L'ex-ministre de l'Éducation, du Loisir et du Sport, Marie Malavoy.

Nouvelle mouture du cours d'histoire dans 90 classes du Québec en septembre

La «trame nationale» du Québec sera au coeur du nouveau cours d'histoire au secondaire. Son récit sera raconté chronologiquement sur deux ans, soit en troisième et quatrième secondaire, pendant lesquels l'histoire sociale et politique de la province aura une place de choix.
La ministre de l'Éducation, Marie Malavoy, a présenté jeudi après-midi le rapport des deux experts chargés d'étudier la question du renforcement de l'histoire au secondaire, Jacques Beauchemin et Nadia Fahmy-Eid. 
À leur suggestion, le cours Histoire et éducation à la citoyenneté deviendra donc Histoire du Québec et du Canada. Et plutôt que d'enseigner la matière en fonction de thèmes, les professeurs se baseront sur la «trame nationale» de la province qu'ils présenteront de manière chronologique. Cette modification était réclamée par le milieu, qui reprochait au cours instauré sous les libéraux de ne pas avoir de fil conducteur. «C'est comme une histoire que l'on peut raconter avec des regards croisés, avec des gens qui ont construit cette nation», a expliqué la ministre Marie Malavoy en entrevue téléphonique. 
Au début de son mandat à l'automne 2012, celle-ci avait reproché au programme actuel de «noyer le poisson de la souveraineté». Le nouveau cours n'est pas orienté, assure-t-elle. «On est dans une approche qui ne dicte pas des conclusions», défend l'élue, ajoutant que les jeunes pourront comprendre l'histoire comme ils l'entendent. «Ça fait partie de la démarche de la discussion que les enseignants pourront avoir avec les élèves. On n'intervient pas sur les contenus, répète la ministre. L'histoire n'est pas mise pour autant au service d'un projet partisan. Mais la nation, comme cadre intégrateur de l'action collective et matrice dans laquelle s'ordonne la pluralité des acteurs, constitue encore l'horizon le mieux reconnaissable de la dynamique historique», écrivent quant à eux M. Beauchemin et Mme Fahmy-Eid dans leur document. 
Le rapport fait état des lacunes de l'approche par compétences qui avait été préconisée sous le gouvernement précédent. Mais les experts ne recommandent pas la disparition complète de cette méthode pédagogique qui avait été, selon eux, poussée «à l'extrême». Il est plutôt question, dans la nouvelle mouture du cours, d'un «rapport équilibré entre les compétences et les connaissances». 
Quant à l'éducation à la citoyenneté, elle sera intégrée dans les objectifs du cours visant à développer l'esprit critique des jeunes. Dans leur document de consultation, Jacques Beauchemin et Nadia Fahmy-Eid suggéraient pourtant d'enrayer complètement ce volet, puisqu'il portait, selon eux, ombrage à l'histoire. Une idée qu'approuvait notamment la Coalition pour l'histoire, un groupe d'historiens né du mécontentement à l'égard du programme de 2006. 
D'autres suggestions
Le ministre entend par ailleurs revoir l'enseignement de l'histoire au primaire. Mais puisque le délai était serré pour la mise en place de sa réforme au secondaire, elle entamera des travaux «de réflexion et de consultation» à ce sujet. Idem pour la formation des maîtres, qu'elle souhaite revoir via le Comité d'agrément des programmes de formation à l'enseignement. 
Ainsi, dès septembre, des projets-pilotes seront menés auprès de 90 groupes d'élèves de troisième secondaire. Les enseignants qui les encadrent seront appelés à commenter pour que le programme obligatoire soit implanté pour la rentrée 2015. Quant au cours de quatrième secondaire, il sera testé à l'automne 2015 pour une application l'année suivante. 
Pour élaborer leurs recommandations, les deux experts ont mené une consultation publique plus tôt cet hiver. Dans le cadre de celle-ci, ils ont reçu 68 mémoires.