Les étudiants réclament la rémunération de leurs stages à tous les niveaux d'études ainsi qu'une protection en vertu des normes du travail.

Plusieurs centaines d'étudiants manifestent pour des stages rémunérés

Plusieurs centaines d'étudiants ont profité de leur mouvement de grève pour descendre dans la rue, mercredi après-midi, et réclamer la rémunération de leurs stages à tous les niveaux d'études ainsi qu'une protection en vertu des normes du travail.

«Épuisés avant d'être diplômés!» scandaient les quelque 1000 protestataires réunis à la place Émilie-Gamelin, au centre-ville de Montréal. Des manifestations similaires ont également eu lieu à Sherbrooke, à Gatineau et à Québec.

Selon les Comités unitaires sur le travail étudiant (CUTE), qui chapeautent la campagne, près de 58 000 étudiants issus d'une quarantaine d'associations étudiantes collégiales et universitaires ont débrayé mercredi.

Bien que les revendications concernent d'abord des domaines de formation tels que les soins infirmiers, le travail social et l'enseignement, d'autres programmes qui ne sont pas typiquement dotés de stages se sont aussi joints à la grève, notamment en philosophie et en histoire.

Nicolas Monette, coordonnateur de l'Association étudiante d'éducation préscolaire et d'enseignement primaire à l'UQAM, constate une grande solidarité envers cette cause. Il fait valoir qu'elle s'inscrit dans le cadre plus global de la précarité des étudiants. «Les stages non rémunérés, c'est la pointe de l'iceberg», a-t-il affirmé.

Brandissant des pancartes sur lesquelles on pouvait notamment lire «L'exploitation n'est pas une vocation» et «Ras-le-bol d'être bénévole», les manifestants n'avaient que faire des mots rassurants du nouveau ministre de l'Éducation et de l'Enseignement supérieur, Jean-François Roberge, qui se dit déjà à l'œuvre dans ce dossier.

Vincent Mousseau, étudiant en travail social à l'Université McGill, accuse par ailleurs le gouvernement de «détourner le sujet» en parlant de compensation et non de rémunération des stages.

Il estime que la situation a déjà trop duré puisque, selon lui, certains étudiants renoncent à poursuivre leurs études parce qu'ils n'ont pas les reins assez solides financièrement pour se priver de revenus durant les stages.

Gabrielle Prince-Guérard, étudiante en travail social à l'UQAM, rappelle que les stages ne consistent pas uniquement à observer des professionnels.

«C'est arrivé plusieurs fois que des gens qui avaient un poste salarié partent, par exemple, en congé de maternité, et qu'un stagiaire reprenne leur poste de façon bénévole», a-t-elle révélé.

La grève se poursuit jusqu'à vendredi, mais les CUTE n'excluent pas une mobilisation à plus grand déploiement à l'hiver.