Les campus du Collège régional Champlain (CRC) de Saint-Lambert, St.Lawrence et Lennoxville ne pourront pas devenir trois entités distinctes, tranche la ministre de l'Enseignement supérieur, Hélène David.

Pas d'indépendance pour le cégep Champlain St. Lawrence

La ministre de l'Enseignement supérieur Hélène David a tranché : les campus du Collège régional Champlain (CRC) ne pourront pas devenir trois entités distinctes. La ministre a fait connaître sa décision, lundi soir, lors d'une rencontre à Saint-Lambert. Alors que certains de ses syndicats militent pour «l'indépendance» depuis quelques années, la Fédération nationale des enseignantes et des enseignants du Québec (FNEEQ) est très déçue de la décision de la ministre.
Le Collège régional Champlain compte trois campus : Lennoxville, Saint-Lambert (en Montérégie) et St.Lawrence à Québec. Il compte un siège social situé à Sherbrooke.
Des syndicats de St-Lambert et St.Lawrence militent activement depuis quelques années pour devenir des collèges à part entière. 
«On revendique l'indépendance. C'est une structure qui n'existe plus dans le réseau. Les campus n'ont pas la coudée franche pour accomplir leur mission», indique Nicole Lefebvre, vice-présidente, responsable des syndicats des cégeps à la FNEEQ, en rappelant qu'elle parle au nom des collèges de Saint-Lambert et St.Lawrence.
Un rapport contenant des recommandations sur la gouvernance et le fonctionnement du CRC a été présenté lundi. 
Il a été rédigé par le député de D'Arcy-McGee, David Birnbaum, également adjoint de la ministre responsable de l'Enseignement supérieur. 
«On nous parle d'une certaine autonomie. Ce que nous revendiquons, c'est vraiment l'indépendance. Il faut pour nous prendre le temps d'analyser le rapport et les recommandations de M. Birnbaum», souligne Mme Lefevre. 
Seul dans sa situation
Le CRC est «le seul des 48 collèges d'enseignement général et professionnel (cégeps) du Québec à être constitué de trois campus différents dans trois régions administratives et gérées à distance à partir d'un centre administratif, note le rapport. 
«De façon générale, le centre administratif et le conseil d'administration laissent l'impression de ne pas être assez attentifs à la nature et aux besoins particuliers de chaque campus», peut-on lire dans le rapport dont La Tribune a obtenu copie.
L'auteur du rapport cite également le «manque de coordination», de vision commune et de collaboration entre différents administrateurs.
«Beaucoup ont dit craindre sans plus de précisions que le Collège se dirige droit vers une crise si des changements concrets ne sont pas apportés.»
Les intervenants interrogés lors de la consultation ont fait valoir que «le taux de réussite scolaire, le nombre de demandes d'admission et les résultats financiers demeurent satisfaisants malgré les préoccupations».
La première recommandation du rapport suggère d'exclure la possibilité de transformer les trois campus du CRC en trois cégeps autonomes. 
Rien ne prouve qu'il s'agit de la meilleure solution pour favoriser le bien-être et la réussite des étudiants, avance le document. Les coûts augmenteraient de façon importante et «il n'est pas certain qu'il y aurait des retombées positives sur les programmes d'études offerts», note-t-on en citant une analyse coûts-avantages effectuée par le Ministère et en faisant référence à une étude commandée par la CSN en 2016. 
Il fait aussi ressortir que le conseil d'administration du Collège n'a pas demandé que cette solution soit examinée. Une telle demande doit être faite en vertu de la Loi sur les collèges d'enseignement général et professionnel.