Le ministre des Affaires intergouvernementales, Alexandre Cloutier.

Nouvelle guerre de frontières entre Québec et Ottawa sur l'éducation

Québec dénonce le fait qu'Ottawa voudrait lui refaire le coup des Bourses du millénaire et envahir un secteur qui relève de sa compétence exclusive, l'éducation.
Mercredi, deux membres du gouvernement de Pauline Marois ont effectué une sortie pour s'opposer à la toute nouvelle Stratégie du Canada en matière d'éducation internationale.
En entrevue téléphonique, le ministre Alexandre Cloutier a reconnu que la récente incursion du gouvernement fédéral ressemble à la tentative des libéraux de Jean Chrétien d'imposer au Québec un programme de bourses universitaires, à la fin des années 1990.
Le titulaire du portefeuille des Affaires intergouvernementales canadiennes a laissé tomber que les politiciens «n'apprendront jamais de leurs erreurs». L'Assemblée nationale avait fait bloc contre le projet d'Ottawa, a-t-il rappelé.
Le député-ministre de Lac-Saint-Jean a rappelé que les tentatives du fédéral de s'immiscer dans le dossier de l'éducation ne comptent plus et que, depuis la Révolution tranquille, les gouvernements québécois se sont battus pour conserver leurs prérogatives dans ce domaine. Il a affirmé qu'il est «persuadé» que les partis formant l'opposition se rangeraient derrière le PQ pour stopper ce nouvel essai du fédéral.
«Mauvaise foi»
Cela reste à prouver : en fin de journée, le Parti libéral du Québec a publié un communiqué pour «condamner la mauvaise foi du gouvernement péquiste» dans ce dossier. «Une fois de plus, a avancé le député libéral Pierre Arcand, le gouvernement péquiste a choisi la division et la chicane plutôt que la collaboration.»
La Stratégie annoncée vise à doubler le nombre d'étudiants internationaux au Canada d'ici 10 ans. La politique met un accent très clair sur la croissance économique. Alexandre Cloutier a mentionné que le Québec veut continuer à être maître de ses orientations et réclame de pouvoir se retirer du plan fédéral en recevant une pleine compensation financière.