Plus d'un cégépien sur trois songe à décrocher dès le début de ses études

Faire le saut du secondaire au cégep n'est pas toujours facile. Plus d'un cégépien sur trois (36 %) a songé à décrocher lors de sa première session.
Voilà l'une des conclusions tirées d'une enquête réalisée par le Centre d'étude des conditions de vie et des besoins de la population (ECOBES) du Cégep de Jonquière à l'automne 2010 auprès de 3631 étudiants répartis dans huit collèges. Ces jeunes font partie de la première cohorte d'élèves issus de la réforme.
Lorsqu'on leur a demandé s'ils avaient songé à abandonner leurs études trois mois après leur entrée au cégep, 28 % ont répondu y avoir déjà pensé et 8 % y ont songé «souvent ou très souvent».
«Il y a comme un choc culturel à la rentrée, explique Marco Gaudreault, un des chercheurs responsables de l'étude. On savait que plusieurs voulaient changer de programme, mais de là à vouloir quitter, on a été surpris.»
Parmi les raisons évoquées, on retrouve le manque de préparation acquis au secondaire, l'impression que le niveau académique est trop élevé pour eux et le manque de soutien pendant cette délicate période de transition.
La proportion d'élèves qui ont pensé décrocher est particulièrement élevée dans les rangs des élèves admis sous condition. Depuis 2009, des élèves qui n'ont pas leur diplôme d'études secondaires peuvent être admis au cégep à condition de compléter les cours manquants pendant leur première session.
Leur parcours est difficile, surtout si les cours manquants sont en français, souligne M. Gaudreault: «Leur entrée n'est vraiment pas facile, ils ont des difficultés en lecture, ils ont l'impression de ne pas être à la hauteur. On ne leur rend pas service, finalement.»
Les étudiants inscrits en accueil et intégration sont aussi plus nombreux à faire face au «choc de la transition», ajoute le chercheur. «Il y a de grands besoins de soutien en orientation et une grande proportion sont en détresse psychologique. Ils vivent la transition comme un choc.»
Pas de différence entre les garçons et les filles 
Fait à noter, les garçons ne semblent pas en arracher davantage que les filles, selon l'étude.
Reste à savoir si les élèves de la réforme sont plus à risque de décrocher que les jeunes qui les ont précédés. Les données disponibles pour l'instant sont difficilement comparables.
Parmi les nouveaux étudiants arrivés au cégep en 2006, 25 % de ceux qui étaient inscrits dans une formation préuniversitaire n'avaient pas terminé leur programme cinq ans plus tard, une proportion qui s'élève à 38 % pour le secteur technique, selon le ministère de l'Enseignement supérieur.