L'Association canadienne d'éducation croit que les écoles devraient délaisser les laboratoires informatiques pour adopter la pédagogie numérique.

Plaidoyer pour la fin des labos informatiques dans les écoles

«Les laboratoires informatiques dans les écoles devraient être fermés, et les appareils devraient être entre les mains des élèves tout le temps», croit Ron Canuel, président de l'Association canadienne d'éducation.
C'est le message qu'il a livré devant environ 1000 enseignants réunis au Collège de Lévis vendredi, au Colloque des écoles privées de la Capitale-Nationale et de la Chaudière-Appalaches. Appelé Branché sur l'élève, le colloque était à saveur toute numérique cette année.
Pour M. Canuel, les écoles québécoises et canadiennes sont très en retard quant aux nouvelles possibilités qu'offrent les appareils mobiles, par exemple.
«Quand je vois que la technologie, dans certaines écoles, se limite à lire un document qui était papier sur un ordinateur, ça, c'est épouvantable», a-t-il lancé au cours de sa conférence.
Selon lui, un «profond fossé» s'est creusé ces 20 dernières années entre la façon d'enseigner des notions à l'école et la façon d'acquérir de l'information dans le reste de la société.
Outils plus créatifs
M. Canuel croit que les nouveaux moyens de communication permettent aux enseignants d'être plus créatifs, d'aller plus loin dans leur enseignement et de «réaliser leurs rêves». Et du même coup, ceux de leurs élèves.
Un discours qui trouve écho auprès d'Édouard Malenfant, directeur général de l'école Saint-Jean-Eudes, dans Charlesbourg et membre du comité organisateur du colloque. «Si nos pratiques ne s'adaptent pas aux moyens de communication que les élèves maîtrisent, on risque de passer à côté de quelque chose de très important», dit-il.
C'est pourquoi la pédagogie numérique est sur toutes les lèvres à l'heure actuelle. Elle permet entre autres aux élèves de faire plus facilement du travail d'équipe. «Les enseignants comprennent très bien qu'ils n'ont plus de monopole de la connaissance», soutient M. Malenfant. Aujourd'hui, leur rôle est davantage de stimuler et de guider le jeune à travers la masse d'informations disponibles.