Le salon bleu de l'Assemblée nationale

Parlement étudiant: l'Assemblée nationale prend un coup de jeune

Les «vrais» députés sont à l'extérieur, mais leurs sièges à l'Assemblée nationale restent occupés. Depuis lundi jusqu'à vendredi, environ 120 jeunes âgés de 18 à 25 ans débattent dans le cadre du Parlement étudiant du Québec (PEQ).
D'un côté, les Bleus. À leur tête, l'étudiant en droit à l'Université Laval Alexandre Saulnier-Marceau, qui n'en est pas à sa première simulation parlementaire. De l'autre côté, les Rouges, dirigés par Élizabeth Normandeau, bachelière en communication politique à l'Université de Montréal. 
Tour à tour, les deux caucus composés de 61 membres formeront deux jours le parti au pouvoir et, les deux autres, celui de l'opposition. Sociodémocrates et «de gauche», les Bleus soumettront aux jeunes parlementaires des projets de loi ou un livre qui touchent à des sujets aussi variés que le droit de la famille et l'urbanisme. «[Bien entendu], nous soumettrons aussi un budget équilibré», a lancé le chef de Bleus. 
De leur côté, les Rouges ont «plusieurs projets intéressants en éducation et en économie, et même un projet de livre sur la décroissance de l'État», a pour sa part avancé la chef des Rouges. Les deux clans, qui se préparent pour cette joute politique depuis un an, ont travaillé sans compter les heures sur la rédaction de leurs projets. 
Jeu «réaliste»
De l'avis du chef des Bleus, «ce qui distingue le PEQ [des autres simulations parlementaires], c'est le jeu partisan. C'est plus réaliste.» Initiant plusieurs jeunes de partout dans la province au débat oratoire, la simulation a surtout une visée pédagogique, celle de les plonger dans la vie parlementaire québécoise. 
Tout au long de l'exercice, les étudiants doivent prononcer des discours dans le Salon bleu, défendre des projets de loi en commission parlementaire et faire face aux questions de leurs collègues devenus journalistes pour l'occasion.
Et la ligne de parti, dans tout ça? Chez les Rouges, celle-ci doit être respectée par tous les députés lorsque le parti forme le gouvernement. Il s'agit d'une question de «respect» pour leurs collègues ministres qui ont travaillé d'arrache-pied sur leurs projets de loi, a expliqué Mme Normandeau. Par contre, lorsque les Rouges se retrouvent de l'autre côté de la Chambre, chaque député est libre de voter selon sa conscience. Voilà une consigne respectée par les deux formations. 
La 31e législature du Parlement étudiant du Québec a lieu toute la semaine à l'Assemblée nationale du Québec.  Avec La Presse canadienne