Plus d'enseignants français au Canada, plus d'étudiants canadiens en France

Un accord a été conclu mardi à Ottawa entre les universités françaises et canadiennes pour augmenter le nombre d'enseignants de français au Canada tout en facilitant à plus d'étudiants canadiens d'aller poursuivre leur formation en France.
Les responsables universitaires ont convenu de «faciliter et d'encourager la venue au Canada d'étudiants ou diplômés français issus de programmes d'enseignement de français langue étrangère», selon les trois signataires, la Conférence des présidents d'université (CPU), l'Association des collèges et universités de la francophonie canadienne (ACUFC) et Universités Canada.
À l'issue d'une «formation complémentaire dans une université canadienne», ces enseignants spécialisés pourront rejoindre des écoles primaires et secondaires de langue française dans les provinces et territoires canadiens.
«Cette initiative répond à la fois au besoin croissant d'enseignants de langue française au Canada», ont estimé les représentants des universités franco-canadiennes lors de la signature de l'accord à l'ambassade de France à Ottawa.
Le Canada a prévu au cours des prochaines années de maintenir un flux migratoire important avec en moyenne 300.000 immigrés par an, dont la large majorité pour répondre à des besoins économiques.
Dans un pays où moins d'un quart de la population est francophone, l'immigration économique peut venir affaiblir un peu plus cette proportion et des communautés françaises à l'extérieur du Québec cherchent à maintenir l'enseignement dans leur langue dans des provinces où les populations anglophones sont largement majoritaires.
Allister Surette, coprésident de l'ACUFC et recteur de l'université Sainte-Anne (Nouvelle-Écosse) a estimé que l'accord pourra répondre «à une pénurie d'enseignants dans les écoles francophones» ou dans d'autres établissements «ayant des programmes d'immersion en français» pour les communautés francophones minoritaires dans certaines régions.
L'objectif de cet accord universitaire est également, selon le communiqué, «d'encourager la mobilité des étudiants canadiens» qui sont dans des cursus d'enseignement en langue française à aller dans des universités françaises.