois jours en automne (vendredi de l’Action de grâce, fin de la première étape), puis des retours en classe devancés d’une journée après les Fêtes et la relâche.

De plus, la troisième des trois journées pédagogiques remplacées par un jour d’école en cas de tempête ou de force majeure est programmée... le 25 juin. Il pourrait donc y avoir de l’école le lendemain de la Saint-Jean-Baptiste aux Premières-Seigneuries.

Pas d’entente locale

En février, l’hypothèse de ne pas avoir de semaine de relâche pour les élèves était évoquée. Un contentieux qui perdure depuis trois ans entre la direction et le syndicat des enseignants mène à ce remodelage du calendrier.

Le volet national de la convention collective des enseignants du Québec stipule que leur période de travail s’étale du 1er septembre au 30 juin. Mais au niveau local, dans toutes les commissions scolaires, les directions s’entendent ensuite avec leurs enseignants pour commencer une semaine plus tôt en août et prendre une véritable pause d’une semaine en mars.

Mais depuis trois ans, la direction des Premières-Seigneuries a renié les autres arrangements locaux, dont les demi-journées de congé pour un enfant ou un parent malade et la liste de priorité.

Comme il n’y a toujours pas d’entente sur l’ensemble des arrangements locaux, malgré une vingtaine de séances médiation à l’automne et une nouvelle offre syndicale refusée le 2 avril, le centre de services n’a d’autre choix que d’aller de l’avant avec ce calendrier modifié, affirme la secrétaire générale des Premières-Seigneuries, Martine Chouinard.

Lors des récentes consultations sur le calendrier tenues du 27 mars au 16 avril, les comités de parents ont entre autres exprimé leur grand attachement à la relâche du début mars, souligne Mme Chouinard. Qui assure que la direction aurait préféré s’entendre avec ses enseignants, lancer l’année scolaire plus tôt et avoir une relâche pour tous.

Redistribuer les congés

Retirer de précieuses journées pédagogiques à l’automne relève encore plus d’un «non-sens» dans un contexte des suites de la COVID-19, argumente la présidente du syndicat. La situation nécessitera encore davantage de temps de planification et de concertation de la part des enseignants, calcule-t-elle.

Les enseignants ont donc en main une nouvelle proposition de calendrier avec début tardif, sans semaine de relâche et des journées pédagogiques redistribuées de façon plus efficace, selon eux.

La direction confirme par ailleurs que les services de garde des 33 écoles primaires rouvriront quand même à la fin août et accueilleront aussi les enfants pendant la relâche de mars.

Le calendrier scolaire est fixé par cycle de trois ans, mais il y a possibilité de renégocier en avril de chaque année.

Les Premières-Seigneuries regroupent quelque 30 000 élèves dans 45 écoles. Ce calendrier scolaire ne s’applique toutefois qu’aux 33 écoles primaires et huit écoles secondaires.