Depuis de nombreuses années, toutes les facultés de médecine au Québec soumettent leurs candidats potentiels à de mini-entrevues multiples. Pour la prochaine rentrée toutefois, l'Université Laval se voit obligée de remplacer ce processus par un test en ligne.

Pas d'entrevues pour les futurs médecins à l'UL

La grève des employés de soutien bouleverse la façon dont la prochaine cohorte de médecins sera admise à l'Université Laval.
Depuis de nombreuses années, toutes les facultés de médecine au Québec soumettent leurs candidats potentiels à de mini-entrevues multiples qui se déroulent de façon intensive pendant une fin de semaine. Pour la prochaine rentrée toutefois, l'Université Laval se voit obligée de remplacer ce processus par un test en ligne.
«Ce n'est pas ce qu'on avait prévu, mais on doit s'adapter à la grève qui est en cours», explique Jean-François Montreuil, vice-doyen aux études à la Faculté de médecine de l'Université Laval. 
Test situationnel Casper
Le conseil universitaire a voté mardi en faveur du remplacement des mini-entrevues multiples par le test de jugement situationnel Casper. Cet examen qui se déroule sur le web permet d'évaluer les qualités personnelles des futurs médecins, comme l'éthique, l'empathie, la communication, le jugement et la collaboration. 
Le test Casper comptera tout autant que l'excellence du dossier académique des candidats. Développé par l'Université McMaster, en Ontario, ce test est utilisé depuis 2010 par plusieurs institutions d'enseignement au Canada et aux États-Unis dans des programmes contingentés en sciences de la santé. À l'Université Laval, il était prévu qu'il soit utilisé pour la première fois cette année pour sélectionner les futurs pharmaciens. 
Le Dr Montreuil explique que les mini-entrevues multiples sont lourdes à gérer et que l'Université Laval a normalement besoin de plusieurs employés de bureau pour préparer ces tests, les faire passer et en assurer le suivi. 
Les deux autres facultés de médecine du Québec, des universités de Sherbrooke et de Montréal, continueront d'utiliser les mini-entrevues multiples cette année, si bien que les futurs médecins pourraient avoir à passer deux types de tests avant d'être accepté par l'une ou l'autre des institutions. 
Ce changement de dernière minute permettra à l'Université Laval de poursuivre l'admission en médecine «dans les délais prévus».
Andrée-Anne Stewart, porte-parole de l'université, assure que ce test permet d'analyser les compétences des candidats de façon «objective et fiable». «Il n'est pas possible pour les étudiants de tricher ou d'être accompagnés, des contrôles de sécurité sont prévus à même le test.»
L'UL «prise en otage», juge Éric Bauce
Le vice-recteur exécutif de l'Université Laval Éric Bauce croit que son institution est «prise en otage» par un syndicat national, dans sa bataille pour s'opposer à la nouvelle loi 13.
«Il y a un enjeu national présentement, pis de façon un peu curieuse, il est en train de se jouer ici», a commenté M. Bauce en marge du conseil universitaire mardi.
Aux prises avec une grève de ses employés de soutien, qui dure depuis le 21 février, le vice-recteur a réitéré sa demande au gouvernement pour qu'il nomme un arbitre rapidement dans ce dossier. L'université s'attend à ce que la ministre du Travail Dominique Vien bouge, maintenant qu'elle a le rapport du conciliateur en main. 
Le Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP), dont fait partie le Syndicat des employées et des employés de l'Université Laval (SEUL), conteste la loi 13, qui prévoit le partage des déficits des régimes de retraite. «À cause de ça, on a une partie de nos employés qui ne peuvent pas accepter une offre qui leur coûte moins cher», juge M. Bauce.
Indexation de 70 %
L'université offre à ses employés et à ses retraités de garantir une indexation de 70 % de leur rente. Ce que le syndicat propose, c'est plutôt de garantir 100 % de la rente des retraités, ce qui compromettrait les indexations futures, évalue M. Bauce. «Ce qui est compliqué présentement, c'est qu'on fait la job du syndicat. On défend nos employés contre des augmentations de coûts pour eux (...) Il faut que les employés soient conscients que quand ils vont prendre leur retraite, il n'y en aura plus d'indexation», lance M. Bauce, qui appelle à un nouveau vote sur la grève au SEUL. 
Devant les membres du conseil universitaire, M. Bauce a admis qu'il y avait présentement «très peu de communication» entre le syndicat et l'université. Il a répété que l'institution livrait en ce moment une bataille sur «le principe de l'équité entre les générations».