Les enfants pourront jouer dehors plus longtemps en mai puisque les enseignants des commissions scolaires de la région de Québec prolongeront la durée des récréations comme moyen de pression dans leurs négociations avec le gouvernement Couillard.

Négos des enseignants: moins de cours, plus de récréations

Les enseignants de plusieurs écoles primaires et secondaires de la région ont commencé à étirer de 10 minutes la récréation des élèves comme moyen de pression dans leurs négociations avec Québec.
Si les écoles des commissions scolaires de la Capitale et des Premières-Seigneuries attendent le mois de mai, celles des Découvreurs et des Navigateurs ont déjà entrepris une réduction du temps d'enseignement.
«C'est sûr qu'on suit un plan de match national, mais chez nous, on a décidé de débuter les récréations prolongées, explique Jocelyn Noël, président du Syndicat de l'enseignement des Deux-Rives. Il représente les professeurs des commissions des Découvreurs et des Navigateurs, sur les rives nord et sud. 
Depuis la semaine dernière, les enseignants mettent fin aux cours 10 minutes avant la récréation les mardis après-midi et les vendredis matin.
«C'est ce que l'on appelle des moyens "mi-lourds" parce que ce n'est pas très dérangeant, indique M. Noël. On parle de 20 minutes par semaine. On calcule que d'ici la fin de l'année scolaire, ça fait autour de trois heures.»
Toutes les écoles primaires et secondaires, les centres de formation professionnelle et d'enseignement aux adultes des deux commissions scolaires voient leur récréation ou leur pause allongée, assure M. Noël. 
Les élèves ne sont pas laissés à eux-mêmes, martèlent les syndicats. Les professeurs les accompagnent et s'assurent d'un encadrement sécuritaire pendant l'exercice du moyen de pression. 
«Journées raccourcies»
Aux commissions scolaires de la Capitale et des Premières-Seigneuries, la récréation prolongée débutera la semaine prochaine. Elle aura lieu chaque mardi du mois de mai, à raison de deux fois par jour, explique le président du Syndicat de l'enseignement de la région de Québec, Denis Simard. Les membres doivent aussi effectuer des «journées raccourcies» en mai. «On demande aux gens de respecter leur temps de présence, explique M. Simard. Dès qu'ils n'ont rien à l'horaire, on leur demande de quitter l'école.»
La récréation prolongée a débuté il y a deux semaines dans Portneuf, et la semaine dernière dans Charlevoix, selon la Fédération des syndicats de l'enseignement du Québec (FSEQ).
Dans ses négociations, le gouvernement Couillard souhaite notamment augmenter le temps de présence des enseignants et modifier le ratio enseignant/élèves dans les classes. 
Au cabinet du ministre de l'Éducation, François Blais, on rappelle que ce sont les employeurs directs, les commissions scolaires ou les établissements, qui doivent s'assurer du bon encadrement du moyen de pression. «Nous, on appelle au respect du Code du travail, des contrats de travail, mais aussi à respecter les intérêts des enfants», a indiqué l'attachée de presse du ministre, Julie White. 
La Fédération des comités de parents n'est pas très chaude à l'idée d'une réduction du temps d'enseignement. Sa présidente, Corinne Payne, souligne qu'elle comprend les difficultés vécues actuellement dans le réseau de l'éducation. Mais «on est préoccupé par tout impact potentiel des moyens de pression sur les services aux enfants», affirme-t-elle.